Nul n’a pu échapper à ce cri présent dans plus d’une centaines de films. A l’origine enregistré pour la bande son d’un western durant les années 50, le cri de Wilhelm est devenu une blague d’ingénieur du son et un Easter Egg pour les cinéphiles. Voici l’histoire du son le plus célèbre de l’histoire du cinéma, premier mème de l’histoire du cinéma et pierre fondatrice d’un nouveau genre de films.
L’origine d’un son emblématique
Dans les années 70, un ingénieur du son du film La Guerre des étoiles, Ben Burtt, tombe sur les archives de la Warner et plus précisément sur une vieille cassette audio. Sur cette dernière était inscrit « Bruit d’un homme mangé par un crocodile », de quoi intriguer le jeune ingénieur du son. Fasciné par le cri, Ben Burtt décide de l’insérer dans le film lorsqu’un soldat impérial tombe dans le vide. Ce son présent dans le film de George Lucas sera entendu par des dizaines de millions de spectateurs.
Ce cri apparaît au cinéma en 1951 dans le western Les Aventures du capitaine Wyatt. Le hurlement avait été enregistré en studio par Sheb Wooley, où plus de cinq prises avaient été nécessaire avant de trouver la bonne intonation avant son ajout dans le film lors de la post-production.

Ce cri sera repris quelques années plus tard dans de nombreux films confidentiels de la Warner, dont le film La Charge sur la rivière rouge en 1953, lors d’une scène où un soldat prénommé Wilhelm est heurté dans la jambe par une flèche. En hommage à ce dernier, l’ingénieur du son le nommera « le cri de Wilhelm » pendant la production de La Guerre des étoiles.
Après son apparition emblématique dans le film de Georges Lucas, le cri deviendra une marque de fabrique de Ben Burtt. Ce dernier le placera plus tard dans de nombreux films notamment dans Les aventuriers de l’arche perdue de Steven Spielberg, tout en ajoutant dans certaines productions le son des autres enregistrements non gardés de Sheb Wooley. Ce son fera partie des nombreux clins d’œil présents dans les films des deux réalisateurs, tel que le night club « Obi Wan » dans Indiana Jones et le temple maudit, en référence au célèbre Jedi Obi-Wan Kenobi.

Le cri de Wilhelm, une marque de nostalgie
Porté par George Lucas, Steven Spielberg, Richard Donner et Ron Howard, le cri de Wilhelm devient au début des années 80 une marque de fabrique d’un tout nouveau genre de film. Avec l’arrivée des films familiaux venant casser la noirceur du Nouvel Hollywood des années 70, le cri devient une marque de nostalgie en puisant sur les référence de l’âge d’or d’Hollywood.
Véritable signature sonore, ce cri relie les œuvres entre elles. Le cri de Wilhelm traverse les genres, s’invitant aussi bien dans les films et les séries télévisées que dans les dessins animés et les jeux vidéo. Il est partout. On peut l’entendre dans Toy Story, Family Guy, Ice Age, Doctor Who, Kung Fu Panda et même dans les jeux Call of Duty. Il intervient souvent lors de scènes secondaires en arrière-plan, lorsqu’un personnage est frappé ou projeté. Ce son devient familier, comique, voire attachant par sa persistance.

Le cri de Wilhelm est maintenant bien plus qu’un simple cri en devenant une blague industrielle. Aujourd’hui placé dans de nombreux films, certains spectateurs s’amusent à chercher le son comme un Easter Egg, avec même des sites et des forums qui lui sont consacrés. Le hurlement est également devenu un choix artistique en étant parfois utilisé dans des scènes dramatiques afin d’y ajouter une once d’ironie.
Bien que Ben Burtt ait cessé d’utiliser le cri de Wilhelm après le décès de l’acteur Sheb Wooley, ce son, devenu au fil du temps un véritable mème cinématographique, continue d’animer le personnage et de marquer l’histoire du septième art international. Il s’est ainsi imposé comme un symbole intergénérationnel, partagé aussi bien par les techniciens et les cinéastes que par les spectateurs.
Sources :


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