Connaissez vous l’effet Mandela et sa provenance ? L’effet Mandela est un phénomène communément connu pour décrire la sensation de partager une anecdote, un souvenir avec une personne. Cependant, cette définition est bien subtile que cela.
En 2010, la chercheuse américaine Fiona Broome a théorisé le concept de « l’effet Mandela ». Elle l’a baptisé ainsi après avoir découvert, avec surprise, que Nelson Mandela n’était pas mort en prison dans les années 1980, contrairement au souvenir qu’elle en avait. En réalité, le dirigeant sud-africain a été libéré en 1990 après 27 ans de détention, a été élu président de la République d’Afrique du Sud en 1994, puis s’est éteint en 2013 à l’âge de 95 ans.
Elle découvre alors qu’elle partageait cette fausse information avec de nombreuses personnes en publiant un article sur son blog. Suite à cette publication, les internautes ont partagé d’autres exemples confirmant sa théorie ainsi que l’existence de ce phénomène. Certains ont également suggéré que l’effet Mandela ne relevait pas de la simple coïncidence, mais constituait la preuve de l’existence d’une dimension parallèle ou alternative.
Quelques exemples de l’effet Mandela
La célèbre chanson « We Are the Champions » de Queen est une parfaite illustration de l’effet Mandela. Tout le monde a déjà chanté ou crié ces paroles, que ce soit dans un stade ou en soirée et c’est là que le phénomène théorisé par Fiona Broome prend tout son sens. Si l’on vous demandait de chanter le refrain, vous entonneriez sans doute « We are the champions… of the world ». Pourtant, dans la version originale, la chanson se termine simplement par les mots « We are the champions ».
Ou bien encore dans le cinquième épisode de la saga Star Wars, Dark Vador n’a jamais prononcé la phrase « Luke, je suis ton père ». Il répond en réalité au jeune Luke Skywalker, qui l’accuse d’avoir tué son père : « Non, je suis ton père ». Par ailleurs, dans l’œuvre de George Lucas, de nombreux spectateurs sont persuadés que le droïde C-3PO est intégralement doré, alors que sa jambe droite est argentée.

Toujours au sujet des dialogues, on fait face à la même situation dans le premier film de la célèbre compagnie aux grandes oreilles, Blanches-Neige et les Sept Nains, sorti en 1937. En effet, dans ce film Disney, la méchante reine ne prononce pas devant son miroir les paroles suivantes : « Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle ? ». On entend plutôt : « Miroir magique au mur, qui est la plus belle du royaume ? »
Ce phénomène se manifeste fréquemment par l’apparition de détails absents des versions originales de logos ou de personnages iconiques. C’est le cas du célèbre Monsieur Monopoly qui, contrairement aux idées reçues, ne porte pas de monocle, ou encore de Mickey, la mascotte de Disney, dont le short rouge est dépourvu de bretelles.
Quant à Pikachu, le fidèle compagnon de Sacha, possède-t-il réellement des stries noires sur sa queue en zigzag ? La réponse est non. Contrairement à une croyance répandue, sa queue n’est pas noire, seule l’extrémité de ses oreilles arbore une légère pigmentation sombre.

Un phénomène répandu ?
Après la publication de l’article de Fiona Broome, des chercheuses ont tenté de vérifier la validité de l’effet Mandela. Les chercheuses en psychologie à l’université de Chicago, Deepasri Prasad et Wilma Bainbridge, ont fait part de leur étude sur le sujet en 2021.
Ces recherches se sont concentrées sur les faux souvenirs visuels collectifs en soumettant un test de quarante images, comprenant des logos, des mascottes et des personnages, à cent personnes. Chaque image était présentée en trois versions : une authentique et deux légèrement modifiées. Les participants devaient identifier la version officielle et évaluer leur degré de certitude sur une échelle de 1 à 5.
Une fois l’étude conclue, les résultats ont montré que pour certaines illustrations, deux tiers des participants choisissaient la version incorrecte. Pour le cas du gentleman à la canne du célèbre jeu Monopoly, la majorité des participants avaient choisi la version sur laquelle était représenté un monocle et répétaient cette erreur à plusieurs reprises, même s’ils n’avaient jamais vu cette version.
Les chercheuses ont donc conclu à l’existence réelle de l’effet Mandela. Bien que la certitude de ces faux souvenirs collectifs ne soit pas absolue, une chose est sûre : ils ne sont pas universels et varient selon les versions propagées.
L’existence de l’effet Mandela n’a pas été prouvée scientifiquement, mais une explication simple peut éclaircir ces confusions. Notre cerveau n’est pas un disque dur enregistrant chaque fait et geste, nous n’avons donc pas toujours accès aux souvenirs dont nous avons besoin et nous sommes incapables de tout mémoriser. Il est fréquent que les chiffres et les faits se mélangent, ce qui accentue le risque d’ancrer de faux souvenirs dans notre cerveau. Toutefois, ce qui intrigue les scientifiques, c’est la manière dont des millions de personnes parviennent à aboutir à la même conclusion.
Sources :

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