« Coco » de Lee Unkrich et Adrian Molina : l’émouvant chef-d’oeuvre de Pixar [critique]

| | ,

Oyé Oyé amateurs d’animation et d’émotions ! Le nouveau Pixar débarque ce 29 novembre et risque (à l’instar du très émouvant La-Haut) d’en faire pleurer plus d’un. Réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina, Coco est un petit bijou émouvant et coloré, nous faisant découvrir le folklore autour de Dia de Los Muertos. Avec cette œuvre rondement menée, les studios Disney/Pixar prouvent qu’ils n’ont pas fini de nous surprendre. Focus ! 

Une montée en puissante salvatrice

Il faut l’admettre, le début de Coco n’est pas ce qu’il y a de plus mémorable. Malgré une introduction relativement originale, le début de l’histoire se perd dans une narration assez stéréotypée et oubliable. Cependant cela ne dure pas. En effet, plus le film passe, plus celui-ci nous embarque dans son histoire et son univers. Il ne faut pas longtemps pour que nous soyons totalement happés par cette histoire tendre et chaleureuse. 

C’est notamment lors de la deuxième partie que Coco vous fera ressentir toute sa puissance émotionnelle et mélancolique. Quoi de plus logique quand on parle de la mort et des êtres que nous avons perdus. L’histoire traite admirablement le thème du deuil et de la mémoire, tout en nous faisant entrevoir un pan de la culture mexicaine. En effet, si nous connaissons de loin le folklore qui entoure Dia de Lors Muertos, peu d’entre-nous savent réellement l’importance que celui-ci revêt dans cette culture. Pixar nous présente tout un pan de ces coutumes trop peu connues du monde occidental, notamment le rapport entre Dia de Los Muertos et le respect de la famille. Coco réussit donc un tour de force en étant à la fois un film d’animation émouvant, drôle et ludique, pouvant cultiver les enfants comme les adultes.

Toujours dans l’émotion, Coco traite admirablement le thème de la mémoire et de la façon de l’entretenir. Le film met le doigt sur des questions universelles inhérentes à l’être humain : « se souviendra-t-on de moi ? » « En bien ou en mal ? » « Combien de temps ? » En traitant ces questions existentielles, le film s’impose comme un mastodonte de maturité, aux sous-textes bien plus développés que ce que l’enveloppe « Disney » pourrait laisser croire. Il touche l’humain dans toute sa complexité et son mysticisme, l’obligeant presque à mener un travail d’introspection. Même si Disney / Pixar nous ont déjà habitués à des traitements aussi adultes, il est toujours agréable de constater qu’ils continuent sur cette voie.

Narrations et animation virtuoses

Si nous avons évoqué la bancalité de la narration concernant l’introduction, celle-ci est toutefois l’un des points forts du film. Jouant habilement avec les détails, Coco distille un nombre de « set-up/pay-off » assez déconcertant et particulièrement bien amenés. Pour les néophytes, la technique du « set-up/pay-off » est le fait de préparer dans le film un élément en apparence anecdotique, mais qui aura une importance capitale dans la résolution de l’intrigue. Force est de constater que malgré certains éléments visiblement préparés, d’autres peuvent surprendre même lorsque l’on est habitué à la technique. Coco joue habilement avec les ressorts narratifs, même ceux paraissant les plus évidents aux yeux du spectateur. Malgré quelques retournements de situations assez convenus, le film parvient à ne pas tomber dans le cliché ni la redite, tant celui-ci transpire de sincérité.

A cette sincérité s’ajoute une animation captivante et pleine de couleurs. Il faut dire que dans ce domaine, Pixar a fait ses preuves depuis longtemps. Cependant, le studio redouble d’originalité en donnant vie au monde des morts. Les animateurs se sont ainsi fait plaisir, notamment concernant les gags impliquant le squelette humain et sa fragilité. Chaque plan fourmille de détail et rend cet univers aussi réel que ne l’est notre monde. Tout est fait pour nous donner la sensation que nous pourrions nous mouvoir dans le quotidien de ces morts, presque comme nous le ferions dans notre monde. Un mot est à toucher sur les couleurs. Si celles-ci sont très bien utilisées dans le monde des vivants, rien ne les démarquent particulièrement du reste des Pixar. Cependant, les contrastes utilisés pour le monde des morts sont aussi féeriques que mémorables. Jouant sur la dichotomie entre la nuit noire et les couleurs chaleureuses du Mexique, Coco nous offre des décors inoubliables.

Force est de constater que Coco est un énième tour de force de l’équipe Pixar. Sublime, émouvant, drôle et philosophique, cette petite pépite d’animation a tout pour plaire aux petits et aux grands ! 

Bande-annonce Coco :

The following two tabs change content below.

Robin Uzan

Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire et gérer Cultea est un immense plaisir et une de mes plus grandes fiertés.
Précédent

« Thor – Ragnarök » de Taïka Waititi est très fun mais… Seulement fun [critique]

« Le Crime de l’Orient-Express » de Kenneth Branagh est une très belle relecture du mythe [critique]

Suivant

2 réflexions au sujet de “« Coco » de Lee Unkrich et Adrian Molina : l’émouvant chef-d’oeuvre de Pixar [critique]”

Laisser un commentaire