Le cinéma burlesque, ou slapstick en anglais, est un courant cinématographique né au début du XXᵉ siècle, principalement aux États-Unis mais aussi en Europe, qui repose sur l’humour visuel, les gags physiques et les situations absurdes. Le genre fut très populaire à l’époque du muet.
Les origines du cinéma burlesque
Apparu en France au XVIIe siècle, le mot « burlesque » est d’origine italienne et s’applique aux œuvres littéraires parodiques, notamment issues de la Comedia Dell’ Arte et dont l’influence parcourt l’Europe. Ainsi, par exemple, Don Quichotte de l’auteur espagnol Cervantes est une parodie des romans de chevalerie.
Au XIXe siècle, vont se développer en Angleterre les spectacles de pantomime, avec entre autres la troupe Karno, qui verra l’incarnation physique par le théâtre de cette tendance. Héritier du vaudeville et du music-hall, le terme de burlesque sera définitivement associé au cinéma au début du XXe siècle, notamment pour qualifier les films de Charlie Chaplin.
Le cinéma burlesque, ou splastick, se définit donc comme une comédie où le récit est souvent perturbé de gags visuels, d’évènements incongrus, inattendus, accidentels ou prémédités. Les gags du cinéma burlesque reposent essentiellement sur la gestuelle. En bref, c’est un cinéma de gags visuels et de comique de gestes.
Le genre du cinéma burlesque se définit par sa particularité à être un comique très visuel. Son essor et son succès sont intimement liés aux caractéristiques techniques de l’époque, lorsque le cinéma était encore muet et que la force des émotions devait passer uniquement par l’image. L’influence du jeu théâtral dans le cinéma de cette époque venait également ajouter à la puissance visuelle des gags.
Les grandes figures du cinéma burlesque
Le cinéma burlesque des débuts verra l’émergence de grandes figures du cinéma comique, uniques et intemporelles. Œuvrant dans des registres différents, ces grands comiques donneront ses lettres de noblesse au genre.

Le plus célèbre d’entre eux est certainement Charlie Chaplin. Artiste multi-casquettes, il intègre en 1908 la troupe Karno, puis signe son premier contrat professionnel en 1913. Mais c’est en 1914 que son personnage de Charlot fait son apparition. Charlot est un vagabond, à la fois comique et mélancolique, reconnaissable à son pantalon trop large, son chapeau melon et sa canne. Le comique de Charlot repose beaucoup sur le personnage qui, dans la mise en scène, se trouve au centre de l’image. Charlie Chaplin n’hésitera pas à se servir de son personnage pour traiter de propos politiques dans ses œuvres. Le Dictateur, réalisé en 1940 et qui transforme Hitler en bouffon pitoyable, en est le meilleur exemple.
A la même époque, Buster Keaton est l’autre comique incontournable du cinéma burlesque. C’est un enfant du spectacle. Son prénom « Buster », littéralement « destructeur » en français, lui vient d’Harry Houdini qui l’en aurait affublé à l’âge de six mois. Il quitte la troupe familiale en 1917 et part pour New York, où il fait la rencontre de Rosco Arbuckle, l’un des acteurs les plus connus à l’époque. Contrairement à Chaplin, Buster Keaton est un comique toujours en mouvement, un comique de la balistique qui traverse sans cesse l’écran et ne tient pas en place.
Les deux artistes vont collaborer à l’écriture des gags, dans un processus créatif où tout le monde pouvait participer et donner son avis. Ils disposent alors d’une totale liberté artistique. Mais à partir de 1928, lorsque les artistes concluent un accord avec la Metro Goldwin Mayer, ces derniers n’ont plus la maîtrise des projets.
On peut aussi citer Harold Lloyd, défini comme le comique de l’optimisme et du risque. Il est célèbre pour la scène dans laquelle il reste accroché à l’horloge dans Safety Last! sorti en 1923. Et enfin, en France, on peut citer Max Linder, pionnier avant Chaplin, avec ses personnages de dandy maladroit.
Le burlesque a influencé la comédie avec les héritiers que sont les Marx Brothers, Jacques Tati, Jerry Lewis ou encore Pierre Richard et le genre demeure une référence pour la culture populaire avec les cartoons, les personnages de Mr Bean et de Jim Carrey par exemple.
Le cinéma burlesque est un cinéma d’action, de corps en mouvement, hérité de la pantomime. Il pose la question : quelle est la place de l’homme dans le monde et quelles relations entretient-il avec son milieu et la société qui l’entoure? Il y a souvent cette thématique du combat de l’individu contre la société.
Le cinéma burlesque révèle les failles d’un système, mais avec des personnages positifs, qui suggèrent qu’il est possible de surmonter les catastrophes pour construire son propre monde. Il est une métaphore de la condition humaine.

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