Le zombie : des origines jusqu’à nos jours

Le zombie : des origines jusqu'à nos jours

Phénomène pop culturel par excellence, le zombie tire son origine d’anciennes pratiques vaudou. Ensuite popularisé par George A. Romero dans La nuit des morts-vivants, il devient un monstre récurrent dans les œuvres d’horreur. Dans le film de Danny Boyle 28 jours plus tard, l’archétype est dépoussiéré et modernisé. Désormais intimement lié aux récits de fin du monde, la figure du zombie perdure à travers le temps et ne cesse d’évoluer.

Aux origines du zombie, la culture Vaudoue

Un zombie ou zombi (terme utilisé à l’origine en français, dérivé de zonbi en créole) est une personne ayant perdu toute forme de conscience et d’humanité, au comportement violent envers les êtres humains et dont le mal est terriblement contagieux. Dans la culture vaudoue, le zombie est un mort réanimé et sous le contrôle total d’un sorcier, mais dans la culture populaire occidentale le terme renvoie à des êtres morts-vivants partiellement décomposés, dépourvus de langage, de raison, de conscience, le plus souvent extrêmement agressifs et avides de chair humaine.

Dans la culture haïtienne, il sert également à qualifier les victimes de sortilèges vaudous permettant de ramener les morts à la vie ou de détruire la conscience d’un individu afin de le rendre corvéable à merci. Il incarne la peur ultime des esclaves africains déportés, d’être privés de leur libre-arbitre et réduits à l’état d’automates même après la mort. C’est donc au départ une figure liée à l’histoire coloniale et à l’esclavage.

Le zombie comme exorcisme à l’esclavage

L’incursion des zombies dans la culture populaire

« Chaque année, Barbara et Johnny vont fleurir la tombe de leur père. La nuit tombe. Soudain, un homme étrange apparaît. Il s’approche de Barbara puis attaque Johnny, qui tombe et est laissé pour mort. Terrorisée, Barbara s’enfuit et se réfugie dans une maison de campagne. Elle y trouve Ben, ainsi que d’autres fugitifs. La radio leur apprend alors la terrible nouvelle : des morts s’attaquent aux vivants.« 

La nuit des morts-vivants, George A. Romero, 1968.

La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead) est un film d’horreur américain réalisé en 1968 par George A. Romero qui est le premier volet de la Saga des Zombies. Le film fera date pour deux raisons. La première réside dans le fait que l’acteur principal Duane Jones est noir, à une époque où l’Amérique sort à peine de la ségrégation (le 13 juin 1963). La seconde tient à la représentation inédite des monstres : des morts-vivants sans conscience et avides de chair humaine. Le phénomène est tel que le zombie représentera dorénavant une nouvelle identité du bestiaire des monstres, aux côtés des vampires, loups-garous ou autres fantômes.

Cependant, il n’y a guère de parenté entre les zombies cannibales de George Romero et les zombies esclaves du folklore vaudou. En revanche, ceux du cinéma gore présentent une véritable ressemblance avec les morts-vivants décharnés et putréfiés qu’affectionna l’art macabre occidental du XIVe siècle au XVIe siècle.

Évolution et modernisation de la représentation du zombie

Comme tout phénomène culturel populaire, cette figure horrifique a commencé à être utilisée bien trop souvent, faisant d’elle un stéréotype grotesque et presque dénué d’enjeu dramatique.

Mais en 1996, la sortie du slasher Scream de Wes Craven change la donne. Le film renverse les codes de l’horreur et bouscule les attentes du spectateur, mettant au jour les mécanismes des films d’horreur, qui au fil des années étaient devenus de véritables clichés. La figure du zombie devra attendre 3 ans et l’année 2002 avec le film 28 jours plus tard de Danny Boyle pour se voir dépoussiérée, même si le film ne parle pas véritablement de zombie mais plutôt d’humains infectés.

Auparavant lents et désorganisés, les zombies peuvent dorénavant courir, s’organiser, être dotés de conscience (Warm Bodies), de mémoire (I zombie) et même de la capacité d’aimer. À l’exact opposé de cette nouvelle menace, dans une œuvre comme The walking dead, le principal danger ne vient pas des morts-vivants mais des humains.

Aujourd’hui, la notion de zombie s’est élargie et se rapproche de celle, plus globale, de morts-vivants. Au départ issu du folklore haïtien, cette créature s’est intégrée à la pop culture moderne, devenant une figure de l’horreur à la fois métaphorique et politique.

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Cillian Murphy dans les rues désertes de Londres. « 28 jours plus tard » de Danny Boyle, 2002

Sources :

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