Le précédent tome de la nouvelle série Justice League Unlimited avait laissé derrière lui une certaine perplexité teintée de déception face au potentiel qu’offraient les débuts de la série. Malgré cela, le divertissement était au rendez-vous, fortement aidé par l’utilisation du fan service. Ce troisième tome est-il là pour redresser la barre ou pour continuer dans cette dynamique ?
Dans les travers d’un univers foisonnant
Après la conclusion assez ambitieuse du précédent tome, Mark Waid reprend directement là où on s’était arrêtés. Néanmoins, l’astuce scénaristique consistant à jouer sur l’apparition/disparition des variantes de l’univers de DC Comics dénature quelque peu la proposition. On voit ainsi débarquer et s’évaporer les différentes variations des personnages les plus connus de DC, que ce soit la version Batman Knightfall ou la première version d’Harley Quinn.
Même si cela amène du rythme et renforce l’urgence de l’action dépeinte, on regrettera cette rapidité prise face à une histoire qui possède peu de temps pour respirer. Le fait que la série se raccroche à des évènements passés de son univers ne l’aide pas non plus. Quand on voit débarquer le Piègeur Temporel sous sa forme Doomsday accompagné du Forge-Monde, on se sent déboussolé quand on ne suit plus aussi assidument les récits dits majeurs de l’éditeur.

Qu’importe ce que l’on pense, Mark Waid continue son intrigue en laissant un peu d’espace pour contextualiser un minimum ces personnages mais, le mal est déjà fait. La série est donc devenue une plaque tournante de ce qui se passe autour d’elle et cela amoindrit la qualité intrinsèque du titre.
Cependant, on ressent toujours la maîtrise d’écriture du scénariste face aux péripéties de cette équipe XXL en faisant interagir les différentes personnalités connues et plus obscures de DC entre elles. On passe ainsi de Blue Beetle endossé par Ted Kord aux Challengers de l’Inconnu. L’amour de Mark Waid pour cet univers foisonnant se fait toujours ressentir et nous permet de garder notre attention.
Un arc qui ose dans un temps imparti
Ajouter ce sentiment d’urgence qui transparaît petit-à-petit au sein de cet arc nous fait peu à peu oublier cette introduction bâtarde et une ligne directrice commence à se mettre en place. Le côté Unlimited du titre se traduit par le biais de la formation d’une équipe composée de membres hétéroclites, avec Terry McGinnis sous le costume de Batman, Jonah Hex ou encore Huntress, fille de Bruce Wayne et Selina Kyle.

Cette équipe se voit donc transporter dans le flux temporel pour tenter de sauver ceux qui voyagent en son sein et qui sont pourchassés par une armée estampillée d’un signe Oméga sur leur front. Pendant ce temps, l’ambition d’une Ligue élargie vue par Superman est remise en question par Batman sous la médiation de Wonder Woman suite aux récents événements, ce qui permet de nous rattacher à l’intrigue principale de la série.
Tout finit par s’enchaîner à vitesse grand V jusqu’au dénouement du tome aux proportions gargantuesques. On assiste à une opération chirurgicale pour empêcher que la Tour de garde se détruise peu à peu tandis qu’un paradémon se sacrifie pour faire éclore une armée de ses semblables qui était incubée en son sein .
Les planches ne se cachent pas de la catastrophe et de l’horreur de la situation grâce au talent combiné de Carmine Di Giandomenico et de Dan Mora, ce dernier étant toujours au sommet de son art en renforçant avec brio l’urgence de ce que veut faire transposer Mark Waid. Ce final ne se ternit donc pas d’ambition jusqu’à sa conclusion. Enfin, presque car le récit ne possède pas de fin propre à lui et nous invite plutôt à suivre la suite dans la série Superman et dans DC K.O..

Une frustration toujours présente
Ce tome est court, très court. Composé de quatre numéros dont un numéro spécial lié à la série principale, la dernière sortie de l’éditeur Urban Comics frustre plus qu’elle ne le devrait. Ce sentiment amer ne fait pas pour autant oublier la réussite du dernier chapitre de l’arc mais quand on se rend compte que la suite se passera principalement dans d’autres séries, la déception peut en être très grande.
Le changement abordé par le deuxième tome se confirme donc dans ces pages en implémentant cette Ligue dans la globalité du monde de DC Comics. Elle devient donc un maillon d’une plus grande chaîne qui s’étend sur une pléthore de titres si l’on souhaite tout comprendre. De plus, le choix pris par Urban d’être à cheval sur les sorties aux Etats-Unis diminue un peu plus la satisfaction de la lecture une fois celle-ci achevée. On aboutit donc à un ouvrage au format très léger et bloqué par l’ordre de parution de l’éditeur.

A partir de là, un choix implicite s’offre aux lecteurs du titre. Il faudra suivre tous les récits et évènements qui arrivent prochainement pour comprendre l’entièreté de ce qui est raconté. Ou en restant concentré seulement sur Justice League Unlimited, on fera face à une série qui s’insère au sein d’un univers bien plus grand en tant que série annexe.
Cela a toujours fait partie des questionnements majeurs du monde des comics, monde qui a souvent cherché à lier l’ensemble de ses séries mais qui a depuis quelques années trouver un nouveau marché en proposant des récits auto-centrés et indépendants. Cette série s’inscrit pleinement dans cette réflexion et le questionnement en est bien plus fort.
Ce tome 3 de Justice League Unlimited ne satisfera pas la majorité des lecteurs. Offrant un contenu léger mais réussissant à offrir une action frénétique et une urgence palpable, ces nouveaux numéros s’en sortent avec les honneurs. Néanmoins, son incursion dans un univers aussi vaste que DC en tant que série annexe joue en sa défaveur. Elle met ainsi de côté les prémices ambitieuses de ce qu’elle voulait raconter au travers de cette Justice League aux membres illimités.
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