Mata Hari : les derniers instants de l’espionne avant son exécution

Le 15 octobre 1917, Mata Hari est exécutée à Vincennes. Condamnée pour espionnage en pleine Première Guerre mondiale, elle reste l’un des visages les plus tristement célèbres de cette période sombre. 17 ans plus tard, en 1934, le médecin Léon Bizard raconta cette exécution dans les pages de Paris-Soir

Qui était Mata Hari ? 

Mata Hari est née le 7 août 1876 sous le nom de Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, à Leeuwarden, aux Pays-Bas. Malgré ses origines caucasiennes, le teint de Mata la fait souvent passer pour eurasienne auprès des gens. Une particularité qui contribuera à son succès au début des années 1900. En effet, c’est à cette période qu’elle débarque à Paris et intègre une troupe comme danseuse exotique et courtisane. Très vite, la capitale tombe sous le charme de cette artiste. Mais quelques années plus tard, les choses changent…

Carte postale représentant Mata Hari en costume de scène. (Media Drum World / MaxPPP) 

Au début de la Première Guerre mondiale, Mata se retrouva à Berlin. Couverte de dettes, celle-ci accepta l’offre dangereuse d’un diplomate allemand. Celui-ci lui proposa de payer ses dettes, en échange d’informations sur la France, qui était devenue sa patrie d’adoption. Désormais espionne, celle-ci jouera un double jeu jusqu’en février 1917, où elle fut découverte et arrêtée. La France, qui était encore en plein conflit et en pleine paranoïa concernant l’espionnage, n’aura aucune pitié pour la courtisane. Mata Hari devint par la suite une figure de l’espionnage et de la trahison.

Léon Bizard raconte l’exécution 

Léon Bizard, qui était le médecin-chef de la préfecture de police de l’époque, rendit visite à Mata Hari durant les huit mois de sa détention. Il fut présent jusqu’aux derniers instants, y compris au moment de son exécution. C’est en 1934 qu’il raconta les minutes qui précédèrent :

Peu à peu, le visage de Mata Hari prend une expression dure et coléreuse, alors tandis qu’on lui passe ses vêtements, elle ne va plus cesser de monologuer :

« Oh ! ces Français ! À quoi ça va leur servir de m’avoir tuée, si encore ça leur faisait gagner la guerre. Ah ! Ils verront ! C’était bien la peine que je fasse tant pour eux. Ma sœur, je voudrais qu’on me donne ma robe la plus chaude car il fait froid ce matin. Je veux aussi mes petits souliers. J’ai toujours aimé être bien chaussée. » 

Il est à noter que l’espionne reçut un baptême, malgré le fait qu’elle n’était pas croyante :

Mais la porte s’ouvre ; le pasteur sort les yeux embués de larmes et nous invite à rentrer. Mata bien droite, sans soutien, l’air altier paraît vraiment nous recevoir. Revêtue de sa robe-tailleur bleue, à longue jaquette bordée de blanc, son chapeau canotier sur la tête, elle se gante posément.

« Je suis prête ! » dit-elle avec assurance.

Puis s’adressant à la sœur Léonide :

« J’ai beaucoup voyagé ma sœur, eh bien ! cette fois, c’est mon dernier voyage. Je pars pour la grande Gare, mais n’en reviendrai pas. Allons, voyons, faites comme moi petite Mère, ne pleurez pas ! » 

Paris Soir, 19 septembre 1934 – p.5/12 – ©️BNF

Puis, vint le moment fatidique… L’arrivée devant le peloton d’exécution, où elle refusa le bandeau devant les yeux.

Le peloton d’exécution, composé de douze chasseurs à pied, quatre soldats, quatre caporaux, quatre sous-officiers, est à dix mètres d’elle. Mata Hari sourit encore à sœur Léonide agenouillée et fait un geste d’adieu. L’officier commandant lève son sabre. Un bruit sec et la Danseuse Rouge s’écroule tête en avant, masse inerte qui dégoutte de sang.

Bien que cela n’ait jamais été confirmé, la légende raconte qu’avant de mourir, Mata aurait lancé un baiser au peloton d’exécution. Elle reste aujourd’hui un fascinant sujet d’études pour les historiens. 

 

Sources : 

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