Les « knocker-up » ou comment se réveiller avant l’invention du réveil ?

Les "knocker-up" ou comment se réveiller avant l'invention du réveil ?

Il y a des métiers insolites dont on ignore l’existence. Avant les réveils et smartphones, des gens étaient employés pour faire le tour des quartiers et réveiller les autres en frappant sur les fenêtres. Ces alarmes humaines étaient appelées des « knocker-upper » ou « knocker-up ». 

Un métier pour la population ouvrière

Cette profession est apparue en Angleterre et en Irlande pendant la Révolution Industrielle pour que les ouvriers des usines ou des moulins soient à l’heure au travail. En effet, s’ils arrivaient en retard plusieurs fois, ils pouvaient être licenciés. Les « knocker-up » se sont donc répandus dans tout le pays, notamment dans les régions ouvrières où les employés mal payés devaient travailler par roulement. En effet, les réveils étaient alors hors de prix pour les classes sociales les plus pauvres. On trouvait des « knocker-up » en particulier à Londres où les dockers avaient des horaires inhabituels et inconstants, ainsi que dans les villes industrialisées du Nord.

Un métier, plusieurs méthodes

photographie knocker-up

Il réveillait les gens contre quelques centimes par semaine. Mary Smith (photo ci-dessus), fameuse « knocker-up » de l’est de Londres demandait six pence par semaine. Il pouvait réveiller des ouvriers aussi tôt que trois heure du matin. Les « knocker-up » utilisaient le plus souvent un long bâton en bambou avec des morceaux de fil de fer au bout, ou un petit bâton assez lourd qu’ils lançaient pour atteindre les fenêtres des chambres à l’étage. Cependant, ce n’était pas leurs seuls outils. Ils utilisaient également des hochets, des lance-pierres ou des marteaux. Le problème du marteau était qu’il faisait tellement de bruit, qu’il réveillait ceux qui souhaitaient dormir et ceux qui n’avaient pas payé. Les sarbacanes qui envoyaient des poids cassés étaient une autre méthode ingénieuse.

knocker-up
Knocker-up avec un marteau.

Les « knocker-up » : femmes et retraités

Les « knocker-up » ne devaient pas partir avant que le client ne donne signe de vie. Ils restaient donc jusqu’à ce que ce dernier apparaisse à la fenêtre. En général, les personnes occupant cette profession ne pouvaient pas ou ne trouvaient pas d’autre travail, comme les femmes au foyer ou les personnes âgées retraitées. La plupart des « knocker-up » avaient pris l’initiative eux-mêmes et étaient à leur compte. Cependant, parfois, des usines en engageaient pour s’assurer de la ponctualité de leurs employés. Les « knocker-up » sont restés en service jusque dans les années 1940 et 1950. Ils ont disparu avec la démocratisation de l’électricité et des réveils, aux prix désormais abordables. Cependant, dans certaines régions, les « knocker-up » ont continué d’exister jusque dans les années 1970.

knocker-up

Le « knocker-up » était donc une profession cruciale dans la société ouvrière d’Angleterre et d’Irlande. Il fait partie de ces métiers qui ont aujourd’hui disparu. Mais une question demeure toujours : comment se réveillaient les « knocker-up »? 

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