Ennio Morricone, « Le Professionnel » de la musique au cinéma

Ennio Morricone, « Le Professionnel » de la musique au cinéma

Véritable légende du cinéma, Ennio Morricone a vécu une carrière bien remplie, avec plus de 500 compositions pour le grand écran. Retour sur son impressionnante carrière faite de sons et d’images.

La jeunesse d’Ennio Morricone 

Le 6 juillet 2020, Ennio Morricone nous quittait à l’âge de 91 ans. Il est actuellement considéré par beaucoup comme le plus grand compositeur de l’histoire du cinéma.

Né le 10 novembre 1928 à Rome, Ennio Morricone vient d’une famille italienne modeste. À l’âge de 8 ans, et alors que le jeune Ennio souhaite devenir médecin plus tard, son père exige qu’il joue de la trompette. La trompette était en effet l’instrument de prédilection de son père. Il est pourtant assez rare de voir une famille préférer une carrière artistique pour leur enfant.

Ennio, sans grande appétence pour la trompette, obtient un diplôme dans le domaine de la musique. Ce diplôme, il l’obtiendra à l’Académie de Musique Sainte-Cécile à Rome. Inventif, il a une prédilection pour la musique expérimentale. Il passe par la télévision publique italienne (RAI). Ce sont ses compositions pour des chansons de variété qui l’ont fait remarquer…

Sergio Leone et le western

Sergio Leone remarque l’une des compositions de Morricone. Il fait donc appel au jeune Italien pour la musique de Pour une poignée de dollars en 1964, son deuxième film. Un véritable succès avec Clint Eastwood, qui codifiera par la suite le genre du western spaghetti.

D’abord désarçonné par les propositions d’Ennio Morricone, Sergio Leone n’y croit pas. Mais au vu du succès de sa musique auprès du public, le réalisateur l’appellera très souvent pour ses films. Et cela jusqu’à son dernier en 1984 : Il était une fois en Amérique.

Bande originale du film Le bon, la brute et le truand

L’une des bandes originales les plus connues du cinéma, c’est bien celle de Le Bon, la brute et le truand. Cette musique de l’Italien sera la première à toucher un très large public. Comment oublier ce cri de coyote, emblématique du film ! Deux ans plus tard, en 1968, il signera L’homme à l’harmonica pour Il était une fois dans l’Ouest.

« Beaucoup de gens pensent que ce que j’ai composé pour Leone est ce que j’ai fait de mieux. C’est là où l’on mesure que l’utilisation de la musique et son mixage sont presque aussi importants que l’écriture elle-même. Ce n’est pas forcément ce que j’ai écrit de mieux, mais c’est l’un des cinéastes qui a le mieux compris ma musique, qui a su lui laisser prendre le relais voire les devants sur les autres éléments de la bande-son. » – Ennio Morricone dans le livre « Ma musique, ma vie »

Leone/Morricone, c’est d’abord une véritable alchimie. Sur quelques-uns de ses films comme Le bon, la brute et le truand, le réalisateur découpait son film et pensait les mouvements des caméras selon la musique de Morricone. L’Italien écrivait sa musique avant que le film ne soit tourné.

Le phénomène Ennio Morricone

Sa patte, elle est très marquée. L’Italien adorait utiliser des sons ou des instruments inattendus. Il utilisait alors des sifflements, des coups de fouet, des onomatopées ou encore des cloches pour parfaire ses compositions. Il faisait de la musique pour l’image.

Travailleur acharné, il pouvait en une année composer pour plus de 12 films. À ce point-là, c’est du sport de haut niveau ! Le compositeur se réveillait à 5h30 et écrivait ses musiques après sa petite séance de gym. Ce dernier vivait reclus, travaillant toute la journée.

Pendant un temps, le compositeur était catégorisé dans la musique de western. Cependant, cela ne lui plaisait pas, il voulait explorer d’autres genres du cinéma. Et cela se fera ! À la fin de sa carrière, il aura composé pour tous les genres de films : le fantastique, le thriller, la romance… Et cela aux États-Unis, en Italie, et même en France, avec Le Professionnel ou Le clan des Siciliens.

Bande originale du film Le Professionnel

Morricone aurait même pu faire la musique d’Orange mécanique si Leone ne lui avait pas mis des bâtons dans les roues. Stanley Kubrick et Morricone se mettent d’accord, le compositeur va composer pour la première fois de sa carrière pour le réalisateur. Kubrick appelle Leone pour lui dire que Morricone va composer pour lui. Piqué par cela, Leone dit à l’autre réalisateur que c’est impossible, car l’Italien doit finir de mixer la musique d’Il était une fois la révolution. Kubrick engagera par la suite Wendy Carlos, ne donnant aucune nouvelle au compositeur.

Au final, Ennio Morricone, ce sont très exactement 523 bandes originales de films et 70 millions de disques vendus. Il signera sa dernière composition en 2016, pour le film La corrispondenza. Dans le documentaire Ennio, de nombreuses personnes, comme Marco Bellochio, Clint Easwood ou encore Quentin Tarantino, rendent hommage à ce phénomène de la musique au cinéma.

 

Sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *