« The Holy Boy » : un récit aussi humain que glaçant [critique]

Il existe un village dans lequel la souffrance n’a pas sa place. Une petite bourgade italienne du nom de Remis, qu’on appelle la vallée des sourires. Quand Sergio y débarque pour être professeur de sport remplaçant, il est dévasté et alcoolique. Mais quand il rencontre la grâce, il cesse de souffrir. The Holy Boy c’est l’histoire de Sergio, de ce village et de la grâce elle-même : Mateo.

Une horreur viscérale

The Holy Boy est un film assez saisissant. Parce qu’il puise au cœur d’un sentiment profondément humain et inévitable : la souffrance. Un sentiment commun qui peut prendre une place immense. Et lorsqu’une solution miracle se présente, certains se jettent dessus sans même penser aux conséquences. Dans ce cas précis, en déshumanisant un adolescent qui possède un don qu’il n’a pas choisi.

Mateo est un garçon timide et gentil. Quand on l’étreint, on oublie toutes ses souffrances. Son père et le prêtre du coin l’exploitent et il n’a jamais de répit. Puis les gens du village lui sautent dessus à la moindre occasion, le supplient et n’acceptent pas de non. Il a 15 ans et il veut s’émanciper en tant qu’individu. Sergio le prend sous son aile et devient le seul adulte à remettre en question toute cette frénésie, ce pouvoir, sans sombrer dans une sorte de folie.

the holy boy

The Holy Boy explore de nombreux thèmes très importants : le traitement des enfants par la société, leur exploitation, la parentalité, le traitement de nos propres émotions ou encore le rapport à cette dite souffrance. Il le fait gracieusement, avec une horreur qui s’installe progressivement dans un récit qui, en réalité, nous l’a montrée dès le départ. Une communauté qui érige un gamin qui n’a pas choisi d’être placé au rang de maitre suprême, en oubliant totalement son individualité et son consentement. C’est pesant et ça gangrène le film au fur et à mesure que Mateo tente de se libérer de ses chaînes.

Une horreur qui nous touche tous en plein cœur tant elle est réelle, même loin de solution miracle pour soigner nos maux. Parce qu’elle montre que la souffrance est inévitable, qu’elle explosera dix fois plus fort peu de temps après si on la fuit.

Une direction artistique 

The Holy Boy est un film visuellement très intéressant. Le réalisateur, présent à l’avant-première au Grand Rex, a dit que le village était aussi un personnage à ses yeux. Et l’intention se voit quand on regarde le film. Le village a des allures de mort-vivant. On a des endroits gigantesques à la symétrie parfaite et aux couleurs chaudes mais un peu délavées et d’autres qui pourraient vivre pleinement mais qui semblent bloqués. On a aussi le refuge de Mateo, un hangar abandonné dans lequel il semblait y avoir de la vie auparavant. Un beau contraste.

Mateo dans son refuge

Le rythme est aussi très important. Il est pesant mais pas dans le mauvais sens du terme. Il écrase ses personnages petit à petit et on se sent happé par ça. Tout cela est également merveilleusement bien porté par un casting qui semble être parfaitement choisi. C’est comme si chacun était fait pour incarner son personnage. Tous les éléments de ce film s’emboitent parfaitement pour nous faire ressentir son horreur et son humanité pures.

The Holy Boy est en salles depuis le 2 septembre. C’est un film riche en émotions et thématiques importantes et qui vaut le détour. 

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Bande-annonce officielle de The Holy Boy

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