« Il pleut dans la maison » : un film saisissant mais au rythme aléatoire (CEFF 2023)

Le Champs-Élysées Film Festival 2023 continue sa course, cette fois-ci avec le film indépendant français Il pleut dans la Maison. Un long-métrage puissant et qui ne manque pas de qualités, mais régulièrement desservi par son rythme. 

Synopsis : Purdey, dix-sept ans, et son petit frère Makenzy, quinze ans, se retrouvent livrés à eux-mêmes durant la période estivale. Sous un climat caniculaire, la fratrie tente de se débrouiller seule. Purdey travaille dur en faisant des ménages tandis que Makenzy se fait de l’argent facile en volant des vélos…

Un film d’un réalisme saisissant

Ce qui frappe d’emblée avec Il pleut dans la maison, c’est à quel point il parvient à nous immerger dans son univers. Que ce soit par sa réalisation très naturaliste, ses comédien.ne.s très libres ou la gestion du son, tout est fait pour nous immerger au plus proche des personnages. Un aspect renforcé par la très bonne performance de ses deux acteurs principaux. Il faut dire que les protagonistes, interprétés par Purdey Lombet et Makenzy Lombet sont réellement frères et sœurs. Un détail qui fait toute la différence dans leurs interactions.

On notera également un très beau travail sur la photographie. Celle-ci alterne notamment entre les plans en extérieurs, très larges et laissant entrevoir la beauté du décor, avec les scènes d’intérieur, ou l’on est plus proches que jamais de nos protagonistes. Il pleut dans la maison est ainsi un film profondément humain, qui nous plonge au cœur de classes sociales défavorisées, sans jamais jeter un regard misérabiliste sur la situation. En résulte une œuvre d’un incroyable réalisme, à laquelle on peut aisément s’identifier.

Un rythme aléatoire

Si la réalisation du film est exemplaire, ce dernier souffre d’un rythme très aléatoire, pouvant perdre le spectateur. Cela résulte de deux aspects principaux de l’écriture :

  1. L’improvisation : en effet, la réalisatrice Paloma Sermon-Daï n’a pas caché à quel point l’improvisation avait été un élément important du travail sur le film. Si cela renforce le réalisme, cela a un impact certain sur certains dialogues et dans le rythme global.
  2. Le développement des personnages : le risque quand on filme le quotidien de façon aussi réaliste, c’est de délaisser le développement psychologique des personnages. Un fait qui se ressent par moments, notamment chez le personnage de Makenzie, ou bien dans le développement de la relation frère/sœur. Certes, leurs tournoiements psychologiques sont toujours admirablement retranscrits, aussi bien grâce à la mise en scène qu’aux comédiens. Mais certaines thématiques auraient mérité un développement plus poussé. On pense notamment aux aspirations de la fratrie, ou bien de leur relation conflictuelle avec leur mère. En bref, beaucoup d’excellentes idées qu’on aurait aimé voir un peu plus développées.

Il pleut dans la maison s’impose donc comme un film puissant et très bien mis en scène, mais où le rythme fait parfois défaut. Il n’en demeure pas moins une fable sociale intéressante à découvrir, portée par deux jeunes talents inconnus. Un film qui n’a pas démérité son Prix French Touch du jury lors du Festival de Cannes 2023.

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