« MindsEye » : entre espionnage et paranoïa, la descente aux enfers du studio !

"MindsEye" : entre espionnage et paranoïa, la descente aux enfers du studio !

MindsEye n’était pas un grand jeu. À vrai dire, qualifier le titre de Build a Rocket Boy de « mauvais » serait presque lui faire une faveur. Pourtant, jamais un studio autant plongé dans le chaos n’aura autant fait parler de lui, tant son parcours infernal est celui d’un naufrage spectaculaire entre convoitise, trahison et espionnage.

MindsEye n’est pas qu’un mauvais jeu vidéo, c’est une histoire avec une tournure inimaginable qu’Hollywood envierait énormément. Pour en comprendre le cheminement, il faut remonter jusqu’à janvier 2016. Lors de cette période, Leslie Benzies, créateur de Grand Theft Auto III, San Andreas et GTA V, décide de quitter Rockstar North après des mois de périodes sabbatiques forcées. Le fondateur de MindsEye affirme que la célèbre entreprise, sous la direction de Sam et Dan Houser, aurait profité de son absence pour le licencier définitivement et rompre tout contrat autour des droits d’auteur. Oui, l’homme qui a permis de mettre sur le devant de la scène la franchise la plus lucrative du jeu vidéo se serait fait soudainement mettre à la porte.

Face au choc, Leslie Benzies tente un procès contre Rockstar Games et réclame plus de 150 millions de dollars. Alors que la guerre contre ses anciens employeurs se conclura par un accord confidentiel à l’amiable, Benzies fonde cinq nouvelles sociétés, dont trois dédiées aux jeux vidéo. Parmi elles, se trouve Build a Rocket Boy qui ne trouvera son nom officiel que deux années plus tard et qu’il cofonde avec Mark Gherard. Notons que cela deviendra une source de conflit. En effet, Take-Two enverra une lettre au tribunal accusant Benzies de vouloir créer une confusion avec les initiales de son studio pour faire croire à une affiliation avec Rockstar, et de l’utiliser pour débaucher des employés sous la contrainte.

Les fondations de MindsEye se mettent en place dans un projet monumental. Le jeu vidéo ne sera pas qu’un simple produit culturel, mais un véritable métavers qui répondra au nom de Everywhere. MindsEye ne sera que la face visible d’un iceberg gigantesque. Une folie titanesque dont tous ceux qui ont essayé ont échoué (Unknown 9 Awakening pour Bandai Namco pour ne mentionner que lui) mais Benzies continue d’y croire. Le concept est révélé lors de la Gamescom 2022 avec un public très enthousiaste qui le soutient. Après tout, l’homme derrière GTA est enfin de retour et il apporte avec lui une véritable révolution.

Build a Rocket Boy, le studio de développement, s’organise autour de trois sites pour commencer la création du jeu. D’abord à Edimbourg, puis à Budapest et Los Angeles. 500 employés sont répartis à travers le monde. IO Interactive, l’entreprise derrière la franchise Hitman, s’occupera de la publication du jeu, ce qui s’avère un véritable prestige. MindsEye annonce alors une sortie pour le 10 juin 2025.

Toutefois, l’inquiétude est de mise. Les premiers retours sont inexistants, la communication est fragmentaire et la presse spécialisée n’a jamais pu toucher au jeu. Le drame autour de Build a Rocket Boy se met véritablement en place à partir du 2 juin 2025 puisque les directeurs juridique et financier du studio quittent le navire.

L’échec de MindsEye par Rockstar Games ?

Nous ne connaissons que trop bien la suite puisque nous avions rédigé un test autour de l’immense déception qu’est MindsEye. Le titre cumule des bugs omniprésents, est complètement injouable, peu amusant et s’avère immensément catastrophique. Il devient très rapidement le jeu le plus mauvais de la plateforme Metacritic pour l’année 2025. Pire encore, les chiffres de ventes sont très faibles avec 250 000 joueurs en l’espace de deux semaines. Sur Steam, les pics de joueurs simultanés ne dépassent que rarement la trentaine de personnes.

Les joueurs réclament des excuses et des mises à jour envers Build a Rocket Boy, mais le studio refuse, accusant Rockstar Games d’avoir mené une campagne de dénigrement contre MindsEye. Selon lui, les producteurs de Grand Theft Auto VI auraient trouvé le titre de Benzies gênant et l’auraient saboté. A ce jour, rien ne prouve ses dires. Aucune preuve ni noms qui permettraient l’aboutissement d’une enquête approfondie. Rockstar Games reste silencieux.

Après la sortie désastreuse, la direction continue de s’acharner sur l’entreprise concurrente mais aussi sur ses propres salariés. Leslie Benzies accuse des saboteurs internes et externes d’avoir détruit son projet. Il proclame également détenir des preuves formelles d’une campagne méticuleusement préparée pour réduire MindsEye au silence. Néanmoins, il refuse de communiquer davantage dessus, faisant irrémédiablement spéculer le doute.

Au même moment, des joueurs sont convaincus que Build a Rocket Boy ne doit ses critiques positives qu’à des bots et des faux profils, pointant du doigt des commentaires identiques et reproduits en masses.

