Des implants cérébraux ont aidé ces patients à se rétablir, après un grave traumatisme crânien

Des implants cérébraux ont aidé ces patients à se rétablir, après un grave traumatisme crânien

Des électrodes placées dans le cerveau de cinq personnes ayant subi des blessures traumatiques ont amélioré leurs performances aux tests d’attention et de mémoire. C’est en tout cas ce qu’affirme cette étude publiée dans le journal Nature Medicine, concernant l’utilisation d’implants cérébraux. Un véritable petit exploit, qui suscite de l’espoir pour l’avenir de la neurochirurgie. 

La technique est connue sous le nom de « deep brain stimulation » (DBS), ce qui signifie « stimulation cérébrale profonde ». Et les essais récents ont amélioré la cognition chez les personnes souffrant de traumatismes crâniens. C’est en tout cas ce qu’a révélé un essai clinique à petite échelle.

Les implants cérébraux : l’avenir de la neurochirurgie ? 

Les données de l’essai, publiées dans Nature Medicine le 4 décembre 2023, démontrent que cinq participants ont constaté une amélioration de 15 à 52 % de leur vitesse de traitement lors d’un test cognitif, seulement trois mois après avoir évalué leurs performances avant les implants DBS.

« Pour certains participants, les améliorations ont été transformatrices, même plusieurs années après la blessure »

Jaimie Henderson, neurochirurgien à l’Université de Stanford en Californie, co-auteur de l’étude.

Les traumatismes crâniens moyens ou graves provoquent généralement la mort de neurones, ainsi que la déconnexion des circuits cérébraux. Il n’est donc pas rare que ces traumatismes entraînent des difficultés cognitives sur le long terme. Et malheureusement, les personnes qui souffrent de ce type de blessure ne peuvent souvent pas reprendre leur vie comme avant. Rien qu’aux Etats-Unis, on dénombre environ 5 millions de personnes dans cette situation cérébrale difficile.

Quels protocoles furent appliqués ? 

Henderson et son équipe ont ainsi travaillé sur les personnes atteintes de traumatismes crâniens moyens ou graves (MSTBI : Moderate and Severe Traumatic Brain Injury). Ils espéraient que l’application d’un courant électrique (une méthode déjà démontrée pour activer et restaurer les connexions entre les neurones endommagés) sur des parties clés du thalamus pourrait conduire à des améliorations du fonctionnement cognitif chez les personnes atteintes de ces traumatismes.

L’équipe de recherche a notamment conçu des approches thérapeutiques personnalisées pour les quatre hommes ainsi que pour la femme participant à l’étude. Chaque participant a ainsi subi une intervention chirurgicale. L’objectif ? Implanter des électrodes sur la région latérale de leur thalamus. Après cette opération, les chercheurs ont passé 14 jours à affiner les paramètres de stimulation pour chaque participant. Suite à ces ajustements, ils utilisèrent les implants pour appliquer un courant électrique à une fréquence de 150 à 185 hertz pendant 12 heures par jour, le tout pendant 3 mois.

À la fin de ce trimestre de tests, les participants ont démontré une amélioration cognitive notable. En effet, l’augmentation moyenne était de 30,7 % dans les exercices, par rapport à leurs performances pré chirurgie. Et ce n’est pas tout, puisque la vitesse de complétion des tests cognitifs s’est quant à elle améliorée de 32 %.

L’équipe espère donc poursuivre ce travail en menant des essais à plus grande échelle. C’est en tout cas ce qu’a expliqué Nicholas Schiff, co-auteur de l’étude et neurologue à l’Université Cornell d’Ithaca (New York). Mais ce n’est pas tout, puisque l’équipe souhaiterait également développer un protocole fiable, afin de former d’autres centres à délivrer le traitement. 

 

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