Le 23 février 2026, Phil Spencer et Sarah Bond ont officiellement quitté leurs fonctions, laissant Xbox aux portes d’un nouvel avenir. Asha Sharma hérite de l’empire vidéoludique et annonce la propagation de l’intelligence artificielle pour le développement des projets de demain.
Phil Spencer n’est plus. L’homme prend sa retraite, laissant derrière lui de nombreuses réussites pour Xbox, mais aussi des controverses comme des revenus ayant chuté de près de 10% au dernier trimestre 2025. Call of Duty Black Ops 7 n’a pas convaincu les joueurs. Son violent review bombing aura eu raison du jeu d’Activision et nous ne le soutiendrons pas nous-mêmes tant le titre était mauvais, prouvant encore que la franchise de jeu de guerre s’essouffle dans des séquences purement grotesques. De l’autre côté, les fermetures de studios comme Arkane Austin ou Tango Gameworks, malgré le succès de Hi-Fi Rush, ont laissé des cicatrices dans la communauté Xbox.
Malgré les scandales, Phil Spencer a empêché Xbox de sombrer après le désastreux lancement de la console Xbox One et lui a permis de s’imposer à sa manière contre ses concurrents. Asha Sharma arrive donc dans un nouveau champ de bataille pour redorer la marque de jeu vidéo. Elle n’a jamais travaillé dans le secteur mais elle à un plan et dispose d’un outil que Microsoft peaufine depuis des années. Pour la nouvelle PDG de Xbox, les portes des jours meilleurs s’ouvriront avec l’IA. Après tout, Microsoft ne laisserais jamais l’immense investissement sans retour. Très vite, les inquiétudes résonnent.
Nota Bene : Selon une enquête établie par Tom Warren pour le média The Verge, le départ de Sarah Bond est perçu comme un soulagement par de nombreux employés. Sa campagne Ceci est une Xbox, qui voyait l’avenir de la marque sans console, aurait offensé les structures internes et son store mobile annoncé pour juillet 2024 n’a jamais vu le jour. Microsoft l’aurait alors jugé responsable des nombreux échecs de Xbox.
Muse est-il l’arme ultime à venir ?
Microsoft et Xbox Game Studios travaillent sur une IA destinée à repenser le développement. Répondant au nom de Muse, cette intelligence artificielle générative a été entraînée sur plus de 500 000 sessions de gameplay de Bleeding Edge. La promesse est particulièrement ambitieuse puisqu’elle doit accélérer les phases de prototypages des studios, générer des variantes de niveaux, anticiper le comportement des joueurs et faire renaître le code source perdu de vieux classiques dont un remaster serait purement impossible. Tout un programme…
En revanche, la réalité technique est toute autre pour le moment puisque selon le chercheur spécialisé AI & Games Newsletter, Muse ne crée pas d’idées et ne fait que simuler le résultat de modifications décidées par un humain. De plus l’IA n’a été entraîné que sur le jeu de Ninja Theory.
Cependant, Microsoft promet aussi que cette IA ne devra jamais remplacer les créateurs, mais bien ralentir leurs heures de travail. C’est précisément le profil de Asha Sharma, ancienne présidente de CoreAI chez Microsoft qui donne à ce projet une incarnation au sommet de la hiérarchie du gaming.

