Sorti en 2023, le jeu narratif Goodbye Volcano High avait fait parler de lui dès ses premiers trailers, malheureusement pris d’assaut par les trolls les plus féroces d’internet. L’histoire met en scène des dinosaures anthropomorphes durant leur dernière année de lycée, alors qu’ils apprennent qu’un astéroïde va frapper la terre. Malgré une esthétique léchée et des thèmes forts, on ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu avoir un impact plus fort émotionnellement et narrativement.
À la découverte de soi
C’est l’apanage de tout récit sur des lycéens de dernière année : les personnages sont en pleine crise existentielle. Que faire l’année prochaine ? À quel point ça va définir ma vie ? Et puis, je suis qui moi au final ? Tous nos personnages se cherchent à travers l’image d’un futur eux. Fang, le personnage qu’on contrôle tout au long de nos presque 10 heures de jeu se pose ces questions. On tient à préciser que nos recherches indiquaient que le jeu durait à peu près 6 heures, donc on suppose que la durée peut varier.
Fang a récemment changé de style, tout en faisant son coming-out non binaire. Iel rêve de faire le tour du monde avec son groupe de musique composé de ses deux meilleurs amis.
Il est important de préciser que c’est un jeu narratif certes, mais dont nos choix influencent la vie de Fang, ses relations, et le contenu qu’on acquiert (photos, souvenirs.) On affine son développement et quelque part, un peu ceux des autres aussi.Goodbye Volcano High est de ces jeux à choix dont nos décisions n’ont pas de véritables influences sur l’histoire mais plus sur le parcours. Ici, l’important c’est la chute et pas l’atterrissage. En même temps, on n’est pas dans un récit de super-héros où on peut changer le cours des choses. Parce que la fin du monde approche et est inévitable, et que c’est un parcours initiatique.

On a évidemment le thème de l’acceptation, que ce soit de sa personne ou de ce que la vie nous envoie en pleine face. Le coming of age adolescent est revisité de manière intéressante puisqu’il est confronté à la fatalité. On évolue mais sans finalité, sans avenir. On se construit dans l’instant T mais on n’a pas le temps d’aller au bout de sa maturation. Chaque personnage a sa propre réaction à cet astéroïde imminent. Beaucoup cherchent toujours des facultés dans lesquels étudier, espèrent… D’autres plongent dans un vide existentiel.
Et nous, en tant que Fang, on navigue entre nos sentiments contradictoires. Les bulles de choix sont parfois animées pour représenter ses sentiments. On peut choisir de laisser son impulsivité parler ou une route plus mature et pondérée, dans le contrôle des émotions. Parfois, Goodbye Volcano High ne nous laisse pas le choix et ses sentiments prennent le dessus. C’est particulièrement frustrant en tant que joueur dans un jeu à choix, mais on comprend l’intérêt narratif.
Tous les personnages sont attachants, même si certains sont agaçants. Les dialogues sont un peu clichés, ce sont des dialogues soit rigolo « regardez comme je suis original » (on pense à Trish) soit des réflexions profondes de comptoir. Ce sont des adolescents après tout. Mais certains moments nous frappent en plein cœur, des mots nous touchent et on écarquille soudainement les yeux. Malheureusement, ils restent trop rares.
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En fait, le postulat de base et les thèmes qui en découlent sont brillants. Mais on traine avec des dialogues mièvres qui n’évoquent que très peu l’urgence de la situation et les sentiments que ça leur procure. On n’y arrive qu’à la fin, et encore c’est léger. Seul le personnage de Reed souligne tout ça, avec une métaphore très jolie qui reprend l’idée que les dinosaures éteints sont nos étoiles d’aujourd’hui. Personnage le mieux développé d’ailleurs.
La narration traine et s’attarde sur des séquences peu importantes. On ne demande pas une panique générale et un récit centré sur la fin du monde, loin de là, juste un rythme moins lent, chronophage et mieux ajusté. Ce qui est frustrant avec Goodbye Volcano High, c’est qu’à chaque fois on sent que ça pourrait aller plus loin mais que ça reste en surface. On a une jeunesse engagée, créative, qui a de la personnalité… Mais on ne les exploite pas correctement malgré des aspects intéressants.
Un jeu narratif qui touche presque au film
On n’a pas un gameplay très engageant dans Goodbye Volcano High. C’est du dialogue qu’on ne choisit pas tant que ça, des décisions qui ouvrent des chemins mais pas beaucoup, et des QTE de musique qui ne sont pas très logiques et qui déconcentrent de la séquence plutôt que de la mettre en valeur. Le jeu à choix est un spectre, et il est tout à fait acceptable qu’on soit face à un film interactif avec peu de gameplay.
L’esthétique est plaisante, la colorimétrie est belle, le character design est super… Mais encore une fois, c’est une jolie couverture et quand on ouvre la boite il n’y a pas grand chose. Le rythme est le gros problème du jeu. À certains moments, on se sentait juste à côté de la plaque. Pourtant on aimait Fang et les autres, mais on voulait les voir faire autre chose que trainasser.
La force de ce jeu cependant est les personnages, tous archétypaux au possible au départ mais extrêmement touchants. Si le gameplay réussit quelque chose, c’est bien la sensation de tisser un lien avec eux. Et c’est une manière intéressante d’aborder le jeu à choix. Le sous-genre se cherche constamment et se renouvelle de partout. On salue ce système qui ne nous a jamais paru incohérent.

Goodbye Volcano High propose également des sessions de jeu de rôle, qui sont les meilleurs moments de gameplay, et même du jeu en fait. L’écriture est soignée, les mondes merveilleux sont au rendez-vous, les personnages sont drôles, et le sentiment de fatalité est présent. Le gameplay consiste toujours à faire des choix mais ils sont plus vifs et stratégiques, évidemment, avec des attaques et des sorts. On se réjouissait de chaque session.
Goodbye Volcano High est également morcelé en épisode, mais on n’en a aucune indication, si ce n’est les trophées. C’est assez indigeste, il aurait fallu des transitions.
Goodbye Volcano High part d’une bonne intention, mais son exécution technique est assez maladroite. Si on n’a rien à redire sur l’animation en elle-même, le rythme et la majorité du gameplay sont assez frustrants. On s’attache tout de même à ces adolescents condamnés qui sont de beaux personnages. Ils auraient mérité une histoire plus structurée. Les thèmes écologiques et sociaux sont importants, on ne dit pas le contraire et ce genre d’histoires sont nécessaires. Mais oui, ces thèmes, cette idée brillante et ces personnages auraient mérité plus de structure. L’aventure vaut quand même le coup et le jeu est soldé à 12 euros sur le Playstation Store jusqu’au 8 janvier. À vous de modeler l’histoire de Fang et ses camarades.
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