« Reconnu coupable » : une série B qui aurait pu sortir sur une plateforme… [critique]

"Reconnu coupable" : une série B qui aurait pu sortir sur une plateforme... [critique]

Reconnu coupable marque le retour du réalisateur kazakh Timur Bekmambetov. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, c’est à lui que l’on doit quelques succès notables de la pop culture américaine comme Ben-Hur (2016), Abraham Lincoln : Chasseur de vampires (2012) et surtout l’iconique Wanted : Choisis ton destin (2008). Cette semaine, il revient sur les écrans de cinéma avec Reconnu coupable, un film d’action et d’anticipation qui lorgne clairement vers Black Mirror, emmené par Chris Pratt et Rebecca Ferguson.

Synopsis : Dans un futur proche, un détective (Chris Pratt) est accusé du meurtre de sa femme. Jugé par une intelligence artificielle ultra-performante (Rebecca Ferguson), qu’il a lui-même contribué à mettre en place, il n’a que 90 minutes pour prouver son innocence… 

Reconnu coupable : du Black Mirror wish

C’est difficile de passer totalement un mauvais moment devant Reconnu coupable. Il faut reconnaître à Timur Bekmambetov d’avoir eu l’intelligence de resserrer son récit sur 1h30. Force est de constater, qu’avec ce minutage, il est largement difficile de s’ennuyer, face à un rythme soutenu, maîtrisé et efficace. Film d’action assez attachant, Reconnu coupable marche dans les sillons de Black Mirror, sans prendre réellement le moindre risque pour casser les codes ou tout simplement dépasser les thématiques déjà essoufflées de la série de Charlie Brooker.

Reconnu coupable

Reconnu coupable met encore une nouvelle fois en scène un récit autour de l’IA. Cette fois-ci, par le prisme de la justice. Timur Bekmambetov imagine un monde dans lequel les procès et les décisions de justice sont menés et déterminés par une intelligence artificielle (ici matérialisée par Rebecca Ferguson). Un scénario d’anticipation crédible, dans lequel l’IA devient alors une valeur sûre (?), capable de juger des affaires uniquement par les faits, indépendamment de toute implication émotionnelle de l’être humain. Une justice froide, sans sentiment, qui ne se trompe jamais.

Une série B relativement divertissante

Reconnu coupable oscille alors entre le film de procès, en mettant en scène une confrontation verbale entre Chris Pratt et Rebecca Ferguson, entre l’homme et la machine, entre le flic et le juge, entre le passé et le futur, et le film d’action futuriste. Forcément, les débats des deux protagonistes vont mettre en exergue à la fois les limites de l’IA, mais aussi l’obsolescence de l’être humain.

Timur Bekmambetov ne cherche pas forcément à diriger sa pensée dans un sens ou dans l’autre, préférant jouer la carte de la démagogie en résumant cet affrontement idéologique par un simple : « beh y’a du bon partout en vrai ». Pas de quoi casser trois pattes à un canard on ne va pas vous dire le contraire.

Ce qui fonctionne relativement bien dans Reconnu coupable, c’est ce montage alterné entre la salle d’audience et le monde réel. Presque jamais Chris Pratt ne quittera sa salle de procès, et le spectateur est emmené dans le monde réel à travers des écrans, des caméras, à travers la réalité virtuelle. Une mise en scène qui répond aux thématiques mises en place par le scénario.

Autre point fort de Reconnu coupable, c’est sa volonté de mettre en scène une intrigue en temps réel. Le personnage de Chris Pratt dispose de 1h30 pour prouver son innocence, alors qu’il est accusé du meurtre de sa femme. 1h30 durant laquelle le personnage ne quittera jamais son procès. Une volonté de créer une temporalité réelle extrêmement efficace et à propos.

Reconnu coupable
Chris Pratt qui joue la surprise mdr

Bon, après, Reconnu coupable a la carrure d’un film de plateforme. D’un direct-to-Amazon Prime. Reconnu coupable est symptomatique de son époque. Une œuvre qui cherche à mettre en lumière les limites et dangers de l’IA mais qui en est finalement l’étendard, tant toute réalité, toute créativité, semblent avoir désertées au profit d’une réalité virtuelle dirigée par une IA sans âme, sans vision.

Finalement, il y a certains éléments qui fonctionnent dans Reconnu coupable, notamment son rapport aux jeux vidéo, tant Timur Bekmambetov cherche à lorgner vers ce genre de mise en scène. Mais l’écriture trop simpliste, que ce soit de l’intrigue ou des thématiques abordées, ne permet pas au long-métrage de sortir de la case série B divertissante. Ce qui n’est finalement pas si mal. En réalité, on n’en attendait même pas tant…

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Reconnu coupable – bande-annonce VF 

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