“Project Power” : un divertissement Netflix et puis c’est tout ? [critique]

Project Power était un film très attendu de la plateforme Netflix. Il fut réalisé par Henry Joost et Ariel Schuman, qui se sont occupés de projets tels que Paranormal Activity 3 et 4, ainsi que Nerve ou bien Catfish. Le scénario fut quant à lui confié à Mattson Tomlin, qui s’est occupé de l’intrigue du futur film The Batman. 

Project Power est un film de super-héros basé sur l’histoire d’une drogue : la Power. Elle est capable, lorsqu’elle est avalée, de donner des supers-pouvoirs pour une durée de 5 minutes… Ou de tuer. Ce nouveau Blockbuster regroupe un trio d’acteurs talentueux. A savoir Dominique Fishback, Jamie Foxx et Joseph Gordon Levitt. Et si on aurait pu penser à un film de super-héros inspiré du MCU, on a parfois l’impression de faire face à une série B… 

Un film rythmé et des personnages attachants

Ce film original Netflix commence pourtant très bien, nous offrant un rythme assez entraînant. La bande-son accompagne bien le suspens et l’univers entier du film. Des plans nous plongeant dans une Nouvelle-Orléans post-ouragan rendent l’immersion réussie. Un moyen de dénoncer directement les conditions de vie des populations locales. Une atmosphère qui donne beaucoup de charme à ce long-métrage.

Les effets spéciaux, bien que réussis, font un peu cheap pour un film au budget colossal de 85 millions de dollars. Les super-pouvoirs font un peu « rip-off » de ce qu’on a déjà vu dans les films et comics de super-héros de ces 20 dernières années. Un concept qui aurait pu être développé d’une autre manière pour apporter une touche d’enjeux supplémentaires au film.

On a également le droit à touche d’humour assez discrète, mais qui rend les personnages particulièrement attachants. L’intrigue se fond dans un film au réalisme social des quartiers pauvres. Une jeune adolescente en quête d’identité, des violences sociales qui font échos aux événements récents qui se passent aux Etats-Unis… Cependant, les émotions (surtout développées à la fin du film) ne semblent pas être vraiment au rendez-vous.

Une atmosphère influencée par le monde jeu vidéo

Ce qui ne fait pas tâche dans ce long-métrage c’est bien la qualité de la production vidéo. Beaucoup de plans sur les objets principaux (généralement des armes), des couleurs et une esthétique qui donnent un aspect glauque mais super divertissant au film… On a même le droit à un plan-séquence qui emprunte beaucoup à l’esthétique de jeu-vidéo, mais qui ne nous aide pas forcément à comprendre ce qui se passe.

Ce qui est dommage c’est que les scènes de combats ont beaucoup été ignorées dans ce film à cause de cuts trop nombreux et incompréhensibles. On a l’impression de ne pas avoir accès à l’ensemble de l’action.

Un scénario qui ne fait pas mouche

Malgré le fait que ce film ait un assez grand potentiel avec cette idée de pilule qui nous donne des pouvoirs pendant 5 minutes, l’histoire ne réussit pas à tenir en haleine. On a l’impression que que le scénario est encore au stade du brouillon. Le déroulé du film se devine assez aisément. Il est donc difficile de ne pas s’ennuyer à certains moments. Et à la fin, on reste en suspens avec certaines interrogations.

D’ailleurs tout se passe trop rapidement… Certes on ne demande pas quelque chose de super complexe pour un film d’action d’1h53 . Mais l’action ne se passe qu’en 24h et certains détails ne semblent pas avoir un quelconque lien avec l’intrigue générale. Comme Robin, la jeune adolescente qui a un talent en rap. On ne voit pas vraiment comment cela aurait pu être bien exploité dans le film. Un personnage assez cliché et peu réaliste qui ne s’adresse qu’un public adolescent, ce qui est étrange pour un film classé 16+.

Ce qui est aussi dommageable, c’est l’absence d’antagoniste principal. Au début on a Newt, le dealer de drogue. Mais on n’a pas assez d’informations et celui-ci finit par mourir vite. Puis on a le baron de la drogue Biggie, qui incarne un très mauvais méchant. Enfin, celle qui organise toute la supercherie a un temps d’écran inférieur à 10 minutes, ce qui n’aide pas à la rendre charismatique…

Project Power, c’est un peu comme un coup manqué de la part de Netflix. Il aurait peut-être été préférable d’en faire une mini-série plutôt que de produire un film, car on n’y comprend pas grand chose. Cependant, force est de constater que ce film avait un fort potentiel, qui a juste été mal exécuté. On espère donc quand même que Netflix nous proposera une suite, car de multiples interrogations restent en suspens… 

Project Power – Bande-annonce

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