« Paris vaut bien une messe » : d’où vient cette drôle d’expression ?

"Paris vaut bien une messe" : d'où vient cette drôle d'expression ? - Cultea

La langue française possède son lot d’expressions. Selon les régions, les époques et les communautés, de nouvelles apparaissent, d’autres disparaissent. Mais certaines expressions continuent d’être employées aujourd’hui, alors qu’elles remontent à des siècles. C’est le cas de « Paris vaut bien une messe ». Mais au fait, qui a dit cette phrase pleine de sens ? Quelle est son origine ? Cultea vous explique.

Henri IV, la couronne ou les convictions ?

Pour comprendre l’origine de cette expression, il faut d’abord en comprendre le sens. « Paris vaut bien une messe » est une phrase que l’on utilise dans un cas où un sacrifice est nécessaire pour obtenir davantage. Du sacrifice naît alors le bénéfice. C’est ce que cette expression signifie.

Pour ce qui est de son auteur, on pense que ce serait Henri IV qui l’aurait prononcée en premier. Il aurait prononcé cette phrase dans un contexte des plus tendus.

Illustration.

On rappelle qu’Henri IV, donc Henri de Navarre, est devenu roi par la volonté d’Henri III qui n’avait pas de descendant mâle. Mais Henri III avait le choix entre Henri de Navarre, un prince protestant, et le Duc de Guise, catholique et chef de la Sainte Ligue. La Sainte Ligue, une alliance contre la religion protestante ainsi que ses idées, est apparue dans la première moitié du XVIe siècle. Henri III, qui était opposé à Henri IV à cause de la pression exercée par la Sainte Ligue, décide finalement de se tourner vers Henri de Navarre. Ce choix le condamnera, car il est assassiné par Jacques Clément, fervent membre de la Sainte Ligue.

Henri IV doit à présent faire un choix. Soit il se range du coté de la religion catholique et devient roi de France, soit il reste dans la religion protestante. Ainsi, le 25 juillet 1593, en l’église abbatiale de Saint-Denis, il rejette le protestantisme. Il adopte définitivement la religion catholique, pour le bien du royaume de France. Et ce serait à ce moment précis qu’il aurait dit cette phrase, qui deviendra une expression des plus connues :

« Paris vaut bien une messe. »

En disant cela, il mettait en avant le compromis qu’il dut accepter pour obtenir la couronne.

Henri IV était-il sincère ? La question qui divise

Henri IV est sacré roi de France à la cathédrale de Chartres le 27 février 1594. Il devient alors roi de France, dans un contexte de tensions religieuses et politiques, et espère bien remettre de l’ordre. Mais une question apparaît : Henri IV était-il sincère lorsqu’il a rejeté le protestantisme ?

Pour obtenir la couronne, Henri IV abjure le protestantisme. Mais pourtant, un fois roi, il continue sa lutte contre l’Espagne, membre important de la Sainte Ligue.

De plus, ce n’est pas la première fois qu’Henri IV abjure le protestantisme. Déjà en 1572, au moment du massacre de la Saint-Barthélemy, Henry de Navarre rejette le protestantisme pour devenir catholique. Cette manœuvre résulte uniquement de sa volonté de vivre et de ne pas mourir sous les mains des catholiques. En tout, Henri IV aurait changé trois fois de religion.

Mais plus important encore, Henri IV, pourtant devenu catholique, signe l’édit de Nantes. En promulguant cet édit en avril 1598, Henri de Navarre permet deux choses. Il met fin aux guerres de Religion qui ne cessaient d’affaiblir le royaume de France. Mais il permet surtout aux protestants d’acquérir des droits religieux, civils et politiques dans certaines parties du royaume.

Et si, finalement, il était là, le véritable message d’Henri IV dans sa fameuse phrase ? Cette dernière mettrait en évidence toute la place que les considérations et calculs politiques ont prise dans la conversion d’Henri IV. Devenu roi, il pouvait désormais mieux aider les protestants, même s’il était devenu catholique. Par conséquent, avait-il véritablement rejeté le protestantisme ? Aucune réponse sûre n’a, depuis ce jour, été apportée.

Henri IV est reconnu comme étant l’un des plus grands rois de France, de par sa volonté d’instaurer la paix entre les catholiques et les protestants. Il a également su remonter l’économie du royaume, avant de mourir, assassiné par François Ravaillac. Ce dernier voyait Henri IV comme un Antéchrist.

 

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