Le Mandalorien le plus populaire de la plateforme Disney+ débarque au cinéma. L’occasion idéale pour se replonger dans la série qui l’a fait connaître, sobrement intitulée The Mandalorian. Une série qui s’annonçait ambitieuse, mais qui variera en qualité tout le long de ses trois saisons.
Des débuts compliqués
Planète désertique et glaciale. Un Mandalorien débarque dans un bar où la tension se faisait déjà ressentir, mais est décuplée par son arrivée. Personnage énigmatique ne flanchant pas face aux provocations qu’il reçoit, il finit par mettre les bandits à terre avec une méthode drastique. Il se tourne ensuite vers la raison de sa présence et l’embarque pour pouvoir toucher la prime liée à son arrestation.
En quelques minutes, on nous présente ce que les Mandaloriens représentent dans cette galaxie. Froids, calculateurs et ne possédant aucun remord. Le tout accompagné par un thème principal iconique reflétant toutes ces caractéristiques. On salue cette volonté première qui enchaîne ensuite sur une mission qui ne se déroulera pas comme prévu, avec une fin énigmatique où apparaît une espèce ressemblant étrangement à celle du Maître Yoda.

Cette première saison est lancée. Malheureusement, elle n’arrivera pas à garder cette vision durant les sept épisodes qui suivront. Rien que le deuxième épisode décrédibilise tout ce que représentait le personnage principal. On passe quand même d’un tueur implacable à un pauvre chasseur en armure qui se fait victimiser par des Jawas. Peu importe, les prémices avaient du potentiel donc, on s’accroche. Malheureusement, le reste n’arrange rien.
On enchaîne les épisodes sans lien entre eux et qui ne développent rien de réellement concret. La saison possède malgré tout des moments marquants comme toutes les interactions avec l’Armurière qui façonne petit-à-petit l’armure en Beskar du Mando tout en ressortant la doctrine « Telle est la voie. » On sent la grandeur passée de ce peuple et on garde la motivation jusqu’au dernier épisode.

Il faut avoir de la conviction, surtout quand on voit un Mando à deux doigts de retirer son casque face aux premiers venus alors qu’il l’a porté toute sa vie. Il y a un vrai problème de caractérisation tout au long de cette première saison, ce qui nous rend circonspects à chaque fois qu’il veut prendre une décision radicale.
On s’aperçoit également très rapidement que ce Baby Yoda n’est là que pour faire vendre des jouets et ne connaîtra aucun développement durant la saison. Il n’est qu’un simple gimmick comique. Tout cela devient vite frustrant au vu de la qualité artistique et visuelle de la série en devenir. On finit même par attendre patiemment le générique de fin où apparaissent les sublimes concept arts des artistes pour chaque épisode.
Surtout que certains épisodes donnent l’impression d’avoir été fauchés au niveau du budget par rapport à d’autres. L’épisode avec l’équipe de chausseurs de primes devient même risible quand on porte notre attention sur le design de chacun de ses membres.

L’idée de Jon Favreau et de Dave Filoni était de rendre hommage aux serials de la première moitié du XXème siècle. Idée intéressante mais cela dessert l’ensemble de cette saison qui reste bloquée entre le développement d’une intrigue principale et la proposition d’épisodes auto-contenus.
Cela se ressent avec son dernier épisode qui déballe d’un seul coup tout ce que les scénaristes n’ont pas eu la possibilité de montrer durant les épisodes précédents. Cela le transforme en épisode fourre-tout à la cohérence absente avec un méchant qui débarque de nulle part. Première incursion ambitieuse dans le monde des séries, cette première saison rate le coche et ne réussit pas à construire correctement son propre univers.
Passage par le fan service
Un an plus tard, la saison 2 débarque et prend un virage décisif dans l’avenir de la série. Fini l’aspect serial et déconnecté du reste de la licence, The Mandalorian devient l’héritage des créations de Dave Filoni. Les grandes figures des séries The Clone Wars et Rebels apparaissent pour la première fois en chair et en os avec parfois une introduction qui interroge plus qu’autre chose.
On retrouve donc des personnages importants de la saga, comme Bo-Katan Kryze ou encore Ahsoka Tano. Dave Filoni aime ses créations et cela se voit parfois un peu trop. Toutefois, ces apparitions fonctionnent, car on y ressent toute l’affection qu’il a envers eux via la manière dont ils sont transposés.

