« Live By Night » de Ben Affleck : Une histoire simple à l’esthétisme raffiné [critique]

| | ,

Ben Affleck est de retour devant et derrière la caméra avec Live By Night. Dans ce film à l’esthétisme léché, Affleck nous raconte une histoire simple et nous fait profiter d’un agréable moment dans les salles obscures.

Synopsis : En pleine prohibition, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps son passé de militaire et l’éducation stricte de son père policier pour mener une vie de criminel. Réfractaire à toute discipline, il n’hésite pas à aller à l’encontre des règles, y compris celles imposées par le milieu fermé des gangsters. En se créant un empire par le biais de ses trafics, Coughlin va découvrir que le rêve américain a un prix… Cette adaptation signe la seconde retranscription au cinéma d’un Roman de Dennis Lehane par Ben Affleck, après l’excellent Gone Baby Gone en 2007. 

Live by Night 2

Une mise en scène élégante et millimétrée

Le visuel est indéniablement la plus grande force du film. Chic, raffiné et aux couleurs parfaitement mariées, rien n’est laissé au hasard, quelle que soit la scène. Ainsi, n’importe quel plan de Live by Night est une composition graphique ultra-détaillée faisant le charme du film. La reconstitution historique est également somptueuse et les costumes magnifiques. On remarque cette volonté (assumée) de Ben Affleck de retrouver un style de cinéma plus ancien, basé sur des cadrages plus classiques et plus larges. On ressent également cette admiration propre aux américains pour la période de la prohibition, époque de tous les interdits et propice à beaucoup de fantasmes.

Une histoire bien menée mais desservie par son académisme

Aucun reproche ne peut réellement être fait au film, si ce n’est sa façon de s’enfermer dans un académisme regrettable et de ne jamais vraiment prendre de risque. Si l’histoire est simple, efficace, bien menée et agréable, on y retrouve un certain manque de panache. Rien de très préjudiciable toutefois, puisqu’en dehors de ce manque de prise de risque, tout va parfaitement bien dans le déroulement scénaristique.

Live by Night 3

Au-delà d’un simple film de gangster, on retrouve assez étonnamment beaucoup de messages de tolérance, de vivre ensemble et une critique très virulente du racisme latent que l’on retrouvait à cette époque. Peut-être d’ailleurs peut-on retrouver dans Live by Night une critique sous-jacente du repli identitaire et du racisme refaisant surface aux États-Unis, puisque Ben Affleck a avoué considérer la victoire récente de Donald Trump comme « la victoire du régionalisme ». Il est également agréable de constater que malgré une histoire sur toile de fond de grand banditisme, le film a au final une philosophie assez pacifiste et propice à la rédemption. Tous les messages de paix et de rédemption sont d’ailleurs parfaitement retranscrits par les têtes d’affiches, qui incarnent de manière fine des personnages très attachants. Ben Affleck, égal à lui-même, nous livre une performance très sobre mais parfaitement maîtrisée. Si l’acteur est parfois faible lors de certaines scènes, celui-ci maîtrise son rôle avec beaucoup d’adresse durant la majorité du film. On retrouve ensuite une ribambelle de second rôles tous aussi bons les uns que les autres, avec notamment Zoé Saldana, Brendan Gleeson et Chris Cooper, tous excellents dans leurs rôles respectifs.

Live by Night est un film esthétiquement somptueux et au rythme parfaitement calibré. Si l’académisme scénaristique n’en fait pas un film mémorable, cette œuvre confirme une fois pour toute le grand talent de Ben Affleck pour la réalisation, quel que soit le style cinématographique. 

Live By Night – Bande Annonce Officielle 1 (VOST) – Ben Affleck 

Précédent

« Rogue One – A Star Wars Story » : plongez au cœur de l’alliance rebelle [critique]

« La Planète des Singes – Suprématie » est la conclusion parfaite pour cette trilogie [critique]

Suivant

Laisser un commentaire