« Braconniers » : chaque choix à ses conséquences ! [Avignon 2023]

Nouveau coup de cœur de ce Festival d’Avignon 2023. Braconniers nous emmène au Zimbabwe pour une aventure interrogeant l’animal brutal qui se cache en chaque être humain. 

Résumé : Lorsque le rhinocéros de Paul Wright est abattu par des braconniers au sein de sa réserve, il en fait une affaire personnelle. Au même moment, James Ngobo cherche des réponses après le meurtre de son fils. Deux pères, deux cultures, deux destins s’entremêlent sur fond d’apartheid

Le spectacle Braconniers est joué jusqu’au 26 juillet au jardin du Théâtre des Halles à 21h30.

Braconniers : un spectacle sous tension 

D’un côté, il y a Paul et Cynthia qui sont de grands défenseurs des animaux. De l’autre, se trouvent James et son père (quel duo parfait !) qui subissent l’apartheid. Leurs différences, leurs places sociales et leurs convictions sont formidablement représentées par des acteurs au sommet de leur art ! L’un semble perdre son humanité tandis que l’autre veut à tout prix la préserver pour ne pas ressembler à ceux qui les persécutent. Lorsqu’un drame animalier vient frapper Paul, c’est le début d’un désastre…

Braconniers est probablement le spectacle d’Avignon avec le plus de tensions et au suspense parfaitement maîtrisé. Le public retient son souffle tandis que Cynthia, incarnée par Aurelia Poirier, nous conte les moments les plus importants de ce road-movie en Afrique. Continent que l’on arrive très facilement à voir prendre vie grâce à la mise en scène. Il suffit de voir la scène de chasse au tout début pour s’en rendre compte. Eric Bouvron, le metteur en scène, connaît parfaitement son sujet. Pourtant, bien que tout tourne autour du braconnage, la protection des animaux n’est pas le sujet central de l’œuvre. Braconniers tourne surtout autour de l’être humain, du chasseur enfoui au fond de lui et de la vengeance irréfléchie.  

Ni bien, ni mal : juste la vengeance… Et la culpabilité 

La vengeance est un mal qui ronge les êtres humains. Elle nous pousse à commettre des actes irréversibles qui ne mèneront qu’à la fatalité. Cette vengeance qui se transmet entre les personnages, les faisant se comporter comme des animaux traquant leur proie. S’il s’agit d’abord de Paul et de son action irréversible, elle s’immiscera vite dans la vie de James qui s’engouffre petit à petit dans les ténèbres. Les chasseurs deviennent les chassés et les prédateurs des proies.

Si les braconniers tuent pour la misérable promesse d’un gain d’argent, on s’interroge grandement sur les actions des protagonistes qui semblent les faire devenir pire qu’eux. Finalement, tout n’est qu’une question de choix et de conséquences. Braconniers n’est pas manichéen, il n’y a ni bien ni mal dans cette histoire. Juste de la culpabilité et des êtres humains en plein Apartheid. Et on s’attache tellement à eux malgré tout. Un récit Brillant.

Véritable tragédie, Braconniers est surtout un puissant plaidoyer contre la lutte des classes, les drames de la société et l’être humain. A découvrir absolument. 

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