Jeff Bezos : quel avenir spatial pour le milliardaire après Amazon ?

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Le célèbre fondateur d’Amazon Jeff Bezos n’est pas qu’un vendeur, il est aussi un rêveur. Comme une poignée de riches hommes d’affaires américains, Bezos a fondé une compagnie dédiée au vol spatial. À l’heure où le secteur commence à être monopolisé par SpaceX, Jeff Bezos entend bien tirer son épingle du jeu. Découvrons donc Blue Origin.

Jeffrey Preston Bezos

Un enfant prodige

Si aujourd’hui Jeff Bezos est surtout connu pour Amazon.com, le businessman s’est aussi investi dans différents projets annexes. Mais revenons d’abord rapidement sur son parcours.

Jeffrey Jorgensen naît en 1964 de parents encore adolescents (18 et 16 ans). Son père l’abandonne à la naissance et sa mère se marie avec un immigré cubain du nom de Miguel Bezos en 1968. Ce dernier l’adopte alors officiellement (d’où le nom) et l’élève comme son propre fils. Très tôt, on décèle un potentiel fort chez le jeune Jeffrey. Ses tests de QI sont hors normes, ses performances scolaires (aussi bien scientifiques que sportives) dépassent tout le monde. À l’âge de 8 ans, il démonte le tracteur à chenilles de son grand-père avant de le remonter parfaitement. À l’âge de 10 ans, il se passionne pour le scandale du Watergate, qu’il suit avec attention. Enfin, il s’amuse à calculer la consommation exacte d’essence lors des longs trajets en voiture.

Enfant particulièrement intelligent, il s’intéresse à tout ce qui concerne la technologie, mais également à la science-fiction. Il se dit lui-même fan de Star Trek. Ainsi, le jeune Jeff aurait largement eu sa place dans la collocation de Léonard et Sheldon

À 22 ans, il est diplômé d’un Bachelor (licence) en sciences de l’informatique. Il démarre alors à Wall-Street dans un fonds d’investissement spéculatif. Cependant, il est fasciné par le développement rapide d’Internet. Il se dit qu’il ne peut pas manquer l’occasion de faire partie de cette révolution en marche. Il décide donc de quitter son job en 1994.

Jeff Bezos - Cultea

Amazon

À exactement 30 ans, il se décide à lancer son site qu’il décrit comme « une librairie en ligne avec des millions de titres ». L’entreprise est alors une start-up gérée depuis son garage. Il investit des fonds privés, mais également de l’argent de ses parents. Rappelons qu’il sort d’un emploi de haut cadre à Wall-Street, il est alors loin d’être « modeste ». L’idée d’Amazon est simple :

« Les librairies ne pouvaient pas envoyer de catalogues, trop lourds. Et les ouvrages ne s’abîment pas dans le transport. »

Jeff Bezos

Économiquement, c’est brillant. Avec le bon traitement logistique, la société ne peut que réussir. Socialement, c’est autre chose. Si toute la production littéraire est disponible en un seul point, alors les points de vente vont forcément en pâtir. Les libraires et les éditeurs ne remercient pas Amazon aujourd’hui… Mais ils ne sont pas les seuls. Après son succès fulgurant, l’entreprise s’est diversifiée et vend quasiment tout type de biens de consommation. De plus, par l’intermédiaire de sous-entreprises, Amazon est devenu le leader du marché du cloud (50 %). Enfin, le géant s’est lancé dans la VOD avec Amazon Prime Video pour concurrencer Netflix.

Ainsi, Amazon est aujourd’hui sans doute le plus grand acteur économique de la vente dans le monde. Ce succès permet à Jeff Bezos d’occuper la place confortable de première fortune mondiale, que l’on estime actuellement à 191 milliards de dollars.

Logo d'Amazon - Cultea

Blue Origin

Mais Bezos n’a pas oublié sa passion pour la technologie et la SF. Au contraire, cette colossale fortune lui permet aujourd’hui de se rapprocher de ses rêves d’enfant. Ainsi, en 2000, il fonde Blue Origin. L’entreprise a pour projet de développer des technologies permettant de réduire les coûts d’accès à l’espace. Tout est dans le nom, « la planète bleue pour origine » sous-entendant l’envie de voyager ailleurs. Dès sa création, Jeff Bezos décide d’injecter 1 milliard de dollars par an de sa propre poche.