Asha Sharma à la tête de Xbox :
Consciente que son profil de patronne de l’IA intrigue et inquiète, la nouvelle PDG a pris les devants dès l’annonce surprise de la retraite de Phil Spencer et à déclarer un long discours au sujet de Xbox, de la communauté des joueurs et de l’intelligence artificielle :
Ma première mission est simple : comprendre ce qui fait notre succès et le préserver. Cela repose sur trois engagements. Premièrement, des jeux exceptionnels. Tout commence ici. Nous devons proposer des jeux exceptionnels, plébiscités par les joueurs, avant toute chose. Des personnages inoubliables, des histoires émouvantes, un gameplay innovant et une excellente créativité. Nous donnerons les moyens à nos studios, investirons dans des licences emblématiques et soutiendrons des idées novatrices. Nous prendrons des risques.
Nous explorerons de nouvelles catégories et de nouveaux marchés où nous pourrons apporter une réelle valeur ajoutée, en nous appuyant sur ce qui compte le plus pour les joueurs.
Deuxièmement, le retour de Xbox. Nous réaffirmons notre engagement envers nos fans et joueurs Xbox de la première heure, ceux qui nous accompagnent depuis 25 ans, ainsi qu’envers les développeurs qui créent les univers et les expériences immersives plébiscités par les joueurs du monde entier. Nous célébrerons nos origines en réaffirmant notre engagement envers Xbox, à commencer par la console qui a façonné notre identité. Elle nous relie aux joueurs et aux fans qui investissent dans Xbox, et aux développeurs qui créent des expériences ambitieuses pour cette plateforme.
Le jeu vidéo est désormais omniprésent, transcendant les limites d’un seul appareil. Avec notre expansion sur PC, mobile et cloud, l’expérience Xbox doit être fluide, instantanée et à la hauteur des communautés que nous servons. Nous lèverons les barrières pour que les développeurs puissent créer une seule fois et toucher les joueurs du monde entier, sans compromis.
Troisièmement, l’avenir du jeu vidéo. Nous assistons à la réinvention du jeu vidéo. Pour être à la hauteur des enjeux de cette époque, nous allons créer de nouveaux modèles économiques et de nouvelles façons de jouer en nous appuyant sur nos atouts actuels : des équipes, des personnages et des univers emblématiques que les joueurs adorent. Mais nous ne traiterons pas ces univers comme de simples licences statiques à exploiter et à monétiser. Nous construirons une plateforme et des outils partagés qui permettront aux développeurs et aux joueurs de créer et de partager leurs propres histoires.
À mesure que la monétisation et l’IA évoluent et influencent cet avenir, nous ne privilégierons pas l’efficacité à court terme ni n’inonderons notre écosystème de jeux sans âme, conçus par des IA médiocres. Les jeux sont et resteront toujours un art, façonné par des humains et créé grâce aux technologies les plus innovantes que nous mettons à leur disposition.
Ainsi, elle confirmerait que les grandes histoires restent l’apanage de l’être humains. Pour que ce discours ne reste pas une couche de maquillage, elle a immédiatement promu Matt Booty, superviseur de 40 studios de groupe, au rang de Chief Content Officer. La nouvelle philosophie de Xbox semble donc rimer avec la création par l’IA en tant qu’outil principal.

L’IA est partout dans le jeu vidéo !
Comme toute ses notions artistiques et de divertissements, l’IA peut être un puissant coup de main, mais les conséquences pourraient encore faire paniquer de nombreux développeurs qui s’inquiètent toujours sur la stabilité de leurs emplois. En effet, il reste une contradiction que les beaux discours ne résolvent pas. Microsoft a investi plus de 200 milliards de dollars dans l’IA depuis 2024. Satya Nadella, qui a personnellement choisi la remplaçante de Phil Spencer, dirige une entreprise dont les coûts croissent plus vite que les revenus. Le gaming perd de l’argent. Beaucoup d’argent. Qui protégera la prise de risque créative dans ce contexte de pression financière ? Que deviendront les jeux les plus originaux dont on parlera encore longtemps ?
Malgré tout ce qu’on pourrait lui reprocher, Spencer restait un gamer capable de dire non à la logique purement comptable, même s’il semblait prêt pour l’arrivée soudaine de l’IA. Dans le cas de Sharma, elle répond immédiatement à Nadella et sa carrière s’est intégralement façonné dans l’intelligence artificielle. Mais cela reste deux nuances différentes entre Spencher et Sharma. Comme le formule le média Achivement Industry :
Le meilleur avenir plausible pour Xbox, ce n’est pas « des jeux faits par IA », c’est « des équipes humaines qui livrent de meilleurs jeux parce que les outils sont moins pénibles ». La nuance est énorme.
L’arrivée de Asha Sharma à la présidence de Xbox est un véritable chamboulement qui laisse deux possibilités : redevenir le leader face à la concurrence par des projets humains, créatifs mais imparfaits, ou ne se reposer que sur l’intelligence artificielle comme seul horizon pour répondre à toutes les histoires d’argent. Affaire à suivre…
Ne manquez aucun article : abonnez-vous gratuitement à Cultea sur Google News

![« Coutures » : une surabondance de tissus [critique]](https://cultea.fr/wp-content/uploads/2026/02/coutures.png)
