Gentle Monster est en compétition dans la catégorie longs-métrages pour la 79ème cérémonie du Festival de Cannes. Le tapis rouge et l’avant-première se sont déroulés il y a quelques jours et de notre point de vue, la standing ovation était plutôt mitigée. C’est un film sur la pédopornographie, donc un sujet important, mais qui ne se mouille pas niveau scénario ! Cependant, la performance de Léa Seydoux donne à penser que le film n’est pas un échec total…
Gentle Monster, basé sur une histoire vraie
Marie Kreutzer a déjà concouru dans la catégorie Un Certain Regard avec son film Corsage, lors du Festival de Cannes 2022. Le film avait été très bien accueilli et a valu à son actrice, Vicky Krieps, le prix d’interprétation. Cette année, le Festival de Cannes l’accueille de nouveau avec Gentle Monster, évènement très attendu de cette 79ème édition. Un film basé sur une histoire vraie, pour laquelle Marie Kreutzer a été bouleversé au point de l’adapter au cinéma.

En effet, une affaire sordide sur un réseau de pédophilie apparue dans un hebdomadaire Die Zeit y révélant un nombre incalculable de pédophiles inscrits qui diffusent des vidéos pédopornographiques, dans lesquelles on voit des cas de maltraitance, abus et diffusion de méfaits sur des enfants. Dans cette terrible affaire, on retrouve un homme marié et père d’un petit garçon… C’est l’histoire que Marie Kreutzer a choisi de raconter.
On suit l’histoire passionnelle d’un couple, Lucy (Léa Seydoux) et Philip (Laurence Rupp), qui viennent d’emménager avec leur fils (Malo Blanchet) dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Bouleversée, Lucy cherche la vérité sur son mari. Qui est-il réellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ?
Un récit platonique
Malgré la profondeur de ce sujet hyper intéressant, le scénario associé manque complétement de saveurs et on lâche très rapidement avec ce qui est raconté. C’est plat, long et passablement ennuyeux. On passe presque 2 heures à attendre des rebondissements, afin d’ajouter un minimum de dynamique au film, mais malheureusement, rien de tout ça ne semblait être envisagé par la réalisatrice.

On assiste à quelque chose de monotone, avec des longs plans sur le lieu d’habitation et des séquences qui reviennent régulièrement avec Léa Seydoux qui joue le même air au piano. On a l’impression que Marie Kreutzer a voulu faire un film esthétique, plutôt que de s’orienter vers un réel thriller dramatique comme on l’attendait. Ce choix artistique gâche selon nous le suspense et l’intérêt du film.
Alors certes, il est question de suivre la vie d’une famille déboussolée par cette nouvelle improbable. Cependant le personnage principal du scénario n’est pas, comme on pourrait le penser, le père mais bel et bien la mère jouait par Léa Seydoux. En effet, on suit l’histoire à travers son regard à elle, avec ses inquiétudes, ses angoisses, ses questionnements. On a très peu de moments sur ce que fait le père, tout est très subtil et le cœur du scénario se base sur des questions essentielles : Après un certain temps de vie commune, connaît-on vraiment la personne avec qui l’on partage notre vie ? Est-ce un mensonge ou une vérité ? Ou simplement, est-ce que c’est possible ?

Par ailleurs, la bouée de sauvetage du film, c’est le jeu d’acteur. On a une direction d’acteurs impeccable avec une Léa Seydoux époustouflante, qui passe par plusieurs étapes en interprétant une femme amoureuse, dans l’incompréhension, peureuse, enquêtrice, forte et en reconstruction. Il y a également Laurence Rupp qui est formidable dans son rôle, avec un ton joueur, agaçant, sûr de lui, victime même parfois des ses propres choix, et pourtant quel dommage qu’il soit si peu solliciter à l’écran. Evidemment, on retrouve le duo Catherine Deneuve et Léa Seydoux, toujours très complices, qui apporte douceur au scénario.
Gentle Monster reste un film à l’ambition intéressante grâce à son sujet fort et à son approche psychologique centrée sur la famille et le doute. Même si le rythme lent et la mise en scène très contemplative empêchent parfois le film de réellement captiver, Marie Kreutzer parvient tout de même à proposer une réflexion intime sur la confiance, le mensonge et la reconstruction. C’est un film que vous pourrez découvrir prochainement en salles obscures…
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