New Shepard

Pourtant fondée deux ans avant le SpaceX d’Elon Musk, la compagnie est aujourd’hui à la traîne. Dès le départ, Bezos annonce vouloir se concentrer sur le développement d’une fusée réutilisable pouvant aller jusqu’à l’orbite basse. Mais il commence d’abord par plancher sur un vaisseau. C’est dans cette optique que démarre le projet New Shepard, nommé en l’honneur d’Alan Shepard, premier Américain dans l’espace en 1961. Le projet est un vaisseau spatial décollant et atterrissant à la verticale. Le but est seulement d’envoyer des touristes fortunés faire une « balade » dans l’espace. Son premier vol réussi a eu lieu en 2015. Le tourisme spatial est un milieu qui séduit beaucoup, mais où la concurrence promet d’être rude. Il y a des sociétés travaillant sur le sujet depuis déjà longtemps, comme Virgin Galactic du milliardaire Richard Branson.

Le projet avait cependant fait partie de l’appel d’offres de la NASA : Commercial Crew Development. Initié en 2010, le projet devait décider quel constructeur privé fournirait un vaisseau spatial à la NASA. Cette dernière devait alors remplacer la navette spatiale dont le coût de fonctionnement était exorbitant. Par ce retrait, les États-Unis devenaient dépendants de la Russie et de ses Soyouz. Blue Origin ne sera finalement pas retenu, les gagnants étant Boeing et SpaceX. À noter que le module Crew Dragon de SpaceX sera commandé par le Français Thomas Pesquet lors de la prochaine mission sur l’ISS en avril 2021.

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New Glenn

New Glenn est finalement ce pourquoi Blue Origin avait été créé : un lanceur dont les parties basses sont réutilisables. Son nom est encore une référence à un astronaute américain. Son développement est annoncé par Bezos en 2016 et son premier vol doit avoir lieu cette année. Il s’agit d’un sacré retard vis-à-vis de SpaceX et de sa Falcon 9. Cette dernière fait déjà la même chose et est utilisée depuis… 2012 ! La fusée aura exactement les mêmes tâches : la mise en orbite de satellites civiles et militaires. La réussite de SpaceX est d’ailleurs telle que la société a accompli une autre prouesse ces derniers jours, en réutilisant pour la neuvième fois une partie d’une fusée Falcon 9.

Des moteurs pour fusée

Là où Blue Origin s’est particulièrement démarqué, c’est dans la conception des moteurs. En effet, avec le développement des BE-3 et BE-4, la compagnie pourrait devenir le motoriste de fusée numéro 1 aux États-Unis. C’est suite à un appel du principal constructeur d’alors, United Launch Alliance, que les travaux débutent. Ce dernier cherche alors à réduire les coûts dans un marché en pleine explosion. De plus, il souhaite mettre fin à la dépendance au fournisseur russe de moteur NPO Energomash. Le constructeur ULA a finalement bien choisi le BE-4 comme nouveau moteur, ce dernier fournissant une poussée significativement plus grande au décollage.

Elon Musk et Jeff Bezos : des ambitions différentes

Pour conclure, parlons un peu des rêves. Elon Musk et Jeff Bezos ont beau partager la même passion pour l’espace et l’ingénierie, il n’empêche que leurs rêves sont totalement différents. Il est de notoriété publique qu’Elon Musk souhaite coloniser Mars, et ce, dès 2024. Tous les travaux récents de SpaceX pour améliorer et stabiliser les fusées Starship vont dans ce sens.

Du côté de Bezos, il semblerait que l’intention soit différente. Ce dernier souhaiterait bâtir un réseau de stations spatiales orbitales où logeraient les humains, abandonnant ainsi la Terre. L’idée étant de laisser la planète tranquille, libre des activités humaines qui la scarifient. Ainsi, l’homme ne redescendrait sur Terre que pour aller se promener dans la nature.

Blue Origin a donc encore du chemin à faire pour rattraper le TGV d’Elon Musk. La différence entre les deux entreprises est majeure, Elon passant ses journées (et une partie de ses nuits) aux bureaux de SpaceX, lorsque Bezos passe seulement 4 h par semaine chez Blue Origin. Cela pourrait cependant changer, Jeff Bezos ayant décidé de quitter sa fonction de PDG d’Amazon pour se consacrer à d’autres activités… peut-être bien la conquête spatiale justement !

 

Sources :

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