Devant l’échec commercial, Build a Rocket Boy lance une procédure de licenciements. Aujourd’hui, plus de la moitié de leur studio a été mise à la porte après des années de travail. Mais la mauvaise publicité autour de MindsEye ne s’arrête pas de sitôt. Et pour cause, ce sont 93 employés renvoyés qui adressent une lettre ouverte pour dénoncer de mauvais traitements, des burn-out, des problèmes de santé et un manque de respect global envers des salariés traités comme des esclaves.

Surtout, cette lettre brise incontestablement tout le récit d’un sabotage externe. Pendant de nombreuses années, les dirigeants de Build a Rocket Boy ont systématiquement refusé l’échange et le dialogue avec les équipes qui avertissaient sur tous les problèmes qui frappaient le développement de MindsEye.

Révélations par un DLC (mauvais) et encore plus de licenciements :

En mars 2026, l’affaire MindsEye prend une tournure encore plus inquiétante avec une déclaration rédigée par Mark Gherard sur LinkedIn.

Nous annonçons aujourd’hui un nouveau nombre de suppressions de postes au sein du studio. C’est une décision profondément douloureuse. Les personnes qui quittent notre équipe ont investi un talent, une passion et de longues heures de travail dans la construction de ce en quoi nous croyons. Se séparer de collègues n’est jamais quelque chose qu’un dirigeant souhaite faire, et je mesure l’impact que cela aura sur les individus, les familles et notre communauté au sens large.

Au cours des derniers mois, nous avons travaillé avec des partenaires externes et des conseillers juridiques pour enquêter sur les activités criminelles qui ont eu lieu autour de notre lancement. Ce travail a pris bien plus longtemps que prévu, mais il a maintenant abouti à des preuves accablantes d’espionnage organisé et de sabotage d’entreprise affectant MindsEye. Cette affaire étant en voie de poursuites judiciaires, nous ne pouvons pas encore en divulguer tous les détails publiquement.

Malgré tout, ce post s’accompagne surtout d’une nouvelle vague brutale de licenciements. Les autorités britanniques et américaines sont saisies. Un dossier en cours. Pourtant, toujours aucun nom ni aucune preuve rendue publique. Le fait le plus étrange n’arrivera que lors de la mise à jour Blacklisted.

Blacklisted ne se contente pas de corriger quelques bugs autour du jeu, il révèlerait complètement les accusations et les prétendus dossiers que possède le studio. La mise à jour intègre les vrais noms des saboteurs présumés et servirait de preuve irréfutable autour de toutes les personnes qui ont voulu nuire au jeu. De ce fait, un DLC fait office de tribunal populaire. Du jamais-vu dans le jeu vidéo.

Néanmoins, le DLC est un immense pétard mouillé, presque proche d’une stratégie marketing tournée autour du bad buzz. Sorti le 29 avril 2026, le DLC nous met dans la peau d’une tueuse à gages nommée Julia Black qui doit attaquer des cibles qui espionnent l’agence Meridan. Seulement voilà, le studio ne cite aucun nom explicitement, comptant seulement sur des petites références.

MindsEye et les espionnés qui espionnent :

En avril 2026, alors que la direction clame sans arrêt être victime d’espionnage et de sabotage, elle est accusée à son tour d’avoir espionné ses propres salariés.

En effet, des salariés licenciés déposent une action en justice pour violation des données personnelles, après que la direction a installé un logiciel de surveillance sur leurs outils de travail. Ce logiciel s’appelle Teramind et est capable d’enregistrer toutes les frappes au clavier des utilisateurs, de capturer l’activité en cours sur l’écran et d’enregistrer via des microphones. Les salariés en télétravail se retrouvent eux-mêmes espionnés dans leurs propres domiciles. Le logiciel confirme la paranoïa croissante du PDG, persuadé que ses propres collaborateurs pourraient lui nuire. À ce jour, la direction n’a jamais révélé la raison de l’utilisation de Teramind.

De plus, les licenciements de Build a Rocket Boy ont contribué à une présence plus forte de l’intelligence artificielle dans le studio. Une fonctionnalité nommée Arcadia Voice, intégrée dans le module de création de contenu du jeu grâce à Eleven Labs est une première étape de ce que pourrait radicalement transformer les prochaines productions dans les années à venir, afin d’éviter toute mésentente avec une équipe de développeurs. Une IA que même la communauté de joueurs les plus dévoués de MindsEye sur Discord a jugée unanimement malsaine. Pour un jeu vidéo censé dénoncer les dérives des nouvelles technologies, quelle ironie…

MindsEye est un immense échec qui laisse derrière lui des faits de maltraitance sur des développeurs et des cas d’espionnages retournés contre eux-mêmes. Derrière sa communauté trahie et la quasi-totalité de ses employés virés, le studio ne cesse pas sa croisade contre ses concurrents et laisse encore le scandale prendre le dessus. La suite des révélations risque fortement de conduire Build a Rocket Boy à la faillite. Quant à la réputation de Leslie Benzies, elle se retrouve immensément entachée depuis le 30 janvier 2026 avec la révélation de documents autour de l’affaire Jeffrey Epstein. Dans l’un de ces fichiers, Benzies serait mentionné. Ce dernier réfute et aucune affaire judiciaire n’est en cours pour le moment.

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Bande-annonce MindsEye Blacklisted :

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