La création de l’anglicanisme, une histoire de divorce

La création de l'anglicanisme, une histoire de divorce

Les schismes religieux se créent souvent à la suite de querelles théologiques, sur des désaccords d’interprétation ou de succession patriarcale… La création de l’anglicanisme, ou Église d’Angleterre, ne répond pas à ces standards ! 

Henri VIII, profondément catholique

Deuxième fils à la naissance, il prend la place de successeur à la suite du décès de l’aîné de la famille, Arthur Tudor, qui laisse derrière lui une veuve, Catherine d’Aragon. Henri VII, père d’Arthur et d’Henri VIII, a pour volonté de nouer avec le royaume d’Espagne, et encourage son fils à se marier avec la veuve de son frère. La famille Tudor obtient une dispense papale afin de pouvoir se marier au sein de la même famille, et le second fils d’Henri VII reçoit de son défunt frère tous ses titres ainsi que la main de sa femme.

En 1509, Henri VII meurt et laisse son trône à son fils Henri VIII. Ce dernier ne rompt pas avec la tradition catholique, et organise un mariage ainsi qu’un couronnement dans les traditions de la royauté et de l’Église. Son mariage se déroule à l’église de Greenwich, et son couronnement à l’abbaye de Westminster.

Création de l’Église d’Angleterre

Henri VIII ne sera jamais fidèle à sa femme. Il entretient dès 1510 une relation extraconjugale avec l’une des sœurs du Duc de Buckingham. Une décennie plus tard, il fréquente Mary Boleyn, l’une des dames de compagnie de sa femme. Henri ne parvient pas à avoir de lignée masculine avec Catherine d’Aragon et continue de découcher. Il se rapproche d’Anne Boleyn, autre demoiselle de compagnie de sa femme et sœur de Mary. Non content de sa filiation, Henri VIII souhaite divorcer de Catherine d’Aragon afin d’avoir un fils légitime avec Anne.

En 1527, il fait savoir au Pape son intention de divorcer, attendant son approbation. Après un refus définitif en 1530, Henri VIII prend le divorce à son compte et s’appuie sur son Parlement pour passer des lois en sa faveur. Il adopte en 1533 le Statute in Restraint of Appeals. Cet acte prévoit que la dernière autorité religieuse à pouvoir juger une affaire ecclésiastique en Angleterre n’est plus le Pape, mais bien le Roi d’Angleterre. Comme le veut désormais la formule, « England is an Empire and the English Crown is an Imperial Crown ».

Le roi est désormais empereur en son royaume, il est à la fois le chef politique et religieux de tous ses sujets. De ce fait, Catherine d’Aragon est privée de tout appel devant le Pape pour la décision de divorce. Le Parlement anglais vote en 1534 l’Act of Supremacy confortant la place d’Henri VIII comme « tête suprême de l’Église d’Angleterre » finissant de rompre tout lien avec Rome.

Grâce à son Parlement, Henri VIII divorce de Catherine d’Aragon. Le mariage clandestin d’Henri devient légitime via l’annulation : il est à présent marié à Anne Boleyn. De surcroît, une nouvelle branche de la religion catholique est née, c’est l’anglicanisme ; plus tard, cette religion sera un mélange de protestantisme et de catholicisme.

La création de l'anglicanisme, une histoire de divorce
Emblème de l’Église d’Angleterre/anglicanisme

Fluctuation et stabilisation de l’anglicanisme

Édouard VI, calviniste et successeur d’Henri VIII, meurt avant sa majorité. Celle qui lui succède est sa demi-sœur, Mary Ière, fille de Catherine d’Aragon et d’Henri VIII. Celle-ci rétablit le catholicisme et fait couler beaucoup de sang dans les rangs des partisans de la réforme de l’Église. Sa cruauté et la répression qu’elle impose lui valent le surnom de « Bloody Mary »

Il faudra attendre sa succession pour voir le retour de l’anglicanisme comme religion officielle. Elizabeth Iere fait voter l’Act of Supremacy de 1558, réplique des réformes de son père de 1533-1534. Elle rétablit l’Église anglicane qui se dote de sa théologie propre, un protestantisme modéré. Le Clergé est cependant conservé, la structure hiérarchique de l’Église romaine reste intacte mais avec la Reine à sa tête. 

Finalement, l’Église anglicane sera conservée comme religion officielle. Depuis l’Acte d’Union avec l’Irlande de 1800, on l’appelle aussi « Église unie d’Angleterre et d’Irlande ». S’il s’agit aujourd’hui d’un courant tout à fait à part dans la religion catholique, rappelons tout de même qu’il s’est créée par la volonté personnelle d’un roi de divorcer. 

Sources :

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