Visionné en décalage de sa sortie au cinéma à l’occasion du Festival de Cannes 2026, La Maison Des Femmes témoigne du combat quotidien que doivent gérer ces femmes, non pas en les positionnant comme de simples victimes, mais en montrant leur force psychologique et physique.
Un scénario bouleversant
La Maison Des Femmes est un premier long-métrage de Mélisa Godet, une scénariste certifiée et une réalisatrice en pleine ascension. Elle choisit d’aborder un des sujets les plus délicats de la société mais qui est, du moins, vital et véridique. Le film s’inscrit dans un mouvement réaliste, type documentaire, semblable à certaines œuvres déjà appréciées du cinéma français comme Polisse de Maïwenn, sorti en 2011.

On intègre La Maison Des Femmes de la ville de Saint-Denis, située en banlieue parisienne, dans le département du 93. L’équipe est composée de plusieurs personnes dont Diane (Karin Viard), Manon (Laeticia Dosch), Awa (Eye Haïdara), Inès (Oulaya Amamra) et leurs autres collègues indispensables au bien-être et à la reconstruction des patientes. Entre vie professionnelle et vie personnelle, ils se retrouvent à devoir gérer plusieurs problèmes éprouvants, dont le principal concerne la reconnaissance de leur lieu de travail aux yeux de l’Etat et de la société en général.
Egalement, à côté de cela, on suit l’histoire de plusieurs femmes victimes de violences conjugales, psychologiques et physiques dans lesquelles les émotions sont au rendez-vous. C’est les actrices principales de ce film et autour d’elles se trouvent un personnel médical à l’écoute et attentif face à leurs histoires.
Un film qui mélange fiction et documentaire
C’est un long-métrage qui prend une tournure assez documentaire tout en gardant le côté fictionnel. Niveau mise en scène, on est spectateur des témoignages poignants de ces patientes abîmées par leurs expériences de vie. On a l’impression d’être en immersion et de partager ce moment avec elles. Un regard audiovisuel construit sur des contre-champs, des gros plans et une caméra subjective. On se met donc à leur place et ressent leurs émotions tout en éprouvant de l’empathie pour elles.
Côté fiction, on garde tout de même le rythme d’un film social avec des instants à part dans lesquels on nous partage la vie privée de certains personnages dont Manon et Inès. Ce sont des séquences importantes car on arrive à garder le fil de l’histoire et puis, surtout, de se familiariser avec ces personnages en comprenant les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien.

Dans ce type de film qui ne cherche pas la performance cinématographique mais qui mise sur des situations naturelles, le jeu d’acteur est dirigé de manière à repousser ses retranchements et à se confronter à la réalité des faits. C’est le cas du jeu d’Oulaya Amamra qui est magistrale dans le rôle d’Inès en faisant preuve d’une grande sincérité émotionnelle. Mais de même pour tous les autres actrices/acteurs qui sont d’une justesse sans nom.
De plus, le sujet abordé touche à sensibiliser et à informer le public de l’existence de ce réseau d’aide aux violences faites aux femmes. Il y a une dimension militante et révolutionnaire. On pense évidemment à la séquence de fin où on est au cœur d’une manifestation qui revendique la liberté d’expression face à ces sujets-là et dans laquelle l’ambiance sonore et visuelle permet d’immobiliser le moment.
Point info sur La Maison Des Femmes
La Maison des femmes de Saint-Denis est un lieu unique et innovant de prise en charge des femmes en difficulté ou victimes de violences. Elle intervient aussi dans les domaines de la prévention, de l’éducation et de la santé publique. Son objectif est d’apporter une aide concrète et complète aux femmes en difficulté en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise, les Hauts-de-Seine et à Paris.
Elle compte trois unités de soin spécialisées :
- Le centre de planification familiale.
- L’unité Mutilations sexuelles féminines.
- L’unité Violences conjugales, intrafamiliales, sexuelles et sexistes.

La Maison des femmes de Saint-Denis, c’est d’abord la réponse à un constat accablant : en France, chaque année, 93 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol et 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales.
La Maison des femmes, c’est une unité du Centre Hospitalier de Saint-Denis, une structure médico-sociale où des soignants et des acteurs du monde de la police, de la justice et du droit, mais aussi des thérapeutes, des artistes et des sportifs, coopèrent pour accompagner les patientes vers la guérison et l’autonomie.
Enfin, La Maison des femmes, c’est entre 50 et 80 femmes qui passent chaque jour la porte de notre centre pour recevoir une aide et se reconstruire, tant physiquement que psychologiquement.
La Maison Des Femmes n’est pas un film de grand cinéma, mais c’est un film qui pousse son public à regarder, réfléchir, questionner puis, potentiellement agir. C’est un cinéma vérité avec un aspect documentaire qui appuie davantage sur la réalité de l’histoire. Je vous conseille vivement de le voir, il est sorti le 4 mars 2026 au cinéma mais il reste la possibilité de le visionner en salles dans certains cinémas !
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