Cela reste difficile de connecter le tout avec le reste de l’univers quand on constate que les créateurs préfèrent parfois tout balancer sans forcément le faire avec soin. Cette saison 2 est donc littéralement tournée vers le fan service pour titiller les fans déçus de la Postlogie qui venait de s’achever un an auparavant.
Cela se fait au détriment du reste, avec le Mando en tête. Nommé maintenant Din Djarin, il devient peu à peu un personnage secondaire à chaque nouvel épisode. Il faut dire que son intrigue passe au second plan face à tout le mystère entourant celui de Baby Yoda, qui s’appelle dorénavant Grogu.
Tout son lien avec la Force devient de plus en plus intriguant et une des raisons principales de chaque visionnage, ainsi que ses blagues sans profondeur pour ceux qui apprécient ce genre d’humour.

C’est d’autant plus dommage quand on voit que les personnages qui sont introduits dans cette série, à l’image de Greef Karga ou de Cobb Vanth, ont assez de charisme pour qu’on s’y intéresse. Malheureusement, ils sont obscurcis par l’aura des personnages cultes de la saga. Comment faire ça à un personnage tel que Boba Fett ?
Le concernant, son retour est quelque peu raté. Temuera Morrison a connu le poids des années et les séquences d’action sont plus ringardes qu’iconiques. Surtout que cela fait de la concurrence à Din Djarin, Mandalorien lui aussi, qui a déjà bien du mal à rester la vedette principale de sa propre série.

Le dernier épisode représente même toute la vision que l’on a de cette nouvelle saison. Toujours réussie visuellement, même si le Stagecraft commence à montrer ses limites, toute l’idée principale de la série se résume à faire revenir des personnages iconiques de la saga pour pallier une intrigue principale qui stagne fortement.
Une conclusion sans souffle
Avant de s’intéresser à cette troisième et dernière saison, revenons sur le ratage que fut Le Livre de Boba Fett. Annoncée en grande pompe à la fin de la saison 2, révélant à demi-mot que The Mandalorian devenait un simple tremplin pour annoncer le retour de Boba Fett sur le petit écran, cette nouvelle série est devenu la risée des productions Star Wars.
Rien que la course-poursuite sur Mos Espa révèle l’ampleur du désastre. Mais l’ultime affront se trouve dans le chapitre 5 qui se consacre intégralement aux aventures de Din Djarin. On parle quand même d’une série dont les chapitres constituent le livre de Boba Fett.
On fait ainsi face à une série mercantile qui oblige le public de The Mandalorian à la regarder pour savoir ce que Din Djarin fait à ce moment-là, surtout que cela modifie une grande partie du final de la saison 2.

Ce sont aussi les premiers signes montrant que la série commence à tourner en rond et cette saison 3 le confirmera malgré elle. Il est difficile de se rappeler concrètement ce qui se passe dans cette dernière partie, tant l’ensemble est lisse et sans réelle profondeur.
Dave Filoni en profite pour remettre en avant toute la symbolique du Sabre noir, déjà aperçu en possession de Moff Gideon avant que Din Djarin le récupère. Moff Gideon, méchant principal de la série, n’a pour l’instant jamais brillé dans les saisons précédentes malgré le charisme de son interprète Giancarlo Esposito et n’aura pas non plus l’opportunité de le faire ici.

Ses différentes apparitions n’apportent rien de concret et le personnage se transforme en simple vecteur d’un Empire plus charismatique que lui. Il ne réussit jamais à s’imposer en tant que grand méchant, préférant déblatérer au lieu d’agir.
L’intrigue de cette saison 3 tourne autour du retour sur la planète Mandalore de son peuple dirigé par le futur possesseur du Sabre noir. C’est aussi simple que ça. On suit donc ce périple avec un passage par la planète Plazir-15, l’occasion de voir Jack Black faire du Jack Black.

Episode totalement à part du reste, on restera de marbre tout le long du visionnage face à une sous-intrigue qui part littéralement dans tous les sens pour finalement nous ramener sur l’intrigue principale.
Cette troisième saison offrira un épisode final à la résolution qui ne provoque aucune réelle satisfaction. On a vite l’impression que tout le potentiel scénaristique a été gâché ou n’a jamais été pensé sur le long terme. Tout le mystère tournant autour de Grogu n’apporte aucune once de réponse et Din Djarin est devenu le personnage secondaire de sa propre série avec une caractérisation en dents de scie. C’est ainsi que s’achève cette troisième et dernière saison.
Les premières minutes de The Mandalorian promettaient beaucoup de choses. Finalement, ces promesses ne seront jamais abouties. La série reste divertissante par moment mais est globalement frustrante avec un désintérêt croissant durant le visionnage de ces trois saisons. C’est peut-être pour cela que le prochain film inspiré de la série ne semble pas éveiller les foules, la faute aussi à une promotion au suivi très irrégulier. Cette nouvelle aventure ne part pas sous les meilleurs auspices dans le cadre du grand retour de la saga au cinéma.
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