Connaissez-vous l’histoire d’amour de Marie-Antoinette et Axel de Fersen ?

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Louis XVI et Marie-Antoinette n’ont jamais vraiment filé le parfait amour. Alors, quand le beau comte de Fersen apparut à la cour, le roi de France eut bien du mal à garder les yeux de sa femme rivés sur lui

Louis XVI et Marie-Antoinette, un mariage politique

Lorsque la future reine Marie-Antoinette arrive en France en 1770, elle n’a que 14 ans. Après avoir effectué le rite de « remise de l’épouse » à Kehl, elle rencontre son futur mari à l’orée de la forêt de Compiègne. En face d’elle, le dauphin pataud et maladroit n’a pas l’image du roi qu’elle s’imaginait. Mais le peuple français est en liesse. Et le carrosse qui traverse le pays, avec à son bord la jeune Autrichienne et Louis XVI, est salué par la foule.

Louis XVI et Marie-Antoinette - Cultea
Portrait du dauphin Louis XVI par le peintre Joseph-Siffrein Duplessis et portrait de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche tiré de la collection du Musée national de Stockholm. Art Images/Heritage Images/Getty Images.

Mais les jeunes gens ne se connaissent pas. Pire encore, il semble que rien ne les destine à s’entendre. Marie-Antoinette est pleine de vie. Elle danse, chante, aime la mode et les jeux. Louis XVI, quant à lui, apparaît déjà vieux. Son allure est plutôt négligée, il aime s’isoler pour fabriquer des serrures et se couche tôt. Peu de temps après leur mariage, la jeune Autrichienne, populaire à son entrée à la cour, devient progressivement la source de scandales et de rumeurs.

Marie-Antoinette est une adolescente qui a envie de s’amuser. Or, la cour de France est extrêmement stricte et dicte les comportements. L’étiquette mise en place sous Louis XIV instaure un cadre dur pour une jeune fille de son âge, si éprise de liberté. Son adaptation est donc compliquée. Ses attitudes légères et son insouciance ont rapidement un impact sur sa réputation. Mais elle n’en a pas grand-chose à faire !

Un mariage consommé tardivement

Les membres de la famille royale de France réunis autour du Dauphin, né en 1781 - Cultea
Les membres de la famille royale de France réunis autour du Dauphin, né en 1781. Anonyme français, 1782.

Alors que la France attend de cette union un héritier, le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette n’est consommé que sept ans après leur rencontre. Plusieurs rumeurs ont alors visé la jeune Autrichienne… Fait-elle le nécessaire pour le dauphin ? Sa mère, la reine d’Autriche, envoie même son frère afin de comprendre ce qu’il se passe.

Mais malgré les tentatives du couple, Louis XVI n’arrive pas à jouir en sa femme et cette dernière s’impatiente. C’est ainsi que des médecins finissent par ausculter le dauphin et lui découvre un phimosis. Il s’agit d’une maladie qui provoque des douleurs lors des rapports sexuels. La sexualité de Louis XVI n’est donc pas optimale… Ni pour lui, ni pour elle.

Un autre facteur joue également. Marie-Antoinette s’ennuie avec Louis XVI. Elle n’est absolument pas attirée par son mari. Le tout ne permet pas d’engendrer un héritier rapidement. Et cette situation alimente d’autant plus les cancans de la cour !

Le refuge de Marie-Antoinette

À la mort de Louis XV, le dauphin devient roi de France, le 10 mai 1774. Le couple n’a toujours pas d’héritier et est bien jeune pour régner. Marie-Antoinette sent de plus en plus la pression de l’étiquette. Mais, en tant que reine de France, elle peut désormais investir le Petit Trianon que lui offre son mari. Dès lors, le domaine devient un refuge pour la jeune reine. Mais ce lieu où elle cultive son intimité contribue à entourer Marie-Antoinette des spéculations et médisances de la cour…

En 1779, alors que le protocole monarchique impose aux époux royaux de dormir sous le même toit, la jeune femme atteinte de la rougeole doit s’isoler, pour son plus grand bonheur. Ainsi, elle passe trois semaines au Petit Trianon, seule ou presque… Effectivement, des femmes auraient dû être à son chevet. Mais la reine demande 4 garde-malades hommes afin de lui tenir compagnie. Même s’ils doivent quitter les lieux vers onze heures, les rumeurs vont bon train…

Avec son isolement de plus en plus fréquent au Petit Trianon, les suspicions d’infidélité de la reine déjà présentes s’accentuent. Elle part des nuits entières à l’opéra, s’enferme dans son domaine… Mais la liberté de la jeune femme est trop mise à mal à la cour. Alors, elle ne prend pas note de son impopularité. Elle fuit autant qu’elle le peut l’étiquette au Petit Trianon : « Ici, je ne suis plus la reine, je suis moi. »

Le Petit Trianon, Domaine de Marie-Antoinette - Cultea

Certaines pièces du Trianon possèdent des murs coulissants comportant des miroirs et qui bouchent les fenêtres quand on les lève. Cette protection de son intimité est associée aux prétendues rencontres qu’elle aurait avec des amants. Sa volonté d’indépendance n’est pas comprise. Elle continue d’arranger son nid personnel en faisant aménager plus de décorations. On relève notamment la création d’une grotte avec une cascade qui protège les conversations tenues à l’intérieur. Un petit trou dans la paroi permet de voir qui s’approche.

