Le dauphin de Baiji, une extinction totale en moins de 50 ans !

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Petit retour aujourd’hui sur un cétacé bien singulier, le dauphin de Baiji. Un animal qui a peu de chances de nager dans les eaux de notre planète à l’heure actuelle…

Un animal unique en son genre

Le Dauphin Baiji (Lipotes vexillifer), ou dauphin de Chine, n’est, contrairement à la croyance populaire, pas vraiment un dauphin d’eau douce. En effet, ce mammifère marin constitue le seul représentant de la caste de la famille des lipotidae. Cet animal originaire des eaux du Pacifique aurait migré il y a près de 20 000 ans, pour se retrouver en Chine, dans le fleuve Yangzi Jiang, le plus grand d’Asie. Les caractéristiques les plus notables des Baijis sont principalement leur petite taille (entre 1,40 m et 2,50 m de long), ainsi que leur long rostre/bec, s’étant adapté à leur régime composé de poissons et crustacés.

Le fleuve Yangzi Jiang - Cultea
Le fleuve Yangzi Jiang est le plus grand d’Asie et s’étend sur près de 6 300 kilomètres.

L’espèce, uniquement établie dans cette partie du globe, a traversé nombre d’époques en cohabitant avec l’homme. Cependant, alors qu’au XIXe siècle le dauphin de Baiji obtient une reconnaissance internationale, celui-ci commence à faire face à son plus redoutable adversaireL‘industrialisation de la Chine.

Une cohabitation inter-espèces difficile

Dès la fin des années 1950, la Chine se lance dans un mouvement d’industrialisation à grande échelle. Ce phénomène, qui finira par conférer au pays son statut « d’atelier du monde », débuta avec la politique économique du « Grand Bond en avant ». Lancée par Mao Zedong et mise en œuvre de 1958 à 1960, celle-ci sera à l’origine d’un épisode de famine provoquant la mort de 15 à 55 millions de personnes. Cependant, ce premier essai sera aussi celui qui sonnera le glas pour le Dauphin de Baiji.

L'industrialisation massive de la Chine ne se sera pas faite sans victimes collatérales - Cultea
L’industrialisation massive de la Chine ne se sera pas faite sans victimes collatérales.

En effet, déjà en 1979, la République populaire de Chine déclare le dauphin de Chine en danger. Il faut dire que moins de 20 ans après la fin du Grand Bond en avant, ses conséquences se font déjà ressentir chez cette population unique. En 1998, on comptait une quinzaine de ces animaux. Leur nombre ne mettra pas longtemps avant de se réduire de plus en plus. Finalement, en 2002, la mort d’un dernier spécimen captif ainsi que l’annonce de la disparition de l’espèce en 2007 par Académie chinoise des sciences closent l’histoire de ce cétacé

C'est en 2002 que Qi Qi, dernier dauphin de Baiji vivant connu à ce jour, décède en captivité - Cultea
C’est en 2002 que Qi Qi, dernier Baiji vivant connu à ce jour, décède en captivité.

Les raisons multiples du génocide Baiji

La cause aujourd’hui universellement connue de cette extermination est celle de l’activité humaine. En effet, les eaux du fleuve Yangzi Jiang ont, en l’espace de cinquante ans, atteint un seuil de pollution alarmant. La biodiversité locale a aussi dû faire face à plusieurs modifications de leur environnement, à l’image de la construction du barrage des Trois Gorges.

En outre, la constante expansion du nombre et de la taille des bateaux sur le fleuve a conduit ces dauphins à connaître un sort funeste. En effet, cette accumulation d’obstacles a souvent été traître pour les cétacés. Particulièrement via leur système d’écholocation essentiel à leur survie. À cause de leur capacité d’orientation limitée, les animaux sont souvent tués par les coques ou les hélices des embarcations.

L'écholocation, permettant à nombre d'animaux marins de s'orienter, manqua cruellement au dauphin Baiji pour sa survie - Cultea
L’écholocation, permettant à nombre d’animaux marins de s’orienter, manqua cruellement aux dauphins Baiji pour leur survie.

Enfin, d’autres facteurs non négligeables de la disparition des Baiji sont de la surpêche, ainsi que la démocratisation de ces techniques modernes. Emmêlés dans des filets ou victimes d’une impulsion fatale d’appareils de pêche électrique, les chances de survie des dauphins étaient quasi nulles.

La pêche, notamment électrique, est toujours pratiquée dans le Yangzi Jiang à grande échelle, en dépit de sa nocivité pour des dizaines d'espèces menacées - Cultea
La pêche, notamment électrique, est toujours pratiquée dans le Yangzi Jiang à grande échelle… En dépit de sa nocivité pour des dizaines d’espèces menacées.

Finalement, force est de constater que la science ne connaît que peu d’informations sur le Baiji. Notamment à cause de l’absence de spécimens étudiables. Cela dit, quelques témoignages ou supposées observations ont fait surface depuis l’annonce officielle de l’extinction des dauphins. Malheureusement, il est aujourd’hui certain que d’hypothétiques rescapés seraient incapables de faire perdurer l’espèce.

Le cas des dauphins de Baiji demeure donc comme l’un de ceux attestant le mieux de l’influence de l’Homme. Plus spécifiquement, sa capacité destructive à l’égard de son environnement et des espèces aux alentours…

 

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Axel Juin

Etudiant en communication, passionné de journalisme, ouvert à diverses variétés de cultures et sujets. Intéressé par l'histoire, le cinéma, le folklore moderne et plus ancien ainsi que les sciences en tout genres.
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