La saison 4 d’Invincible s’est récemment terminée. Si la série divise sur certains aspects du côté des fans, elle n’en reste pas moins extrêmement populaire et appréciée. On y retrouve un Mark Grayson abîmé après l’Invincible War qui tente de lutter entre son identité de super-héros, d’humain et Viltrumite.
Une histoire intéressante
Invincible a pour grand thème la quête d’identité, et Mark le représente parfaitement. C’est le héros au bon cœur qui en a trop vu et qui a été forcé à faire des choses qui le hantent. La fin de la saison 2, lorsqu’il ne peut plus s’arrêter de tabasser Angstrom Levy jusqu’à finir dans une immense mare de sang, a été un point pivot et le développement de Mark a pris un chemin ce jour-là. Il est le miroir de son père, lui-même torturé par ces questions.

Nolan est cependant plutôt motivé par le regret et un chamboulement d’identité plus qu’une construction de base de celle-ci. C’est le personnage le mieux développé de cette saison, qui montre une palette complexe d’émotions. Mark est ainsi constamment comparé à des figures d’autorité qui représentent ce qu’il aurait pu devenir. Si la saison précédente c’était littéralement des variants de lui venus du multivers, cette fois ce sont des Viltrumites. Il y a son père, mais il y a aussi Conquest qui fait un retour express mais marquant et surtout Thragg.
Thragg est le nouveau grand méchant d’Invincible. Grand régent de Viltrum, il nous permet d’en découvrir plus sur l’histoire tragique du peuple. Il fait grande impression, c’est un personnage charismatique qui représente toute une race en voie d’extinction. On fait donc de nouveau face à une guerre, avec une équipe formée pour détruire ces derniers Vitrumites. On retrouve un Allen, l’Alien toujours aussi cool par exemple ou découvre pleinement un Space Racer qui en jette et une Tech Jacket attachante.

La saison a un rythme très inégal, problème déjà présent en saison 3. On a un peu l’impression d’avoir de grands moments magistraux, mais aussi des sortes de pauses mal maîtrisées, comme si la série voulait jouer sur l’adrénaline du spectateur. Et ça marche bien évidemment parce que quand Invincible a un très bon épisode elle n’y va pas de main morte. On passe du moyen à l’exceptionnel de manière un peu maladroite, et même si la trame est bonne c’est dommage.
En fait, la série a toujours eu une trame assez classique et parfois bordélique, et repose plus sur son développement de personnages, qui jusqu’ici a été très bien exécuté. C’est la force de son écriture et ça le restera sûrement vu le chemin que Mark prend en début de saison. On explore la santé mentale d’un jeune héros, allant jusqu’au stress post traumatique, et c’est très pertinent.
Cette saison 4 reste tout de même un bon moment et finit sur une note intelligente et pertinente. Non pas que la série ne l’est pas, elle peine juste à adapter le format comics malgré que son créateur chapote l’écriture. A cela s’ajoute les dynamiques de pouvoirs des héros, la grande critique justifiée faite à la série. Mais la suspension d’incrédulité peut passer sur ce coup là.

Une mise en scène inégale
La mise en scène va, comme dans toute fiction, de paire avec l’écriture. Et c’est elle avant tout qui donne ce rythme inégal à la série, qui a clairement perdu de sa superbe de ce point de vue là. D’un épisode à l’autre, ça peut être totalement inégal. Si l’épisode 6 a un rythme bizarre et un training montage mou du genou, l’épisode 7 est une leçon de mise en scène avec une séquence musicale exceptionnelle.
On enchaine donc des moments moyens avec des séquences qui choquent avec intelligence. On peut accorder cela à Invincible : elle repose sur des grands moments mais pas sur le shock value, l’idée qu’on ne provoque des sensations que par le choc.
On a du reste un aspect assez répétitif même sur des moments intéressants. Les hallucinations de Mark dans le dernier épisode sont pertinentes, la première est poignante, mais elles deviennent longues et répétitives. C’est dommage pour un sujet si important. On a aussi d’une saison à l’autre les mêmes plans exacts dans les mêmes genres de moments.

On pense surtout à la plongée/contre-plongée dans les combats où un adversaire tabasse l’autre. Ca arrive chaque saison avec le même angle et en interchangeant juste les personnages. Alors que ce sont des moments exceptionnels, ça tâche un peu le tableau. On ne rattrapera jamais sa première utilisation à la fin de la saison 1.
Ce qui manque à Invincible c’est une gestion globale et cohérente de la chose. Si au début de la série on avait un sens plus travaillé de la colorimétrie par exemple, il n’en reste que peu. On a quand même quelques plans très jolis. Le problème c’est surtout le potentiel monstrueux de la série. On est devant une belle œuvre qu’on apprécie regarder et qu’on appréciera sûrement encore des années mais elle n’est pas à son plein potentiel et ça se ressent.
Un Invincible avec une animation qui a plus de temps pour peaufiner ses visuels, ce serait merveilleux. Mais 8 épisodes animés de 40 minutes tous les ans, c’est beaucoup pour un studio d’animation, et c’est tout à fait normal.
Invincible est une bonne série qui mérite qu’on lui accorde plus de soin. Ses personnages sont fascinants, on a de vrais moments qu’on n’oubliera pas, mais le tout est un peu déconstruit. Si on a de l’espoir pour l’avenir, on espère surtout que les animateurs pourront ralentir le rythme.
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