Une brûlante passion entre Axel de Fersen et Marie-Antoinette

Une entente parfaite

Hans Axel von Fersen, appelé Axel de Fersen, est né le 4 septembre 1755 à Stockholm. Il est le fils du plus riche aristocrate suédois et devient, en grandissant, très proche de la couronne de Suède. À 15 ans, il part faire le tour de l’Europe afin de parfaire son éducation. En 1770, alors que Marie-Antoinette est tout juste mariée, il apparaît à la cour de France. Son allure énigmatique et ses traits splendides attirent toutes les femmes. Il entretient d’ailleurs de nombreuses relations avec des maîtresses.

On le présente à la famille royale et, peu à peu, Marie-Antoinette et le comte font connaissance. La jeune femme tombe rapidement sous le charme du beau Suédois. Ils passent alors de plus en plus de temps ensemble, se découvrant des passions communes, des caractères qui s’assemblent… Leurs fréquentations de plus en plus régulières attisent les ragots de la cour, mais les jeunes gens s’en fichent.

Un amour officieux, mais connu de tous ?

Fersen décide alors de rester célibataire et la passion entre les deux individus s’intensifie. Les seuls moments où le comte quitte la reine sont le fait d’obligations, comme la guerre d’indépendance en Amérique. Louis XVI n’est pas aveugle, mais il ferme les yeux sur leur amour. Il a confiance en Marie-Antoinette. De son côté, il est le seul souverain à n’avoir jamais eu de maîtresse.

Fersen grimpe en estime auprès de la couronne de France. Son expérience de la guerre et sa culture lui permettent de devenir conseiller politique du couple royal. C’est même lui qui organise la fuite manquée de Varennes en 1791, s’investissant personnellement pour sauver Louis XVI et Marie-Antoinette. Alors qu’il a répété le trajet de nombreuses fois et qu’il accompagne le couple le jour J, Louis XVI demande à Fersen de partir au milieu du chemin. Le comte s’en voudra toute sa vie d’avoir écouté le roi, car tout le monde pense que, s’il était resté, la fuite aurait été réussie.

Axel de Fersen a organisé la fuite de Varennes de Louis XVI et Marie-Antoinette - Cultea

Lorsque Marie-Antoinette est guillotinée, le cœur de Fersen se brise. Sa tête mise à prix, il retourne dans son pays natal. Dès lors, il se met à chercher tous les objets ayant appartenu à la reine. Il s’isole complètement dans ses souvenirs. Le 20 juin 1810 (date anniversaire de la fuite à Varennes), il meurt dans ses fonctions de riksmarskalk (maréchal du Royaume de Suède), piétiné par une émeute sans que personne n’intervienne.

Les traces de l’amour

Il nous reste peu de traces de cette liaison passionnée et historique entre le comte de Fersen et Marie-Antoinette. On retrouve le dernier témoignage d’amour de Marie-Antoinette pour le comte au château de Steninge en Suède : une table qui a contenu un service à petit-déjeuner aujourd’hui disparu. C’est un symbole d’intimité important.

On retrouve également une correspondance entamée dès 1783. Cela permet aux deux jeunes gens de rester en contact lors des absences de Fersen. Marie-Antoinette dissimule son identité derrière le pseudonyme de « Joséphine ». Ils cryptent leurs phrases et écrivent avec des procédés techniques permettant de créer une encre invisible.

Marie-Antoinette et le compte de Fersen ont entretenu une correspondance secrète pendant les absences de ce dernier - Cultea
Lettre du 4 janvier 1792 (pages 2-3) qui a été utilisée pour les travaux de recherche de la Fondation des sciences du patrimoine, Archives nationales.

Si une grande partie de cette correspondance est aujourd’hui perdue, on conserve certaines lettres édifiantes ! Le programme Rex II, mené par le Centre de Recherche sur la Conservation (CRC) et le laboratoire « Dynamiques patrimoniales et culturelles » (DYPAC) a permis de lire au travers des ratures de huit sur quinze lettres rayées. C’est l’acquisition d’un nouveau scanner utilisant la spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF) qui a permis cette avancée.

Ainsi, on peut lire le comte de Fersen : « Je vous aime à la folie. (…) Vous voir, vous aimer, vous consoler est tout ce que je désire. » Et Marie-Antoinette lui répondant : « Je ne vis que pour vous aimer… »

Si les historiens n’ont pas la réponse quant à l’existence d’une liaison charnelle entre Marie-Antoinette et le comte de Fersen, il est indéniable que leur amour fut infini !

 

Sources :

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