Trois ans après la sortie de Evil Dead Rise, qui a plus divisé que rassemblé, malgré un score honorable au box-office, la série anthologique initiée en 2013 se poursuit cette année avec Evil Dead Burn. Est-ce que le film atteint les attentes habituelles de la franchise et voire les surpasse une fois la salle plongée dans le noir ?
Retour aux années 2000
Dès son introduction, ce nouvel Evil Dead ne lésine pas sur son rythme et l’enchaînement de ses séquences. On débute ainsi sur un bord de lac à la manière du précédent volet, tout en allant cette fois-ci plus loin dans le côté gore, critère devenu la marque de fabrique de la saga créée par Sam Raimi et relancée en 2013.
On en profite pour s’initier à la thématique que semblait indiquer l’annonce du titre de ce nouveau film. Une grande partie des séquences d’horreur pure sera symbolisée par le feu et la chaleur qui en résulte. Le film est ainsi lancé mais finit par dérouter.

La scène de la boîte de nuit en est le parfait exemple. Rien que le choix de transition entre les deux scènes surprend et le film semble partir vers une réalisation qui ne lésinera pas dans sa façon de montrer les choses. Malheureusement, un cadre extrêmement resserré sur ses protagonistes, une photographie pétaradante et un montage épileptique ne nous permettent pas de rentrer totalement dans le film.
Une répulsion finit même par se mettre en place et l’on se demande si tout le long-métrage gardera ce rythme saccadé. Cela peut fonctionner sur le papier mais le risque est de tuer les moments de respiration dont un film a besoin pour éviter de perdre son public.
Petit-à-petit, la réalisation ralentit sa cadence et s’intéresse à cette famille dysfonctionnelle avec une scène d’enterrement au ton bien mené même si un poil trop appuyé. Arrive ensuite la scène du repas qui définira la montée en puissance que connaîtra ce nouvel Evil Dead jusqu’à son dénouement final.

L’inventivité de sa mise en scène
À partir de cet instant, le long-métrage prend le temps de dessiner tout ce qui fait le cœur de son récit : une famille déjà rongée par ses propres tourments qui finit par se complaire dedans. En faisant cela, elle emporte avec elle le peu d’espoir qui restait.
À travers le travail investi par le scénariste Florent Bernard et le réalisateur Sébastien Vaniček, duo déjà à l’œuvre dans le film français Vermines, on sent leur passion et leur respect pour cet univers mais une volonté de s’en émanciper en ressort peu à peu.
Cela amène son lot de surprises mais également des choix audacieux et controversés qui rompent avec la mythologie de ce qui a été fait au travers des 5 films précédents. A nous de l’accepter ou non.

Il n’empêche que ce qu’ils proposent en retour amène un vent d’air frais dans l’espace très cloisonné du genre horrifique de ces dernières années. Il y a tout d’abord ce plan-séquence abouti et témoignant plus d’une réelle proposition que d’un simple effet de style. On sera aussi marqué par ce plan de rotation entre le sol, le mur et le plafond ou encore le plan de l’arrêt sur image de la télévision cruellement ironique.
Avec Evil Dead Burn, le réalisateur s’autorise tout ce qui lui passe par la tête et le résultat amène une jouissance certaine. La protagoniste principale en vient à en souffrir terriblement durant la majorité du long-métrage, ce qui crée un attachement durable entre elle et le spectateur jusqu’à la conclusion.

Dénouement et questionnement
La dernière image du film avant le traditionnel générique de fin arrive à redéfinir tout ce à quoi l’on a assisté durant ces 1h49. C’est là où toute la thématique en ressort grandie. En s’imprégnant du mal possédant ces hôtes, le duo de créateurs a construit en filigrane tout un concept autour des violences conjugales et de l’impact que cela entraîne sur l’ensemble d’une famille déjà en perdition.
Ce dernier plan en devient même glaçant quand on voit ce qu’il advient de tout cela. Un message fort qui témoigne du tabou autour de la maltraitance relationnelle. Tabou qui a malheureusement fini par s’inscrire dans l’ADN des mœurs d’aujourd’hui et que le film cherche à combattre tout le long de sa narration.

Débarquent ensuite les scènes post-génériques. Même si la première est quelque peu anecdotique et en fera sourire certains, la deuxième fera couler beaucoup d’encre. En quelques minutes, la direction prise par les derniers volets semble voler en éclats et cela risque d’endommager tout ce qui faisait le sel de la sortie d’un nouvel Evil Dead.
Espérons que le prochain Evil Dead, nommé Wrath, s’en trouvera épargné pour éviter ce risque qu’encoure cette série de films. Sinon, on enlèverait ce qui faisait jusque-là tout ce qui lui permettait de se renouveler avec la vision du nouveau réalisateur en charge du poste à chaque volet.
Evil Dead Burn, une fois son introduction compliquée et surchargée passée, offre un spectacle survitaminé à l’hémoglobine. Il ne cherche pas pour autant un résultat à la limite de l’outrancier que font certaines suites pour se démarquer de ses prédécesseurs. Ainsi, l’amour de ses créateurs pour la saga s’en ressent d’autant plus malgré leur volonté de casser les codes. Cette nouvelle proposition parvient même à offrir des séquences qui marqueront certainement les esprits à la recherche de sensations fortes durant cette nouvelle saison estivale.
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