Les frères Collyer : une tragédie fraternelle !

C’est une histoire digne d’un film hollywoodien. Surnommés les Ermites de Harlem, les frères Collyer sont devenus tristement célèbres pour leur association au syndrome de Diogène. Fervents « collectionneurs », ils ont accumulé des tonnes d’objets, à tel point que cela les a amenés à une fin inévitable que personne n’aurait pu prévoir. 

Homer et Langley Collyer sont frères. Nés en 1881 et 1885, ils sont les descendants de l’une des familles les plus anciennes de Harlem. Leur père est gynécologue et leur mère chanteuse d’opéra. Les frères Collyer sont diplômés de l’Université de Columbia. Ils habitent une grande maison sur la cinquième avenue, près de la 128ème. Rien ne semble indiquer un destin funeste pour ces deux frères qui vivent une vie tout à fait modeste.

Mais en 1933, Homer subit un accident vasculaire cérébral et perd doucement l’usage de ses yeux. La Grande Dépression frappe les Etats-Unis, le travail se fait rare et la majorité des gens déménagent, n’ayant plus d’argent à cause de la crise économique. Langley décide alors de tout abandonner pour prendre soin de son frère. Cela deviendra sa seule priorité.

Le commencement du drame

Homer Collyer étant incapable de se débrouiller tout seul, Langley décide de s’occuper de lui et de ses problèmes de vue. Il est persuadé qu’avec un régime riche en vitamines C les yeux de son frère pourraient redevenir comme avant. Langley envisage alors de donner une centaine d’oranges à son frère par semaine. Voulant le préparer à la fin de sa cécité, il achète des piles de journaux afin qu’Homer puisse les lire prochainement. Cette accumulation d’achats compulsifs démontre alors le problème des frères Collyer : ils sont tous les deux atteints du syndrome de Diogène.

Ce geste attentionné de Langley devient en effet le début d’une spirale infernale. Les objets et les déchets s’entassent, jusqu’à les emprisonner dans leur propre maison ! Par syllogomanie, ils commencent à accumuler toutes sortes d’objets : déchets, instruments de musique, journaux et meubles.

Photographie du domicile. Tout déplacement s’avère presque impossible.

Les ravages de Diogène

Le syndrome de Diogène a été nommé ainsi en 1975 pour décrire un trouble du comportement qui peut s’associer à une négligence de l’hygiène corporelle et domestique, ainsi qu’une accumulation maladive d’objets en tous genres. Le syndrome peut également entraîner un repli de soi, une isolation et entraver tout rapport social. Le tout peut conduire à des conditions de vie insalubres et misérables. Son nom est lié au philosophe grec Diogène.

Ainsi, délaissant la propreté de la maison et leur hygiène, les frères Collyer sortaient de moins en moins de chez eux. Ils vivaient sans eau chaude, ni électricité. Tout cela encouragea des rumeurs sur les mystérieux habitants de cet immeuble de la cinquième avenue. Langley finit par craindre la perte de ses objets et le vandalisme. Le frère transforma l’appartement en une véritable forteresse truffée de pièges qui infestent les couloirs et les portes afin de se protéger des intrus.  

Les policiers essayant de se frayer un chemin à travers les déchets.

Morts sous les déchets

En mars 1947, l’infernale collection des Collyer atteint son paroxysme, entraînant finalement la mort de Langley. Il est écrasé par des tonnes de piles de journaux, alors qu’il essayait de ramener de la nourriture à son frère. Homer, aveugle, paralytique et seul, meurt de faim quelques jours plus tard. Ils avaient 65 ans pour Homer, et 61 ans pour Langley. 

Le 21 mars, la police reçoit un appel anonyme signalant la mort d’un individu dans la maison. Au début, il était presque impossible d’y entrer. Des tonnes de débris empêchaient le passage, et les sauveteurs se sont retrouvés bloqués par des murs de détritus. Après avoir forcé une fenêtre du premier étage, ils ont vu des pièces et des cages d’escalier encombrées de déchets et de rats. Ce n’est que par l’intermédiaire d’une fenêtre du deuxième étage qu’ils ont pu trouver le corps d’Homer.

Les autorités tentant d’accéder au domicile de la Cinquième Avenue par les fenêtres.

Langley demeure malheureusement introuvable, mais les recherches sur sa disparition prendront fin 18 jours plus tard, lorsqu’on retrouve son corps écrasé sous les objets. Plus d’une centaine de tonnes de déchets (dont plus de 25 000 livres) sont retirées de la maison.

Plus d’une centaine de tonnes ont été retirées de la maison selon les autorités. Le retrait était nécessaire pour retrouver les corps.

À la fin de l’enquête, la maison des Collyer fut rasée. Toutefois, depuis les années 1960, elle est devenue un parc de poche qui porte désormais leur nom : le Collyer Brothers Park. Finalement, cette tragédie fut engendrée par l’amour et la fraternité entre les Collyer.   

 

Sources : 

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