Mézières, un dessinateur qui rêvait d’être cowboy

Jean-Claude Mézières est connu du grand public comme le père de Valerian et Laureline, agents spatio-temporels qui ont fait la fierté de la France. Mais ce féru de BD n’avait pas qu’un seul amour dans sa vie. Retour sur son parcours.

Les premiers pas du dessinateur

Jean-Claude Mézières né le 23 septembre 1938 à Paris et y décède le 23 janvier 2022. Sa famille, passionnée d’art graphique, lui transmet le goût du dessin. Jean Claude rencontre Pierre Christin pendant la Seconde Guerre mondiale en se cachant dans une cave commune lors des bombardements. Les deux garçons se lient d’amitié. Jean-Claude découvre la bande dessinée en lisant les magazines de son frère. Il apprend à dessiner en imaginant la suite des histoires de ses héros préférés publiés dans différents magazines de l’époque. En 1953 il envoie des planches à Hergé qui lui conseille de perfectionner son talent, au vu de son jeune âge.

Jean-Claude Mézières
Jean-Claude Mézières

En 1954, Mézières est accepté à l’école des Arts appliqués à l’industrie et au commerce dans la section « tissus et papiers peints ». Il y rencontre Jean Giraud et Patrick Mallet. Un an plus tard il publie sa première bande dessinée, le western « Bill le shériff » qui paraît dans l’hebdomadaire « Cœurs vaillants« . En 1961 il est engagé par « Le Figaro » comme maquettiste et illustrateur sur la collection « Histoire des civilisations » puis en 1963 comme assistant photographe dans le studio de publicité d’un des fils de Jijé.

C’est deux ans après qu’il part aux Etats-Unis pour un an et demi avec un certificat de travail qu’il obtient grâce à Jijé. Il vit dans le Montana et travaille comme garçon de ferme. A Salt Lake City, il recroise la route de son vieil ami Christin et rencontrera sa futur épouse parmi les étudiantes de ce dernier. Christin et Mézières réalisent ensemble plusieurs bandes dessinées, l’un comme auteur et l’autre comme dessinateur. C’est en 1966, après le retour en France de Mézières, que leur troisième collaboration donne naissance à « Valérian«  dont les premières planches paraîtront le 9 novembre 1967 dans le magazine « Pilote«  dirigé par René Goscinny.

Le grand Œuvre 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Mézières ne décide pas de s’orienter vers le western. Trop de projets encombrent le domaine : « Lucky Luke », « Jerry Spring » ou « Blueberry ». A l’époque, la science fiction n’est pas un genre encore surchargé dans le monde de la BD française et le duo peut laisser libre cours à son imagination. Ses héros Valérian et Laureline sont deux agents spatio-temporels qui cassent les codes des super-héros américains. Valérian a des failles plus humaines que certains personnages de la tragédie grecque et Laureline est le premier personnage principal féminin qui n’est pas une « bimbo ». Le style graphique est simple et épuré mais tout de même riche en illustrations. Les thèmes abordés sont novateurs : féminisme, écologie, pacifisme. Le service militaire de Mézières l’a en effet profondément marqué et l’on retrouve ses valeurs dans ses dessins.

Mézières, un dessinateur qui rêvait d'être cowboy

La première apparition de Valérian dans les pages du magazine « Pilote » se fait dans une histoire intitulée « Valérian contre les Mauvais Rêves ». Mézières pose les bases. Récit d’anticipation, le décor prend place en 2720. N’ayant pas de sources graphiques, Mézières pars d’une page blanche et réussi à créer Galaxity, future capitale de la Terre et de son empire galactique. Malgré ses difficultés à retranscrire les scénarios de Christin, il a toujours été fier de laisser parler son imagination. Mézière a donné l’apparence du chanteur Hugues Aufray à son héros mais Laureline, quant à elle, n’est inspirée d’aucune figure féminine particulière à l’exception de ses cheveux longs, comme les portait la femme de Mézières.

Le premier album à paraître est La Cité des eaux mouvantes. Ce sont ensuite 25 albums traduits dans près de 20 langues qui viendront compléter la collection. En 1984, Mézières est élu à l’Académie des grands prix d’Angoulême pour l’entièreté de son œuvre.

Valérian inspira des réalisateurs du 7ème art comme Luc Besson qui en fit le film « Valérian et la cité des mille planètes » mais aussi Georges Lucas pour sa saga « Star Wars » dont les inspirations des vaisseaux spatiaux, des personnages et des costumes sont évidentes bien que celui-ci refuse toujours de l’admettre.

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