« Close », de Lukas Dhont, est une leçon magistrale [critique]

"Close", de Lukas Dhont, est une leçon magistrale [critique] - Cultea

En salle depuis le 4 novembre, Close, le nouveau long-métrage du réalisateur belge Lukas Dhont, est une claque magistrale. A voir, sans aucune hésitation. 

Synopsis : Léo (Eden Dambrine) et Rémi (Gustav de Waele), 13 ans, sont amis depuis toujours. Jusqu’à ce qu’un événement impensable les sépare. Léo se rapproche alors de Sophie (Emilie Dequenne), la mère de Rémi, pour essayer de comprendre…

Une relation impossible aux yeux des autres

Léo et Rémi sont amis. Ils passent leur temps ensemble, dans les champs de fleurs des parents de Léo ou dans la maison de Rémi. Mais, à leur entrée au collège, cette amitié hors normes faites de câlins et de bienveillance passe mal. Moqueurs, leurs camarades leur demandent très vite s’ils sont « en couple ».

Et si Léo se passionne pour le hockey sur glace et se fait vite sa place parmi une bande de garçons du collège, Rémi, lui, reste à l’écart. Soucieux de se faire accepter par les autres, Léo s’éloigne de Rémi.

Close, une histoire de deuil et de fraternité 

La relation entre les deux garçons, qui sortent de l’enfance, est très réaliste. Point de sexualisation malsaine des enfants, mais de l’innocence et de la tendresse. On s’attache très vite à Rémi, petit musicien sensible, très différent des garçons bruyants et pénibles (soyons honnêtes) qui l’entourent.

Et puis, le deuil. Cette expérience insoutenable, si bien incarnée par Emilie Dequenne et par Kevin Janssens, qui joue le rôle de Peter, le père de Rémi. Lukas Dhont filme avec humanité le chaos de la perte d’un être cher et la résilience impossible. Aucune émotion n’est surjouée. Les acteurs et le réalisateur rendent ainsi un bel hommage à toutes les personnes qui ont perdu un être cher, parce qu’on oublie parfois à quel point les mois et les années qui suivent un tel drame sont durs.

Lukas Dhont prend de plus le temps de se focaliser sur la réaction de Léo. C’est une très juste mise en scène des temps du deuil, de la stupéfaction à l’explosion, en passant par le déni et les remords. En creux, l’intensité d’une relation fraternelle qui, elle, ne meurt jamais. On peut voir là aussi un hommage à la pérennité des sentiments, quels qu’ils soient.

La faute à qui ? 

La question de la culpabilité ne se pose pas. On a juste envie de hurler sur notre société qui met en avant des masculinités toxiques, au sens propre du terme. On apprend aux garçons à parler fort, à faire du sport, et surtout, à railler ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Lukas Dhont filme avec fermeté cette écœurante virilité.

Merci Lukas Dhont, notre monde avait besoin d’un film tel que Close. Il s’agit là d’un film d’utilité publique. 

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