« Hope » (2026) : de la surenchère sans subtilité [critique]

Cela faisait dix ans que nous n’avions plus vu Na Hong-jin depuis son saisissant The Strangers. Après une production tumultueuse sous fond de retards covidiens, Hope sort finalement en salles et promet un spectacle saisissant. Est-ce vraiment le cas ?

Synopsis : Dans Hope de Na Hong-jin, un village isolé de Corée du Sud est soudainement menacé par l’apparition d’une mystérieuse créature. Alors que les habitants tentent de survivre sans aide extérieure, la peur, les malentendus et la violence plongent peu à peu la communauté dans un véritable cauchemar aux proportions apocalyptiques.

Hope : Le fond ou la forme

Quand le film de Na Hong-jin s’ouvre, tout semble être dans une certaine torpeur. En plaçant son action au milieu d’un environnement essentiellement plat où les routes rectilignes se croisent et se perdent dans l’horizon, le réalisateur nous présente Hope Harbor : une ville qui paraît sans histoire et qui se situe à la frontière de la zone démilitarisée.

Apparaît un policier semblant sorti d’un autre film et dont son charisme semble être à l’image de sa crédibilité, c’est-à-dire très bas. En découvrant une vache terrassée sur une des routes de la ville, lui et une équipe de chasseurs vont faire face à un élément qu’ils ne pouvaient pas imaginer.

A partir de ce point précis, Hope monte progressivement jusqu’à la quatrième vitesse pour finalement déboucher sur une première course-poursuite haletante et angoissante. A travers la perception des protagonistes, nous poursuivons un personnage qui n’apparaît jamais à l’écran durant toute la durée de cette première séquence.

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Au lieu de ça, nous assistons au désastre laissé par son passage et aux cris de terreur lancés par ceux qui lui font face avant leur dernier souffle. Tout cela éveille une multitude d’interrogations concernant sa véritable nature. On retrouve là toute la maîtrise cinématographique du réalisateur sud-coréen et il nous tient en haleine tout du long jusqu’à la révélation inévitable.

C’est à ce moment-là que la structure du film peine à redémarrer la machine, impeccable jusque-là. La deuxième partie de cette course effrénée ne parvient pas à la relancer convenablement, tombant parfois dans le grotesque et la surenchère.

Il reste malgré tout quelques points positifs, comme la destruction qui s’empare peu à peu des décors jalonnant la route de nos protagonistes ou encore la qualité de son cadrage. Le choix des plans, la position des caméras, la mise en scène impressionnante, nous font littéralement vivre l’action au plus près de cette voiture de police lancée à pleine vitesse.

Une fois cette première partie terminée, le récit se permet de caler quelques éléments scénaristiques, mais la pauvreté de la caractérisation donnera plus l’impression que le film commence à perdre la cadence de son propre rythme.

Des personnages sans structure

On ne soulèvera pas grand-chose de négatif sur l’aspect technique de Hope, au contraire de sa narration. On enchaîne les séquences et un cruel manquant de structure se fait ressentir. Le film préfère miser sur un aspect instantané pour nous tenir happé par le spectacle visuel, sauf que suivre des personnages dont leur caractérisation tiendrait sur un post-it finit par nous désintéresser des choix qu’ils font et de leur sort.

Nous regardons ainsi un enchaînement de scènes se basant soit sur la tension, l’action pure ou soit sur un humour très bas de gamme, voire parfois ringard. On est bien loin de la descente en enfer lente et anxiogène d’un The Strangers.

Na Hong-jin avait clairement d’autres priorités en tête et cela pèse sur la qualité intrinsèque du film. On se demande ce qu’il cherche concrètement à raconter dans cette compilation de plans qu’il voulait absolument tourner mais pour lesquels il a oublié d’y ajouter un véritable liant entre eux.

Plus on avance, plus le scénario s’éparpille. Ce n’est malheureusement pas la dernière partie qui épargnera cette fuite en avant. Le shoot d’adrénaline des débuts ne fonctionne plus et la déception prend une place de plus en plus importante face à la longueur de la course-poursuite finale.

Les notions de distance et de réalisme ne sont jamais respectées et le ridicule s’installe quand on assiste sans réagir au destin réservé à certains personnages. Peut-être faut-il y trouver une ironie et un côté sarcastique de la part du réalisateur de The Chaser ? Peut-être bien mais cela reste difficile de faire fonctionner cette idée quand les bases nécessaires ne sont pas là.

Arrive la toute dernière scène, métaphore parfaite de la goutte de trop. Complètement hors-sujet, le réalisateur tente vainement de nous vendre une hypothétique suite en faisant voler en éclats la cohérence globale de Hope.

On a l’impression d’assister au début d’un autre film qui sera indubitablement coupé par l’arrivée du générique. Ce désarçonnement enterre ainsi les souvenirs d’un début prometteur. Ce que le film laisse derrière lui, ce n’est qu’un profond sentiment de solitude chez un spectateur décontenancé face au texte déroulant final.

Au vu de sa première partie, on ne pouvait qu’apprécier un minimum le dernier film de Na-Hong-jin. Malheureusement, il n’en sera rien. S’embourbant dans la surenchère et le jusqu’au-boutisme parfois navrant, Hope en perd toute la célérité des premiers instants. Il finit par tourner à vide, laissant sur le carreau un spectateur qui n’avait qu’une seule envie : passer de belles retrouvailles.

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Bande-annonce officielle de Hope

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