Comment la guerre nous a « trompé l’œil » à l’aide d’illusions d’optique ?

Lorsque qu’on parle de guerre, on pense généralement à des combats idéologiques, à des champs de bataille ou des coups de fusils… On pense également à des « no man’s land » et des gros chars d’assaut prêt à écraser l’ennemi. Mais la guerre c’est aussi de l’imagination, des ballons et des illusions d’optique. Découvrons aujourd’hui comment la guerre a pu être synonyme d’art et d’illusions.

« L’armée des ombres »

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Alliés débarquèrent en France pour libérer la Bretagne des mains des autorités Nazis. Pour se faire, il fut envoyé près de 1 500 000 million d’hommes. De nombreuses tactiques furent mises en place pour mettre l’ennemi à bout. Une opération dite Quicksilver fut développée par les alliés. Elle consistait à organiser une opération de désinformation, dont le but était de tromper les Allemands en faisant croire à une avancée importante des alliés.

L’armée fantôme fut dirigée par le général Lesley McNair. Elle était composée entre autres de faux soldats, de faux tanks et de lignes de radio informatives fakes. Ce n’était pas des colonels qui la contrôlaient mais des artistes, peintres, maquilleurs… Ils mirent en place une fausse armée de soldats en s’aidant d’effets sonores et de faux mannequins. Des tanks gonflables furent créés par Goodyear et Goodrich ainsi que des infrastructures factices. Cependant, cela n’avait rien à voir avec des ballons gonflables à l’hélium. Ils étaient fabriqués à partir de squelettes de tubes gonflables recouverts de toiles caoutchoutées.

Un exemple de tank en caoutchouc

Le Razzle Dazzle

Cette idée fut propulsée par l’artiste américain Norman Wilkinson durant la Première Guerre Mondiale. Il avait en effet proposé de peindre les navires en utilisant la technique du camouflage Dazzle. Elle consiste en l’opposition de couleur qui contrastent entre elles. Le but est ainsi de créer une illusion d’optique, afin que l’ennemi ne puisse pas reconnaître convenablement la silhouette du bateau.

Le USS West Mahomet

«  [Dazzle était une] méthode pour produire un effet par peinture, de telle manière que toutes les formes acceptées d’un navire sont brisées par des masses de couleurs fortement contrastées. Ce qui rend est difficile pour un sous-marin de décider de la route exacte du navire à attaquer… Les couleurs les plus utilisées étaient le noir, le blanc, le bleu et le vert… Lors de la conception d’un navire, les lignes verticales ont été largement évitées. Les lignes, courbes et rayures en pente sont de loin les meilleures et donnent une plus grande distorsion. »

Cela fut donc créé de sorte à rendre plus difficile le calcul des données (la vitesse, du cap..). Une pratique qui renvoie beaucoup au cubisme.

Étude de la lumière, prismes électriques de Sonia Delaunay

Ainsi, ce sont des milliers de bateaux qui ont été peints avec des motifs zébrés noirs, blancs, verts… Entre le 1er mars et le 11 novembre 1918, 85 navires non camouflés ont été détruits contre seulement 18 navires camouflés.

Les illusions d’optique comme inspiration actuelle

Ce motif, on le retrouve dans de nombreux milieux comme dans le monde l’art et de la mode.  En voici quelques exemples :

Les sneakers Nike Lebron 13

Un restaurant inspiré du design

La robe inspirée du bateau

Ce n’est donc pas la guerre qui a fait l’art, mais l’art qui a fait la guerre ! Aujourd’hui, les illusions d’optique se retrouvent encore sur des infrastructures de guerre, notamment les navires de la Sea  Sheperd Conservation Society. 

 

 

 

Sources :

 

 

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