XIIIe siècle : l’horrible expérience de Frédéric II sur des bébés

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Quelle est la langue originelle de l’humanité ? Quel dialecte parlerait naturellement un être humain s’il était privé de tout contact ? C’est ce que s’est demandé l’empereur Frédéric II courant du XIIIe siècle. S’ensuivit une expérience des plus glaçantes… 

L’expérience de Frédéric II sur les nourrissons  

Frédéric II (1194-1250) fut l’empereur du Saint-Empire romain-germanique et régna sur un très vaste territoire comprenant l’Allemagne, l’Italie et même le royaume de Jérusalem. Très érudit, il parlait six langues, dont le latin, l’allemand, le grec et l’arabe. De surcroit, il était un monarque qui s’intéressait de près à l’éducation et aux arts. À la fin de son règne, il lança donc plusieurs expériences, dont l’une consistait à découvrir quelle était la langue « originelle ». La langue que parlaient Adam et Eve dans le jardin d’Éden.

Mais pour connaître ce langage, Frédéric II devait se tourner vers des êtres encore dépourvus de parole. Il décida donc naturellement de faire son expérience sur des nourrissons. Une expérience qui tourna vite au drame. Le moine franciscain Salimbene de Adam parlera de cet horrible test en ces termes :

« Il fit des expériences pour connaître la langue et le parler qu’emploieraient, en grandissant, des enfants qui n’auraient parlé avec personne. Pour ce faire, il ordonna à des nourrices de donner du lait à des enfants, en les nourrissant au sein, de les baigner, de les nettoyer, mais en aucun cas de les cajoler, ni de leur parler. Il voulait en effet savoir s’ils parleraient en hébreu, langue primitive, ou en grec, ou en latin, ou en arabe, ou dans la langue des parents qui les avaient procréés. Mais il œuvrait en vain, parce que les enfants, ou bébés, mouraient tous : ils ne pouvaient vivre, en effet, privés des battements de mains, des gestes, de la gaieté, des cajoleries de leurs nourrices. » 

En effet, le seul résultat de cette expérience fut le décès systématique des bébés. Et cela pour une raison très simple : les bébés ne peuvent pas survivre si on ne leur donne aucune affection…

Les interactions sociales nécessaires au développement de l’humain 

« L’Homme est un animal politique » nous disait Aristote. Et il ne croyait pas si bien dire ! En effet, ce que cette expérience (et d’autres par la suite) a démontré, c’est que l’être humain a besoin d’interactions sociales. Il s’agit d’un aspect nécessaire à son développement, voire à sa survie quand il s’agit de nourrissons.

Ainsi, Seth Pollak (éminent professeur de psychologie) et son équipe ont démontré, dans les Comptes-rendus de l’Académie Américaine des sciences, que la qualité des soins prodigués à un nourrisson durant les premiers mois de sa vie peut modifier la production de certaines hormones, à savoir la vasopressine et l’ocytocine… Des hormones considérées comme cruciales dans la régulation des comportements sociaux. Pour ce groupe de recherche, les résultats étaient sans équivoque : une absence précoce de soins et d’affection altère le développement de ces hormones.

Aujourd’hui encore, les recherches pour comprendre ces mécanismes psychologiques continuent de s’affiner, car nous sommes loin d’avoir tout compris. Mais l’expérience malheureuse de Frédéric II constitue aujourd’hui un exemple tristement révélateur du besoin vital d’affection des nourrissons. 

 

Sources :

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Robin Uzan

Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire et gérer Cultea est un immense plaisir et une de mes plus grandes fiertés.
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2 réflexions au sujet de “XIIIe siècle : l’horrible expérience de Frédéric II sur des bébés”

  1. Et aujourd’hui les successeurs de Frederic II imposent le masque aux enfants. Pas étonnant que des enfants se soient suicidés et que des dommages irréparables ont été causés à notre jeunesse. Tout cela pour un couillonavirus qui tue à 0.05% des personnes de 85 ans en moyenne.

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