Site icon Cultea

Robert Surcouf, légende des mers et cauchemar des Anglais

Robert Surcouf, légende des mers et cauchemar des Anglais - Cultea

Deux siècles après sa mort, Robert Surcouf fascine toujours autant. Ce Français originaire de Saint-Malo régnera en vrai maître des océans et deviendra la bête noire des Anglais. Toujours aux limites de la piraterie, Surcouf est pourtant considéré comme un héros. Ainsi, Cultea vous fait découvrir l’histoire de ce puissant corsaire.

Figure antithétique, Robert Surcouf a connu plusieurs périodes de l’histoire de France. De l’Ancien Régime à la Restauration en passant évidemment par la Révolution, le corsaire ne peut s’ancrer dans un temps précis. De fait, si ce dernier est proche des idées des Lumières, il pratique pourtant la traite négrière.

Robert Surcouf, un homme élevé par la mer

Robert Charles Surcouf est né en 1773 à Saint-Malo. Sa famille est d’origine normande et s’est installée dans le grand port de Saint-Malo depuis plus d’un siècle. Mais en pleine ascension sociale, elle rencontre des difficultés financières. De fait, son père et ses oncles peinent à maintenir la fortune familiale.

Enfant, il était rebelle et turbulent. On raconte qu’il s’est enfui d’un collège à Dinan où ses parents l’avaient envoyé. Ce dernier a alors traversé des campagnes avant d’être récupéré par ses parents. Alors âgé de 14 ans, Surcouf est envoyé en mer pour la première fois par ses parents.

« Puisqu’on n’a pas réussi à te dresser, la mer le fera. »

Les parents de Surcouf d’après Dominique Le Brun, historien

Ainsi, l’adolescent prend la mer et se révèle être un très bon marin. A bord du Héron, il s’embarque pour l’océan Indien, son futur terrain de jeu. De fait, la mer le rend plus déterminé et lui révèle un charisme magnétique. Il participe alors aux guerres révolutionnaires et s’empare d’un bon nombre de vaisseaux anglais.

« Son érudition n’est pas livresque mais il s’avère excellent marin, aux ordres clairs et brefs. »

Michel Vergé-Franceschi, historien

Malheureusement, ces prises de plus en plus nombreuses deviennent un intérêt personnel pour Surcouf, et non plus une question de défendre son pays – il est plus intéressé par son profit. Par ailleurs, Surcouf reçut la Légion d’honneur par Napoléon en 1804. Par la suite, il refusera pourtant de rejoindre les rangs de la Marine lorsque l’Empereur lui-même le lui demande.

Un corsaire doué dans son domaine

Robert Surcouf, aux limites de la piraterie

Surcouf se livre à des prises de bâtiments non autorisées. Ces dernières sont alors confisquées, à la plus grande frustration du corsaire qui, lui, ne voit pas le problème. De fait, son statut de corsaire l’autorise à s’emparer légalement de vaisseaux ennemis. Or, Robert Surcouf s’approche dangereusement de la piraterie en s’emparant des bâtiments ennemis illégalement. Cependant, il ne compte pas se laisser faire et décide d’aller plaider sa cause à Paris pour reconnaître la légalité de ses prises. Finalement, il gagne et devient un véritable héros.

La prise du Kent

Le 7 octobre 1800, le corsaire malouin réalise sûrement son exploit le plus célèbre. Au nord-est de l’océan Indien, le Kent – un bâtiment commercial des Anglais – effectue un voyage inaugural. Ce sont 437 hommes à son bord sous le commandement du capitaine Robert Rivington. A l’aube, le capitaine anglais aurait été prévenu de la présence d’un navire français à proximité. Si le Kent dispose de 40 canons, la Confiance elle, n’en possède que 24. En un mot, le navire français est une proie facile et le capitaine anglais trouve cette occasion parfaite pour s’en emparer.

Ainsi, le capitaine Robert Rivington convie ses passagers pour assister à une démonstration de « comment s’emparer d’un bateau ennemi en une leçon ». Malheureusement pour lui, il ne s’attendait pas à être l’arroseur arrosé. Les Français prennent les Anglais par surprise en étant plus malins qu’eux, et les piègent à leur propre jeu. Après quelques manœuvres, l’équipage de Robert Surcouf prend l’avantage et crie « à l’abordage » en premier. La bataille qui suit est brève et efficace.

La Confiance sous les ordres de Surcouf (24 canons et 160 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes), tableau d’Ambroise-Louis Garneray.

Lors de l’assaut du Kent, 14 Anglais sont tués et 44 sont blessés, contre 5 Français tués et une dizaine de blessés. Il s’agit d’un exploit, puisque les Français étaient trois fois moins nombreux. Cette prise est devenue mythique et emblématique du cauchemar que représentait Surcouf pour les Anglais. Ainsi, le corsaire malouin devient un héros national, paralysant le trafic anglais dans l’océan Indien.

La fin de vie de Robert Surcouf

Le légendaire marin reprendra un peu le service en mer, sur demande de Napoléon. Seulement, après toutes ses prises, sa tête est désormais mise à prix par les Anglais et il lui devient difficile de continuer. Il achève alors sa carrière de corsaire après 16 ans de carrière. Ces années seront marquées d’un palmarès de 44 prises ennemies en tout. De plus, de tous ses combats, il ne fut jamais ni blessé ni capturé. En 1903, une statue en son honneur a d’ailleurs été érigée sur les remparts de Saint-Malo. Faite de bronze, elle représente le corsaire malouin, le doigt pointé vers la mer.

La statue de Robert Surcouf à Saint-Malo. (Crédit photo : Guillaume Piolle)

Ainsi, la légende vivante des mers s’éteindra le 8 juillet 1827, à l’âge de 54 ans. Robert Surcouf aura vécu au-dessus des lois, en véritable maître des océans. Il aura également inspiré la crainte aux Anglais, qui se sont servis de son nom comme croque-mitaine ! En effet, il servait à faire peur aux enfants anglais turbulents. Des enfants probablement aussi turbulents que lui le fut pendant sa jeunesse – et toute sa vie.

 

Sources :

Quitter la version mobile