James Gray est de retour sur le tapis rouge avec son 6ème film en compétition, Paper Tiger. Un film purement américain, comme on les aime, avec des techniques audiovisuelles qui dépassent toutes les autres. C’est un réel plaisir de le visionner… Cependant, le long-métrage manque, dans son exécution, d’intensité émotionnelle et de prises de risques !
La signature James Gray
Le cinéaste fait partie des habitués de la compétition. C’est en effet la 6ème fois qu’un de ses films se retrouve dans la sélection officielle du festival. Néanmoins, aucun n’a été récompensé et James Gray est toujours reparti les mains vides. Son nouveau long-métrage, Paper Tiger, était l’un des plus attendus cette année sur le tapis rouge. Il est une sorte d’éloge à son cinéma, via son esthétique et sa signature cinématographique.

Le fidèle cinéaste américain revient avec une histoire singulière dans laquelle on suit deux frères (Adam Driver et Miles Tiller) qui s’engagent avec la mafia russe, à première vue pas très commode. Ils vont faire face à de gros problèmes concernant leurs associés et vont se retrouver à devoir gérer cette situation tant bien que mal. Adam Driver y joue un ex-flic charismatique, le genre d’oncle riche et apprécié de ses neveux qui n’aime pas se faire rouler dessus. Et puis, on a Miles Teller, un père de famille au côté de Scarlett Johansson, qui vit sa petite vie d’ingénieur, un job qui ne marche pas très fort.
Dans le Queens des années 1986, la tension est à son comble. Les deux frères vont devoir faire preuve d’intégrité et de compréhension vis-à-vis de ce clan.
James Gray signe un thriller dramatique à deux approches différentes, celle d’Adam Driver qui est plus dans l’action et dans les règlements de compte, à contrario du personnage de Miles Tiller qui lui est bon ingénieur, naïf, et surtout nul en affaires. Il ne voit pas le risque là où il y en a, ce qui va l’amener, lui et sa famille, à subir les attaques de cette mafia russe.
Un retour aux sources
Avec ce film, James Gray remonte dans le temps en s’imprégnant de ces premiers longs-métrages et de son obsession scénaristique familiale. Mais il manque d’inspiration et de nouveauté dans son cinéma. Malgré la densité du scénario et de la réalisation juste splendide, Paper Tiger fait preuve de facilité pour un long-métrage aussi important.

En effet, tout est en harmonie dans son film. La photographie est dingue, la mise en scène est subtile, le trio d’acteurs est formidable et les dialogues sont crédibles. Cependant, cette harmonie n’est pas pleinement acquise car, émotionnellement parlant, on reste sur notre faim. Le côté thriller policier est très bien mis en avant, on a des séquences de tension énorme dans lesquelles on est cloué à notre siège par le suspense qui est à son comble. Mais côté dramatique, le film reste fidèle au récit qu’il raconte sans créer de réels effets de surprise, le limitant à rester juste « bon ».
Pourtant, le personnage joué par Scarlett Johansson est intense et aimant, un personnage envers lequel on devrait ressentir beaucoup d’empathie. C’est bien le cas, mais bizarrement il y a un blocage qui vient, potentiellement, du choix du réalisateur dans sa manière de le raconter. De même pour la relation entre les deux frères qui est très vraie et pure dans le scénario, avec Adam Driver et Miles Teller qui sont de très grands acteurs, mais qui ne bouleverse pas tant que ça. James Gray semble une nouvelle fois avoir voulu prouver qu’il savait faire du cinéma, mais son cinéma commence malheureusement à devenir redondant et c’est dommage !

Paper Tiger reste tout de même un très bon film de cette sélection officielle du Festival de Cannes en faisant preuve, artistiquement, d’un palmarès inégalé en matière d’images, de photographie et de casting.
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