Une équipe de secours s’en va chercher un vaisseau spatial, l’Event Horizon, qui est réapparu après une longue période d’absence. Que s’est-il passé et où a-t-il pu bien aller ? Les réponses à cette question vont dépasser les limites de votre imagination et de vos pires cauchemars…
Paul Anderson et les jeux vidéo
Dans l’espace, rien de réellement nouveau depuis qu’Alien a fait sensation forte, pour la première fois en 1979, pour aller s’aventurer plusieurs fois avec James Cameron en 1986, puis avec David Fincher en 1992. La saga Alien résonne encore dans le cœur des fans. Porteuse de 6 films tournés entre 1979 et 2024, de cross-over avec Predator, ou bien encore de divers jeux vidéo, la licence est encore d’actualité avec une série, Alien : Earth, disponible sur Disney+.
Mais revenons un peu en arrière. On est en 1995, un jeune réalisateur se fait connaître à travers l’adaptation d’un jeu vidéo : Mortal Kombat (1995). Son nom : Paul Anderson. Le film devient vite une petite vedette des vidéoclubs. Les fans de la licence de jeux vidéo MK pourront voir à l’écran leurs héros Johnny Cage, Liu Kang, Raiden, Sonya Blade ou encore Shang Tsung s’affronter, dans ce tournoi mortel et controversé (du moins pour la console).
Le film de Paul Anderson (à ne pas confondre avec Paul Thomas Anderson) fonctionne assez bien malgré son côté nanar, mais cela ne l’empêche pas de se faire connaître comme un faiseur correct, à qui on endossera plus tard une tout autre saga culte du jeu vidéo : Resident Evil, avec l’actrice qui deviendra son épouse, Milla Jovovitch. Enfin bref, ça c’est un autre sujet. Mortal Kombat a convaincu les producteurs de renouer avec Anderson. Deux ans plus tard, il se voit confier un tout nouveau projet d’un scénario que la société Paramount veut développer en surfant sur l’horreur spatiale : Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà…

Dans l’espace, un vaisseau revient…
Le scénario du film nous conte les aventures de l’équipage du Lewis et Clark, qui s’apprête à regagner sa base lorsqu’on lui ordonne de revenir vers Neptune, avec le physicien William Weir (Sam Neill), qui a, quelques années plus tôt, conçu un vaisseau pouvant se déplacer plus vite que la lumière, l’Event Horizon. Celui-ci avait disparu près de Neptune… Le but de l’équipage du Lewis et Clark (emmené par l’excellent Laurence Fishburne) est de retrouver le vaisseau et ses survivants – s’il y en a – et de comprendre ce qui s’est passé…
Arrivé sur les lieux, l’équipage découvre un Event Horizon dépourvu de toute vie humaine. Tout le monde semble avoir disparu. Pourquoi ? Comment se fait-il qu’on ne le voit réapparaître que maintenant ? Des questions sans réponses et une ambiance inquiétante réside dans l’étrange vaisseau spatial. Plus l’équipe avance à tâtons, plus elle semble en proie à une force mystérieuse bien décidée à les éliminer un par un…
Le film de Paul Anderson est une véritable réussite, autant sur le plan technique que scénaristique. Event Horizon s’inscrit dans les meilleurs films d’horreur / science-fiction jamais réalisés. Le film possède une atmosphère unique, qui insuffle au genre une angoisse permanente. Les décors du vaisseau imaginé par Weir, inspiré par une architecture ultra moderne et futuriste, se conjuguent magistralement aux cathédrales gothiques. On y sent que le mal habite ce vaisseau d’une manière ou d’une autre, et cela ajoute au film, au-delà du suspense spatial inhérent à ce genre d’histoire, quelque chose de plus profond, de plus malsain. Et quand on connait le sort réservé à ceux qui ont osé s’aventurer au cœur de ce vaisseau, c’est vraiment peu dire…

Dead Space
Le film devient un véritable cauchemar où la réalité et l’imagination deviennent floues, et où l’imaginaire démoniaque se résorbe sur le récit de science-fiction imaginé par le premier récit de Walter Hill et de Ronald Shusett. Ici, le mal ne vient pas de l’extérieur, mais d’une force occulte. Le vaisseau révèle les pires angoisses, les mauvais souvenirs et joue sur la culpabilité des occupants. Pourquoi le commandant entend-il crier dans le vaisseau un des ses anciens camarades décédé accidentellement ? Jamais un film sur la thématique de l’exploration spatiale n’aura été aussi loin dans sa combinaison scientifique du voyage dans le temps et du culte du mal.
Mélange de technologie futuriste et de sciences occultes, le vaisseau Event Horizon se révèle être un Nostromo combiné aux forces de l’Enfer de Dante… et de Hellraiser. Le film plonge crescendo dans une barbarie sans nom, atroce, ponctuée de scènes véritablement dérangeantes, gores et à la limite du supportable. Les scènes sont tellement ignobles qu’elles sont montées dans un style subliminal, qui n’a pas vraiment besoin d’être plus démonstratif pour nous faire comprendre ce qui a pu arriver aux anciens occupants. Il faut dire que la première version du film a été rejetée par la Paramount.
En effet, une partie du film était tournée par des acteurs de X et on y décrivait des scènes d’orgie barbares, de cannibalisme et des figures épouvantables complètement démentes. Bien qu’une version director’s cut soit attendue par les fans, mais dont il n’existe apparemment aucune trace, le montage du film de Paul W.S. Anderson se révèle assez efficace et révèle tout le génie d’un Clive Barker bis. Le film Event Horizon est devenu au fil du temps un film culte. Il est d’ailleurs navrant que Paul Anderson n’ait pas réussi à percer mieux avec cette pépite. D’autant plus que le casting du film est de niveau, Laurence Fishburne et Sam Neil en tête…

Event Horizon est devenu un film incontournable pour les amateurs d’horreur et une forte source d’inspiration pour le jeu vidéo non moins culte Dead Space, où Isaac Clarke, héros isolé dans un vaisseau coupé du reste de l’équipage, affronte une horde de monstres sanguinaires dans un climat d’horreur angoissant. Un jeu mythique à l’ambiance magnifique, aujourd’hui acclamé dans le monde entier. Et ce n’est pas tout, le vaisseau revient sous forme de bande dessinée, chez IDW presque 30 ans plus tard, sous le titre Event Horizon : Inferno.
Ne manquez aucun article : abonnez-vous gratuitement à Cultea sur Google News


