« Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » : Chirac ressuscité

"Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre" : Chirac ressuscité

« Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre !  » s’exclamait ce mardi Emmanuel Macron. L’actuel Président de la République s’est inspiré de Jacques Chirac, adepte des petites phrases. Mais d’où vient cette expression familière ?

« Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » : utilisation en privé

Un Président aurait pu dire « cela ne me fait ni chaud ni froid ». Mais en politique, la phrase-choc peut s’avérer fort efficace. Selon Reverso Dictionnaire, cette locution-phrase serait d’origine pieds-noirs, mais fut réellement démocratisée par Jacques Chirac. Elle fait référence aux testicules du locuteur, équivalent à l’expression à peine moins soutenue : « je m’en bats les c******* ».

L’expression existe donc aujourd’hui dans le langage courant, et on considère que c’est Jacques Chirac qui l’a popularisée. L’ancien premier ministre ne l’a cependant jamais prononcé en public ! C’est grâce à la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette que l’expression a « fuité ».

Si les médias n’ont jamais capturé ce moment, la petite phrase a pourtant été utilisée dans le contexte de ses fonctions. En effet, en 1987, en pleine cohabitation, c’est au Président de la République qu’elle fut adressée comme le révèle l’ouvrage Paroles de présidents : Carnets secrets.

Quel contexte ?

Jacques Chirac voulait simplement exprimer son indifférence au président socialiste d’alors, François Mitterrand. Celui-ci critiquait le chef du gouvernement à propos de la préparation du sommet de Copenhague, une réunion des officiels des membres de la Communauté Économique Européenne, ancêtre de l’Union Européenne.

Emmanuel Macron a de son côté exhumé l’expression au sujet des « Uber Files », révélations faites par The Guardian et le consortium international des journalistes d’investigation.

Récidive

Ce n’est pas la première fois que les observateurs notent une similitude dans l’attitude des deux chefs d’État. On remarque notamment un faible pour les mots français… « Abracadabrantesques » comme dirait justement Chirac. Pour ce qui est de l’attitude, en Israël en 2020, Emmanuel Macron s’était adressé à un policier par ces mots :

« I don’t like what you did in front of me ».

Cette scène avait alors fait ressurgir les images de Jacques Chirac dans le même pays 24 ans plus tôt, où il avait menacé :

« What do you want ? Me to go back to my plane ? »

On sait que Chirac était friand de ce genre de petites phrases. « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » en est une parmi une liste restée culte, comme la fois où il a déclaré « il n’y a pas que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je l’ai toujours dit ».

Sources :

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