CNC : l’organisme français adopte l’IA pour le cinéma et le jeu vidéo ! Problèmes à venir ?

CNC : l'organisme français adopte l'IA pour le cinéma et le jeu vidéo ! Problèmes à venir ?

Vous reprendrez bien un peu de controverse autour de l’intelligence artificielle ? Cela tombe très bien puisque le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) a décidé de l’adopter définitivement grâce à un appel à projet ! Alors, heureux ?

Le CNC, qui aide au financement de nombreux projets cinématographiques et vidéoludiques en France, semble prendre un tournant décisif sur le sujet très singulier de l’intelligence artificielle générative. En lançant un programme destiné à soutenir des résidences d’écriture et de création intégrant ces outils, l’institution publique souhaite accompagner les auteurs dans l’exploration de nouvelles pratiques. Cette initiative, qui pourrait faire des heureux ou faire grincer des dents, vise le cinéma, le jeu vidéo et l’audiovisuel en général. Bien évidemment, le CNC promet un usage éthique et responsable de ces technologies.

Le CNC pourrait faire trembler l’art dans toute sa généralité ?

Sur le papier, la démarche ressemble à de la protection, puisque l’on parle d’un cadre d’expérimentation encadré et d’une aide aux créateurs à s’approprier ces outils pour anticiper les gros changements du milieu artistique. Toutefois, la réaction d’une partie des professionnels est vive sur ce qui pourrait réellement s’agir. En effet, d’énormes contradictions sont à prendre encore en compte avec le traitement de l’intelligence artificielle. Tout d’abord, la plupart des IA génératives comme Midjourney ou Chat GPT sont entraînés à partir de bases de données qui incluent des œuvres protégées. Les IA reprennent la plupart du temps des œuvres connues sans autorisation. Il suffit d’aller jeter un œil sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte.

Pour les artistes, financer de tels usages reviendrait à cautionner des pratiques assimilés à du vol et du pillage du travail des autres artistes. Un débat qui pourrait vite se disputer sur le fait que toutes les œuvres actuelles ne font que s’inspirer plus ou moins de tout ce qui existe déjà. La créativité moderne et l’audace sont déjà en grandes difficultés et l’intelligence artificielle pourrait terriblement compliquer le problème.

Ce n’est pas tout ! On souligne aussi d’autres inquiétudes, notamment celle de l’économie ! On s’en doute forcément, mais certains redoutent que ces aides profitent surtout à des structures de conseil, des formations ou des profils d’entrepreneur plutôt qu’aux amateurs et artistes eux-mêmes.

En exemple, de nombreuses formations en audiovisuel incluent désormais l’apprentissage de l’intelligence artificielle pour concevoir des visuels ou l’écriture des scénarios. Des festivals cinématographiques et des associations d’apprentissages l’ont complètement adopté ! Certaines formations de digital learning assument complètement leurs utilisations et préfèrent que les étudiants passent plus de temps en compagnie qu’avec de véritables professeurs. Vous comprenez donc que le risque serait de voir des projets intégrant de l’IA, non pas pour des raisons artistiques ou ludiques, mais bien pour simplement se faire de l’argent et correspondre aux critères de financement !

Il y avait eu une polémique autour d’une utilisation de l’IA avec l’excellent Clair Obscur Expédition 33 ! Néanmoins, ce titre a mis la France en avant et il faut en être absolument fiers ! Le jeu à d’ailleurs eu le soutien du CNC !

Le milieu du jeu vidéo, mais aussi de l’audiovisuel, souffre terriblement d’une crise de l’emploi et cette adoption de l’IA par le CNC risque fort de cristalliser des tensions. Les industries sont déjà fragilisées, l’encouragement institutionnel à expérimenter l’IA pour remplacer des postes créatifs juniors par des outils automatisés. Malheureusement, on se doute facilement que les entreprises et les financements n’utiliseront jamais les intelligences artificielles pour aider (comme le font certains artistes qui les exploitent plutôt bien) mais bien pour remplacer, et c’est là tout le problème.

On pense beaucoup aux métiers du doublage qui continuent de se battre pour ne pas être remplacés par des voix génératives façonnés par Eleven Labs pour ne citer que lui. Récemment, à l’étranger, les développeurs d’Arc Raiders ont préféré faire des doublages intégralement en IA plutôt que d’engager de vrais comédiens. On pense aussi aux illustrateurs et aux photographes qui voient certains de leurs clients adopter plus radicalement une utilisation de l’intelligence artificielle. Est-ce que le CNC vient donc de légitimer la boîte de Pandore ?

L’intelligence artificielle est présentée comme une exploration artistique mais pourrait vite, avec la décision du CNC et de grandes entreprises, ne devenir qu’un levier d’optimisation des coûts, au détriment de la diversité des talents humains qui font la réputation de la création française. Si l’IA n’est pas utilisé à bon escient, le cinéma et le jeu vidéo ne seront peut-être plus jamais les mêmes ! Et dans ce futur, la médiocrité pourrait finalement devenir la nouvelle définition de chef-d’œuvre. A ce moment précis, pourrait-on encore se dire : « Pas mal, non ? C’est français ! » ? Dans le même sujet, vous pouvez retrouver notre analyse de l’intelligence artificielle dans le jeu vidéo à travers cet article !

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