RRR avait connu une sortie confidentielle lors de sa sortie mondiale en 2022. L’erreur est réparée, quatre ans plus tard, avec une ressortie étendue sur l’ensemble du territoire pour une aventure sans équivalent et à la générosité rare.
The Story
RRR ne cherche pas à mettre en place une histoire complexe et le prouve dès ses premières minutes. Le premier segment nous dévoile les causes qui amèneront à la rencontre entre les deux personnages principaux du film avec l’enlèvement d’une jeune fille dans un village isolé par l’armée colonialiste britannique. Le long-métrage prend ici le temps qu’il lui faut pour introduire la situation et ne cherche pas à alourdir la situation d’explications.
Ce postulat de départ ne devient ainsi qu’un bon prétexte pour raconter le cœur même du récit que veut partager son réalisateur S. S. Rajamouli. L’histoire d’une Inde sous contrôle britannique et opprimée qui verra surgir des figures révolutionnaires pour libérer le pays du gourou de l’Empire de l’époque, interprété par un Ray Stevenson plein de dédain et malfaisant pour un résultat savoureux.

Ces figures inspirent ici grandement le réalisateur avec deux protagonistes directement inspirés de ces personnalités majeures de cette période. Même s’ils ne se sont jamais rencontrés durant cette révolution, le réalisateur les fait se côtoyer pour symboliser cette unification salvatrice. Cette rencontre et leurs différentes interactions deviennent le point culminant du film avec une introduction puissante et extrêmement bien définie des deux personnages qui lance avec puissance le reste du long-métrage.
The Fire
Puissance est bien le maître-mot de l’ensemble du long-métrage. Rajamouli n’a pas peur d’en faire trop et offre un spectacle total sur un peu plus de 3 heures de film et ce, dès sa première partie qui donne déjà tout ce que le réalisateur a dans le ventre.
On finit par même croire qu’on se rapproche de la fin du film au vu de tout ce qui est montré. Rien que l’introduction de Raju propose une force que l’on voit très rarement dans le cinéma occidental. La surenchère est bien là à coups de ralentis, mais tout cela est fait avec un but derrière qui nous happe petit-à-petit.

Raju est présenté comme un surhumain et nous fait adhérer un peu plus à l’ambiance si singulière de l’œuvre. On y croit et c’est bien là le principal. Le film nous invite dans son univers et le fait si innocemment que l’on finit par accepter l’invitation.
RRR est une pièce cinématographique et le film en est bien conscient. Ici, pas de subtilité, pas de frein artistique et cette volonté si singulière nous emporte un peu plus dans son univers. Il est tout de même difficile de maintenir cette puissance filmique jusqu’au bout, surtout après une première heure aussi débordante d’ingéniosité.
Même si le tout se tient jusqu’à son générique, quelques lenteurs finissent par apparaître et le montage perd la fluidité de sa première heure. Malgré ça, le voyage reste extrêmement divertissant et révèle une émotion sous-jacente bienvenue.

The Water
RRR, c’est de l’action à 200%, mais ce n’est que la surface de ce que propose Rajamouli. C’est surtout l’histoire de deux figures historiques qui finissent par devenir frères avant de connaître les conséquences de cette rencontre par rapport aux missions de chacun.
La chanson Dosti le montre clairement et définit le fil conducteur du reste du long-métrage. Entre rapprochement et division, Rajamouli puise ici toute la substance nécessaire pour consolider les fondations de son œuvre. On se lie à eux, on suit plaisamment leurs aventures et on souffre avec eux durant les obstacles et séparations qu’ils vivent. Tout y est explicite pour nous accrocher durablement aux deux protagonistes. C’est de l’émotion dans sa forme la plus pure et sans fioritures.
Étonnamment, RRR arrive à mélanger différents genres en son sein. Il y a bien sûr les incontournables scènes musicales représentatives du cinéma indien qui nous transportent à chacune des prestations et témoignent un peu plus de ce partage d’émotion pure avec son public. Il y a également ces petits segments humoristiques où Bheem se démarque via ses réactions décalées qui font immanquablement rire. RRR fera sourire de nombreuses fois ceux qui découvrent ce cinéma bien trop rare dans nos contrées, mais aussi ceux plus accoutumés à ce style atypique durant les interactions entre Bheem et Jennifer.

D’autres scènes font apparaître un véritable attachement à ses personnages et amènent une autre couche émotionnelle dans leur caractérisation, surtout du côté de Raju. Il devient une véritable figure tragique au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur lui.
Bheem et Raju finissent ainsi par devenir deux faces d’une même pièce, pièce à laquelle est terriblement attachée son réalisateur qui donne toutes ses tripes pour offrir un spectacle total et un hommage vibrant à cette période fondatrice de la nation indienne.
RRR de S.S. Rajamouli est un spectacle de haut niveau, qui mélange habilement différents genres pour offrir un divertissement marquant. Il devient également une magnifique porte d’entrée vers un cinéma indien encore discret dans nos salles obscures, mais qui n’a pas fini de nous surprendre. À condition de mettre de côté toute appréhension et d’accepter de se laisser porter par cette proposition unique.
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![« RRR » : bienvenue dans le cinéma indien [critique]](https://cultea.fr/wp-content/uploads/2026/08/rrr.jpg)

