Le Führersonderzug : le train très spécial d’Hitler

Le Führersonderzug : le train très spécial d'Hitler

A la fin des années 1930, Hitler commanda un train spécial pour ses déplacements : le Führersonderzug. Une manière pour lui de sillonner l’Allemagne et l’Europe, pour être au plus proche du peuple. Ce train deviendra par la suite, un véritable QG roulant lors de la Seconde Guerre mondiale.

Hitler commande son train en 1937 dans le but de l’utiliser pour la Deutsche Reichbahn, créée en 1920. Deux ans plus tard, le train est finalisé et sera baptisé « Amerika », de par l’obsession d’Hitler pour l’Amérique (et non pas par respect pour le continent). De fait, son nom fait référence au massacre des amérindiens par les colons occidentaux. Puis, lorsque les Etats-Unis rejoindront la Seconde Guerre mondiale, le Führersonderzug « Amerika » deviendra finalement le Führersonderzug « Brandenburg ». Ainsi, ce train deviendra alors le QG mobile d’Hitler.

Le Führersonderzug : une bête d’acier

La longueur du Führersonderzug se trouvait entre 300 mètres et 430 mètres. Cette variante était causée par le nombre de wagons présents ou non, qui eux aussi pouvaient varier entre 10 et 16. Cette configuration dépendait du nombre de personnes à bord. En effet, le train pouvait accueillir jusqu’à 200 personnes. Cependant, si le nombre de wagons pouvait changer, cela ne modifiait pas le placement de ces derniers en tête. De fait, ceux qui se trouvaient à l’avant du train étaient les voitures de défense et de la communication, ainsi que le wagon personnel d’Hitler qui eux, gardaient toujours leur place.

Le train pesait 1200 tonnes et roulait à une vitesse comprise entre 80km/h et 120 km/h. Il était également équipé de deux locomotives afin de lui permettre de rouler même en cas de panne. Pour se protéger, des canons anti-aériens avaient été disposés sur les deux côtés du wagon de combat. Ces derniers pouvaient tirer jusqu’à 2 500 mètres au-dessus du sol ainsi que dans un rayon de 4,7 kilomètres. Par ailleurs, leur vitesse s’élevait à 800 coups à la minute. De fait, ils permettaient de se protéger contre les attaques aériennes mais également terrestres.

Hermann Göring makes a speech for Hitler's 52nd birthday in front of his Sonderzug
Hermann Göring prononce un discours pour le 52e anniversaire d’Hitler devant son train (Crédit photo : National Digital Archives, Polan)

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les wagons n’étaient pas blindés. En effet, il s’agissait de wagons de voyage standards. Seul le wagon d’Hitler possédait un renforcement avec du béton, mais uniquement pour soutenir sa salle de bain en marbre… Par ailleurs, tous les wagons étaient équipés de climatisation ainsi que de chauffage.

Un théâtre diplomatique

Le Führersonderzug, un terrain politique

Certes, le train abritait jusqu’à 200 chefs, états-majors et soldats du Führer. Seulement, ils n’étaient pas les seuls à monter à bord. Le Führersonderzug avait en effet des wagons pour ses invités et pas n’importe lesquels. De grandes figures politiques sont montées à bord du train.

Par exemple en 1940, Hitler se rendit en France pour y tenir trois réunions diplomatiques. Une d’entre elles avec Pierre Laval pour préparer sa rencontre avec le maréchal Pétain. Une autre avec Francisco Franco, les rails espagnols n’étant pas adaptés à la venue du Führer dans ce pays. Puis enfin, sa rencontre avec le maréchal Pétain à Montoire-sur-le-Loir.

Adolf Hitler meets with French leader Philippe Pétain in Hitler's special train in Montoire-sur-le-Loir, france
Adolf Hitler rencontre le dirigeant français Philippe Pétain dans le train spécial d’Hitler (Crédit photo : Bayerische Staatsbibliothek – Heinrich Hoffmann – hoff-33321)

Plus tard, en avril 1941, alors qu’il est arrêté à Mönichkirchen, Hitler y commandera l’attaque contre la Yougoslavie, après l’échec du dictateur italien Mussolini pour conquérir la Grèce. Il y fêtera également ses 52 ans avec son personnel.

Une forteresse à protéger

Bien sûr, des précautions étaient prises lorsque Hitler roulait à bord de ce train. Si le train n’est plus aussi célèbre aujourd’hui que pendant la guerre, ce dernier était pourtant toujours protégé. De fait, les nazis marchaient le long des rails pour s’assurer qu’aucune embuscade ne les attendait. Des « trains leurres » circulaient parfois à l’avant ou à l’arrière du Führersonderzug, avec une demi-heure d’écart. De plus, le train était toujours suivi par l’emblématique Mercedes d’Hitler ainsi que son avion. Le Führer utilisera finalement ce train pour un dernier trajet en 1945, pour rejoindre Berlin le 16 janvier.

Après la mort d’Hitler, les SS tentèrent de faire disparaître le train, trop compromettant pour leur sécurité. Il fut alors partiellement détruit en mai 1945, ainsi qu’une grande partie des documents présents à bord, comme des documents d’horaires et d’approvisionnement. Les restes du train ont été partagés entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Quelques années plus tard, les voitures ont finalement toutes été rendues à l’Allemagne. Ces dernières ont été séparées et utilisées jusqu’aux années 1980. Aujourd’hui, certaines des voitures restantes sont désormais entreposées dans un musée.

De nos jours, l’histoire de la forteresse roulante d’Hitler est méconnue. En effet, ce train était un des quartiers généraux les plus importants du dictateur. Il lui servait de moyen de transport de sécurité et lui permettait de voyager à travers les pays. Par ailleurs, son train inspirera celui de nombreux autres dirigeants à l’époque, qui s’offrirent également le leur.

 

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