« Justice League Unlimited » tome 4 : DC, rassemblement [critique]

La Justice League Unlimited revient en cette fin d’année avec le quatrième tome édité par Urban Comics. Est-ce que le concept voulu par Mark Waid dans le premier tome redevient tout le centre de l’attention ? Ou bien la série reste-t-elle empêtrée par son statut de récit annexe ?

Retour dans le passé…

Le précédent tome se terminait abruptement. En annonçant que la suite de ses aventures se placerait au sein de la série DC K.O., une frustration se dégageait alors face à cette mise au second plan de la Justice League Unlimited. Le rapide résumé des évènements dans l’introduction de l’ouvrage n’y changera rien.

On salue l’effort de résumer efficacement les différentes péripéties qui englobent les numéros que nous allons lire, mais une confusion et un détachement se créent indubitablement lorsqu’on ne suit pas l’entièreté des séries. Peu importe, on finit par se dire que cela était un choix tacite passé avec une série qui ne comptait pas rester dans sa propre bulle. Il n’y a plus qu’à se focaliser sur l’aventure que cherche à raconter Mark Waid avec Dan Mora au dessin.

On peut dire que cette première partie de ce quatrième tome envoie du lourd avec une Justice League formée par Mr Terrific et essentiellement constituée de membres faisant référence au passé de l’éditeur. Le Batman du futur, l’Aquaman des années 90 ou encore la Owlwoman de l’évènement DC One Million, Mark Waid pioche allègrement dans le catalogue de DC avec un plaisir certain.

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Le destin réservé à l’équipe est également surprenant malgré cette intrigue en accélérée qui n’aura jamais le temps de respirer. Toutefois, cela fonctionne plutôt bien avec en toile de fond l’apocalypse qui se déroule durant ce tournoi aux proportions gargantuesques et détruisant peu à peu toute la planète.

La Justice League Unlimited ainsi que cette équipe miniature se retrouvent embarquées dans une spirale infernale et sombre accentuée par la colorimétrie des planches de Dan Mora. On retrouve ainsi toute la maîtrise du scénariste quant à faire monter la tension et l’urgence de son récit.

… et le regard tourné vers l’avenir

Après un court résumé de l’évènement DC K.O., la deuxième partie de l’album commence et rebat totalement les cartes. Le concept de Justice League Unlimited change drastiquement car les membres de l’équipe décident d’accueillir des vilains sous fond d’amnistie pour contrer une menace qui s’annonce comme cataclysmique.

Mark Waid en profite pour renforcer les liens tendus déjà existants au sein de cette Ligue balbutiante mais déjà malmenée. C’est forcément le personnage de Lex Luthor qui prend de l’importance, montrant au passage tout le potentiel de ce vilain qu’arrive à exploiter le scénariste pour approfondir son récit. C’est notamment le duel d’égo entre Batman et Lex qui nourrit une grande partie de ce nouvel arc.

Les prémonitions qu’ont reçu ou non les personnages ayant participé au tournoi deviennent l’élément majeur de la série. Les peurs se font sentir, les alliances inattendues se créent et tout cela amène le concept de base de cette Ligue vers une direction excitante. Malheureusement, le rythme frénétique qu’a mis en place Mark Waid dans le précédent tome est toujours en place et on enchaîne les péripéties à vitesse grand V.

La frénésie du développement

L’expérience narrative de l’auteur dans ce genre d’exercice est toujours présente. Il n’empêche que l’on regrette de ne pas voir une suite de numéros qui prend vraiment le temps de faire interagir les membres de cette nouvelle équipe. Parce que les promesses sont bien là. C’est peut-être ce défaut majeur qui commence à devenir trop apparent dans Justice League Unlimited.

Ce qui fait la force d’un récit tel que Justice League of America : La Tour de Babel, écrit par le même scénariste, c’est que cette histoire s’inscrit au sein d’une plus grande. Il développait ce qui avait été mis en avant dans les différentes séries respectives des super-héros de l’équipe d’alors tout en y racontant une histoire auto-contenue.

Il est dur de retrouver ce même genre de récit dans la série actuelle. Le tout est certes divertissant et même très prenant quand une idée se précise, mais elle n’a jamais le temps de se développer convenablement.

C’est pourtant ce petit élément qui inscrit une série dans le temps et marque les esprits. Peut-être que l’on demande trop à une série dont l’introduction était déjà inscrite au sein d’une histoire plus importante qu’elle et l’accepter ou non comme elle l’est.

Ce dernier tome actuel de Justice League Unlimited entreprend la même direction que celle des derniers tomes : une plongée dans l’histoire de DC avec une équipe XXL tout en se reliant avec les évènements majeurs de l’éditeur. Le divertissement est là et la conclusion de chaque tome offre ce qu’il faut pour nous donner envie de lire la suite. C’est déjà ça.

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